Relations internationales de la Corée

Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 17:00

A l'issue de deux jours de discussion bilatérales entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à Pékin, les 11 et 12 juin 2008, Tokyo a annoncé une levée partielle des sanctions prises contre la RPDC. De son côté, la RPDC va réouvrir les recherches sur le cas des Japonais enlevés par ses services secrets dans les années 1970 et 1980.  Une attitude qui tranche avec la fermeture délibérée de la France pour encourager le dialogue intercoréen.

Comme l'AAFC l'avait annoncé, les discussions bilatérales entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et le Japon ont repris à Pékin, les 11 et 12 juin 2008, après neuf mois d'interruption.

Pour la première fois depuis l'adoption de sanctions contre la RPDC après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, Tokyo a annoncé la levée partielle des
mesures de restriction qui frappent, en premier lieu, la communauté nord-coréenne du Japon : les vols charter reprendront entre la péninsule coréenne et l'archipel nippon, de même que des ressortissants nord-coréens pourront à nouveau se rendre au Japon. Par ailleurs, les transports par cargo ayant un caractère humanitaire seront réautorisés.

Pour sa part, Pyongyang a annoncé la réouverture des recherches sur les Japonais enlevés par ses services secrets dans les années 1970 et 1980, tout en annonçant une coopération avec Tokyo suite au
détournement, en 1970, d'un avion de la compagnie Japan Airlines vers la Corée du Nord par des militants japonais d'extrême-gauche, dont quatre d'entre eux vivent toujours en Corée avec leurs familles.

Dans un contexte de progrès du dialogue américano - nord-coréen, l'AAFC se félicite des améliorations des relations entre la RPDC et les Etats avec lesquels elle n'entretient pas de relations diplomatiques officielles. Une fois encore, l'AAFC note que
seule la France fait exception, en maintenant intégralement les sanctions adoptées après l'essai nucléaire nord-coréen de 2006.

Seul pays de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques avec la RPDC, seul grand pays de l'OCDE à avoir refuse toute aide humanitaire bilatérale à la Corée du Nord après les inondations de l'été 2007, la France vient de refuser l'accès à son territoire d'artistes et d'universitaires nord-coréens venus célébrer, en Europe, le huitième anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000. 

Reçus en Allemagne, les ressortissants nord-coréens se sont vus refuser leurs visas d'entrée en France, entraînant l'annulation des manifestations communes intercoréennes prévues dans notre pays à l'initiative du comité pancoréen pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin 2000.

Cet incident, dernier d'une longue série, montre le décalage entre les discours et les actes de l'exécutif français : en effet, Paris s'était officiellement félicité de la déclaration conjointe du 15 juin 2000 et prétend, à ce titre, soutenir le rapprochement intercoréen, dont il a fait un des critères de la reconnaissance diplomatique de la RPDC.


Mais la France a-t-elle réellement une politique nord-coréenne ? En 2000, alors que la France présidait l'Union européenne, Jacques Chirac apprenait avec colère que l'Allemagne et le Royaume-Uni venaient de reconnaître unilatéralement la RPDC, sans se concerter avec Paris. Ensuite, il avait fallu rationaliser une attitude évidemment contraire aux intérêts de notre pays,  en posant des critères à une reconnaissance diplomatique : le dialogue intercoréen, la dénucléarisation et les droits de l'homme. Compte tenu des avancées sur les deux premiers thèmes, Paris se raccroche comme un bouée de sauvetage à la question des droits de l'homme en Corée du Nord, pour justifier une politique qui défie toute logique. Sauf à considérer qu'elle donne le change aux excellentes relations de Paris avec des Etats dont la conception des droits de l'homme n'est pas plus proche de la nôtre que celle de la Corée du Nord. (Sources : AAFC, AFP, KCNA)

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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 17:52

Alors que le Japon et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, les pourparlers en vue de leur normalisation de leurs relations doivent reprendre à Pékin, les mercredi 11 et jeudi 12 juin 2008, après neuf mois d'interruption.

Conjointement à la signature à Pékin de l'accord dans les pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), le 13 février 2007, en vue de la résolution de la question nucléaire nord-coréenne, des discussions se sont ouvertes entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et les Etats-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part, en vue de la normalisation de leurs relations diplomatiques.

Les discussions nippo - nord-coréennes, suspendues depuis la dernière rencontre bilatérale officielle à Oulan-Bator en septembre 2007, doivent reprendre à Pékin les 11 et 12 juin 2008, suite à une rencontre le samedi 7 juin à Pékin entre Akitaka Saiki, directeur général du Bureau des affaires d'Asie et d'Océanie du ministère japonais des Affaires étrangères, et Song Il-ho, ambassadeur de la RPDC pour les discussions de normalisation des relations avec le Japon.

Après la colonisation japonaise de la Corée de 1910 à 1945, le Japon a établi des relations officielles avec la seule Corée du Sud depuis 1965. Sans s'excuser pour la colonisation, notamment la prostitution forcée des femmes de réconfort, Tokyo a versé indirectement des réparations en contribuant financièrement, à l'instar des Etats-Unis, au développement économique de la Corée du Sud par des investissements massifs.
Le président sud-coréen Lee Myung-bak affiche par ailleurs non seulement un tropisme pro-américain, mais également sa nippophilie. Pour sa part, la Corée du Nord n'a reçu aucun soutien du Japon au titre de la colonisation.

Par ailleurs, le Japon n'a versé aucune des contreparties en énergie prévues dans le cadre de l'accord de Pékin du 13 février 2007,
tout en reconduisant les sanctions prises contre la RPDC après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006.

Une autre pierre d'achoppement est la question du sort des Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980 : bien que 5 survivants soient revenus au Japon et que le dirigeant Kim Jong-il ait assuré que les auteurs de ces actions avaient été punis, Tokyo affirme ne pas être convaincu par le décès des autres Japonais enlevés. Le chemin à parcourir est encore long sur la normalisation des relations nippo - nord-coréennes. (Sources : Japan Today, AFP, AAFC)

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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /2008 14:59

Rendu public le 2 juin 2008, un rapport indépendant a démonté les accusations de détournement supposé de fonds, s'agissant des actions humanitaires des Nations-Unies en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si des recommandations doivent être mises en oeuvre, le constat établi par le rapport Németh est sans commune mesure avec les accusations relayées par les néo-conservateurs américains, hostiles à une solution négociée au contentieux américano - nord-coréen.

Le 13 février 2007, un accord était signé à Pékin entre six pays (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) prévoyant la cessation des activités nucléaires militaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en contrepartie de garanties économiques et de sécurité.

Dès l'origine, la frange néo-conservatrice de l'administration américaine a mal accueilli l'accord de Pékin. Elle s'est donc évertuée à relancer un certain nombre de campagnes hostiles à la RPDC, notamment les accusations, jamais démontrées, de faux-monnayage et la coopération nucléaire prétendue avec la Syrie. Un des points d'orgue de cette campagne, largement relayée par les médias occidentaux, était que les sommes versées au Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), agence des Nations-Unies conduisant des actions humanitaires, auraient été détournées au profit du gouvernement nord-coréen. Si ces accusations prospéraient, les néo-conservateurs américains faisaient coup double : non seulement ils pouvaient escompter la fin des négocations avec la Corée du Nord, mais ils pouvaient aussi obtenir le retrait de l'ONU de Corée et donc fragiliser encore davantage un pays particulièrement exposé à l'insécurité alimentaire.

Face au caractère éminemment politique de la mise en cause des actions du PNUD en Corée du Nord, un rapport d'audit indépendant a été commandé par l'ONU à l'ancien Premier ministre hongrois Miklos Németh, qui a mené une enquête approfondie en interrogeant plus de 70 personnes et en consultant l'ensemble des archives du PNUD entre 1996, date de ses premières interventions en Corée du Nord, et 2007.

Les autres membres du groupe d'audit ont été M. Chander Mohan Vasudev, ancien fonctionnaire du ministère indien de l'économie et des finances, et Mme Mary Ann Wyrsch, ancien haut-commissaire adjoint des Nations-Unies pour les réfugiés et membre actuel du service de naturalisation et d'immigration des Etats-Unis. 

Rendu public le 2 juin 2008, le rapport de 353 pages n'a trouvé aucune élément à l'appui de possibles détournements de fonds au profit des autorités nord-coréennes.

Le 4 juin 2008, M. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, s'est toutefois engagé à mettre en oeuvre les recommandations du rapport Németh, qui déplore notamment le manque de suivi des actions entreprises par le PNUD ainsi que des négligences avérées, comme le maintien dans les caisses du PNUD de 3.500 dollars en faux billets entre 1996 et 2007.

Le lacunes dans le fonctionnement des agences des Nations-Unies ne sont pas nouvelles, mais elles s'étaient fort opportunément concentrées sur la Corée du Nord. Le résultat obtenu par les néo-conservateurs américains est également intéressant au plan médiatique : si les accusations de détournement ont fait l'objet de gros titres dans les médias, leur remise en cause est passée largement inaperçue dans ces mêmes supports d'information.

La publication du rapport Németh intervient dans un contexte d'interrogations sur la mise en oeuvre de l'accord de Pékin : si la désactivation du réacteur nucléaire de Yongbyon a été achevée à 80 %, les aides énergétiques que devaient fournir, en contrepartie, les autres parties à l'accord (Etats-Unis, Corée du Sud, Chine, Russie, Japon) n'ont été honorées qu'à 30 %. En particulier, le Japon n'a procédé à aucune des livraisons d'énergie auxquelles il s'était engagé, arguant de l'absence de progrès sur le dossier des Japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980, tout en maintenant un régime de sanctions qui frappe en premier lieu la communauté nord-coréenne de l'archipel nippon.  (Sources : Nations-Unies, AAFC)

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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 13:05

En visite officielle en Chine, le président sud-coréen Lee Myung-bak a convenu avec son homologue chinois Hu Jintao, le mardi 27 mai 2008, de porter les relations bilatérales au niveau d'un "partenariat de coopération stratégique". Si les discussions sur le nucléaire nord-coréen ont occupé une place importante lors de la visite, elles ne doivent pas occulter le rôle essentiel des échanges commerciaux dans les relations entre la Chine et la Corée du Sud.

Lors de sa visite de quatre jours en Chine, le président sud-coréen Lee Myung-bak a mis l'accent sur les questions politiques. Il a ainsi convenu avec son homologue chinois Hu Jintao, le mardi 27 mai 2008, de porter les relations bilatérales au niveau d'un "partenariat de coopération stratégique". De fait, la présence dans la délégation sud-coréenne du négociateur dans les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne attestait de la volonté de Lee Myung-bak de resserrer les liens avec la Chine sur ce dossier, alors que la reprise des discussions multilatérales à Pékin est attendue au début du mois de juin.

Après son investiture en février dernier Lee Myung-bak avait choisi de se rendre d'abord à Washington, avant de visiter Pékin pour la première fois. le président Hu Jintao a été invité en Corée du Sud pour le second semestre de l'année 2008.

Hu Jintao a remercié la Corée du Sud pour l'aide matérielle et financière apportée aux victimes du séisme dans le Sichuan, dont le bilan est estimé à au moins 67.000 victimes, comme une marque de la "profonde amitié entre [les] deux pays". Malgré ses difficultés, la Corée du Nord avait également apporté une aide à son voisin chinois après cette catastrophe.

La Chine et la Corée du Sud ont signé des accords dans les domaines de la science et de la technologie, de la justice et de l'éducation, tandis que le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, M. Qin Gang, a considéré l'alliance militaire entre les Etats-Unis et la Corée du Sud comme un "produit de la guerre froide".

De fait, si la Chine est intervenue auprès de la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, il ne stationne plus de troupes étrangères sur le territoire nord-coréen depuis plus d'un demi-siècle, alors que des soldats américains sont toujours présents en Corée du Sud, où le commandement miltaire des troupes sud-coréennes est américain en cas de conflit.

La Chine et la Corée du Sud ont établi des relations diplomatiques le 24 août 1992. Des divergences politiques demeurent, en particulier sur l'interprétation de l'histoire du Koguryo, le plus ancien royaume coréen, qui s'étendait sur une partie du Nord-Est de l'actuel territoire chinois, et que Pékin tend à considérer comme partie intégrante de l'histoire de la Chine. La délimitation de la frontière sino-coréenne, qui concerne toutefois en premier lieu la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine, a été contestée par des parlementaires sud-coréens de tous bords politiques, ayant mis en cause la validité de la convention de Gando par laquelle le Japon, en 1909, reconnaissait comme chinoise une partie du territoire coréen. L'impérialisme japonais dominait alors la péninsule coréenne, mais la Corée restait un Etat indépendant.

Les échanges économiques entre les deux pays sont une donnée essentielle de leurs relations bilatérales. La Corée du Sud a ainsi annoncé qu'elle était devenue, en 2005, le deuxième fournisseur de la Chine : ses exportations à destination de la Chine avaient alors atteint 76,8 milliards d'euros (en hausse de 23,5 %), dépassant pour la première fois celles de Taïwan (74,6 milliards d'euros) et de l'Union européenne (73,6 milliards d'euros), derrière le Japon (100,5 milliards d'euros). En 2004, la Chine était devenue la première destination des exportations sud-coréennes, devançant les Etats-Unis.

Les échanges humains sont également un point de friction entre les deux pays. Bien que culturellement et politiquement plus proche de la Corée du Nord, la minorité coréenne de Chine, soit deux millions de personnes, avait choisi, pour partie, d'immigrer en Corée du Sud après l'établissement de relations diplomatiques, mais a été en proie à des mesures de discrimination. La Corée du Sud a sévèrement restreint l'immigration légale des Chinois en Corée du Sud, que ceux-ci soient ou non d'origine coréenne. Il est estimé que plusieurs centaines de milliers de Chinois vivraient en Corée du Sud, dans une situation de précarité due à leur statut d'immigré illégal. (Sources : Monster and Critics.com, Asia Times, wikipédia, AAFC)

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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 19:17

Au Canada, la ville de Québec est en passe de perdre l'organisation de l'assemblée générale de l'Union interparlementaire (UIP) prévue en 2010, en raison des conditions imposées par le gouvernement d'Ottawa. Ce dernier a demandé que les règles de l'UIP soient modifiées afin que le pays hôte puisse interdire l'entrée sur son territoire à certains pays "indésirables". Les critères posés reviennent à exclure plusieurs pays réputés ennemis des Etats-Unis, dont la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord). Face à la menace pesant sur l'organisation du congrès de l'UIP, un mouvement de sauvetage s'organise au Canada pour que Québec puisse malgré tout accueillir la prestigieuse assemblée.



Fondée en 1889, l'Union interparlementaire (UIP) est l'organisation mondiale des parlements des Etats souverains et la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique. L'UIP se présente elle-même comme un "foyer de la concertation interparlementaire à l'échelle mondiale [qui] oeuvre pour la paix et la coopération entre les peuples et l'affermissement de la démocratie représentative." Elle regroupe aujourd'hui 150 parlements nationaux et huit membres associés.

Une assembée générale de l'UIP devait se tenir en 2010 au Canada, dans la ville de Québec. Mais Québec semble avoir perdu la possibilité d'accueillir le congrès en raison des conditions imposées par Ottawa. Le gouvernement canadien dirigé par Stephen Harper, un conservateur proche du président américain George W. Bush, a en effet demandé que le règlement de l'Union interparlementaire soient modifié afin que le pays hôte puisse interdire l'entrée sur son territoire aux personnes soupçonnées d'activités terroristes ou porteuses de maladies contagieuses. Or, le règlement de l'Union interparlementaire stipule que le pays hôte doit accepter tous les membres qui veulent participer à la rencontre.

Compte tenu des accointances entre le gouvernement Harper et l'administration Bush, et de l'interprétation assez large qui peut être faite des conditions posées par le Canada, plusieurs pays membres à part entière de l'UIP pourraient être exclus de son assemblée générale au seul motif qu'ils n'entretiennent pas les meilleures relations avec les Etats-Unis. Une manoeuvre grossière vite repérée par les pays potentiellement visés. Ainsi, la Corée du Nord (membre de l'UIP depuis 1973), l'Iran, le Soudan, le Venezuela, soutenus par l'Algérie, les Philippines et le Pérou, se sont opposés lors d'une récente assemblée de l'UIP au Cap en Afrique du Sud au changement demandé par Ottawa. Ces pays ont exigé que tous les membres de l'UIP puissent participer à la rencontre de Québec, selon une règle similaire à celle qui s'applique à l'Organisation des Nations unies. Ils ont donc fait voter, en guise de protestation, une motion qui a eu pour conséquence de reporter à la réunion de l'UIP d'octobre 2008, à Genève, la décision finale sur l'attribution du congrès de 2010.


Le président mondial de l'UIP à Genève, Anders Johnsson, s’est montré très critique envers la position canadienne. "Le Canada donne un traitement aux Nations unies et aux gouvernements qu’il n’est pas prêt à donner aux parlementaires. Je trouve ça plus que regrettable," a-t-il affirmé. Il a suggéré au Canada une porte de sortie pour régler le problème. Dans une lettre adressée au président du groupe canadien de l'UIP (le sénateur conservateur Donald Oliver), le président Johnsson affirme que le Canada peut contourner sa politique sur les visas sans que soit modifié l'article 5 de l'UIP. Il existe d'autres moyens, écrit Anders Johnsson, pour permettre au Canada d'accueillir l'UIP "sans devoir nécessairement accorder pour cela un visa officiel à tous les participants. Je pense, par exemple, à l'attribution d'un permis ministériel."

Un mouvement destiné à sauver l'organisation du congrès de 2010 s'organise au Canada même. Ainsi, un député du Bloc québécois, Paul Crête, membre du comité exécutif du groupe canadien de l'UIP, a reproché au gouvernement Harper "son manque de souplesse" dans cette affaire ainsi qu'une "rigueur idéologique qui ne se justifie nullement." Le Bloc québécois a donc déposé une motion, adoptée par le comité exécutif du groupe canadien de l'UIP, demandant que la candidature de la ville de Québec pour l'assemblée générale de 2010 demeure ouverte et réaffirmant l'intérêt de la section canadienne de l'UIP pour la tenue de l'événement.

Le gouvernement Harper a fini par donner des signes d'ouverture afin que la ville de Québec ne perde pas la tenue d'une rencontre bénéfique en retombées diverses. "Nous sommes tout à fait favorables à la tenue de cet événement ici même, au Canada, et en particulier à Québec," a notamment déclaré le 16 mai devant la Chambre des communes d'Ottawa le ministre canadien des Transports, Lawrence Cannon. "Il s'agit évidemment de travailler avec les instances qui en ont la responsabilité décisionnelle pour faire avancer le dossier."

Quant à la solution proposée par le président de l'UIP, elle n'a pas non plus été écartée par le gouvernement. Au besoin, des permis de séjour temporaire seront délivrés afin que l'événement puisse avoir lieu. (sources : Radio-Canada, La Presse, Le Soleil )


Site de l'Union interparlementaire

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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 10:59

Le dimanche 25 mai 2008, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a salué l'accord politique au Liban ayant permis, le même jour, l'élection à la présidence de la République du général Michel Sleimane, commandant en chef des forces armées. La prise de position de Pyongyang rappelle son implication diplomatique active au Proche-Orient.

En se félicitant, le 25 mai 2008, de l'accord politique intervenu au Liban, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a souligné le rôle essentiel de médiateurs joué par la Ligue des Etats arabes et le Qatar, en y voyant la preuve que "le peuple arabe était tout à fait capable de résoudre ses problèmes par lui-même", sans ingérence extérieure des grandes puissances. Le même jour, l'élection à la présidence de la République, par le Parlement libanais, du général Michel Sleimane, commandant en chef des forces armées, scellait l'accord entre les principales forces politiques libanaises. Le président Sleimane a souligné que, pour assurer une "stratégie de défense nationale" faisant face aux "menaces israéliennes", il convenait d'intégrer les combattants du Hezbollah en "profitant de leur expérience".

La RPDC est, de longue date, un acteur politique important dans le monde arabe, notamment dans son soutien aux mouvements de libération, hier en Algérie, aujourd'hui en Palestine. La Corée du Nord a été le premier Etat non-arabe à reconnaître le gouvernement provisoire de la République algérienne, dont elle a aidé militairement les combattants du FLN. Elle a également noué des liens politiques, économiques et militaires privilégiés avec la Syrie, l'Iran et l'Egypte. En juillet-août 2007, lors de sa tournée en Afrique et en Asie, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, a notamment été reçu en Algérie et en Egypte. S'agissant des échanges économiques, des ingénieurs et des ouvriers nord-coréens interviennent en Iran dans le secteur de la construction.

Dans ce cadre, la RPDC a favorisé le rôle des organisations internationales régionales, à l'instar de la Ligue arabe, dont elle a tenu à saluer la contribution au récent dénouement de la crise politique au Liban. (Sources : KCNA, Le Monde, AAFC)

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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /2008 00:18

A l'occasion de la première visite d'Etat, au niveau ministériel, d'un membre du gouvernement de Singapour, le ministre des Affaires étrangères George Yeo, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en mai 2008, les deux pays ont signé un accord de coopération économique, dans le domaine commercial et le secteur des technologies de l'information. Cet échange marque aussi un resserrement des liens politiques entre les deux Etats non-alignés.

Le 10 mai 2008, George Yeo, ministre des Affaires étrangères de Singapour, est arrivé en RPDC pour une visite d'Etat de cinq jours, la première au niveau gouvernemental entre les deux pays.

Singapour et la RPDC ont établi des relations diplomatiques en 1975.
L'appartenance des deux Etats au mouvement des non-alignés a favorisé des liens de coopération politiques anciens.

Une intensification des échanges politiques et diplomatiques entre Singapour et la Corée du Nord

Le déplacement de George Yeo en RPDC fait suite au voyage de Kim Yong-nam, Président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, à Singapour, les 1er et 2 août 2007. Le Président Kim Yong-nam avait alors été reçu par son homologue de Singapour, le Président Sellapan Ramanathan (S. R. Nathan), et le Premier ministre Goh Chok-tong. En février 2008, M. Goh Chok-tong, qui n'exerçait alors plus les fonctions de Premier ministre, s'était ensuite rendu en RPDC.

Lors de son récent déplacement en RPDC en mai 2008, M. George Yeo était porteur d'une lettre du Président S. R. Nathan au Président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, Kim Jong-il.

Cette intensification des échanges bilatéraux entre la RPD de Corée et Singapour intervient dans un contexte où Singapour joue un rôle actif d'intermédiaire pour résoudre la crise nucléaire nord-coréenne. C'est à Singapour qu'a été conclu un
accord bilatéral entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, en avril 2008, pour relancer leurs discussions bilatérales dans ce domaine.

Alors que Singapour assure actuellement la présidence tournante de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (acronyme anglais : ASEAN), George Yeo a rencontré à Pyongyang son homologue nord-coréen Pak Ui-chun, qui devrait assister, en qualité d'observateur, au prochain forum régional annuel de l'ASEAN, prévu à Singapour en juillet 2008, réunissant les ministres des affaires étrangères. L'ASEAN a mis en place un dispositif de sécurité régionale collective où est notamment traitée la question nucléaire coréenne. Lors du précédent forum de l'ASEAN, à Manille en août 2007, les ministres des Affaires étrangères de Singapour et de RPDC avaient déjà eu des échanges en marge du sommet.

Cap sur la coopération économique

Le déplacement de George Yeo en RPDC vise également à resserrer les liens économiques entre les deux pays. Accompagné d'une délégation d'hommes d'affaires singapouriens, George Yeo a visité la zone industrielle de Kaesong, où sont implantées des entreprises sud-coréennes, ainsi que le port de Nampo.


Un accord avec le ministre du Commerce extérieur de RPDC, M. Ri Ryong-nam, a eu pour but d'intensifier la coopération économique, dans le domaine commercial et le secteur des nouvelles technologies de l'information. Les deux parties ont convenu de participer aux foires commerciales organisées par leur partenaire, tandis que des Coréens devraient être formés à Singapour aux technologies de l'information. Les discussions se sont poursuivies sur un traité de garantie des investissements de Singapour en Corée du Nord, ainsi que pour éviter les phénomènes de double imposition.

L'importance accordé aux nouvelles technologies répond à la volonté de la Corée du Nord de se positionner encore plus avant dans le domaine informatique. Le
Centre de recherche informatique de Corée et le Centre informatique de Pyongyang (Pyongyang Informatic Center) combinent déjà des unités de recherche et de production de haut niveau. La RPDC produit par exemple des jeux pour téléphones portables, pour des clients européens et nord-américains. Elle a également développé les technologies les plus modernes pour la réalisation de dessins animés (à l'instar de la série Corto Maltese, produite pour des entreprises françaises dans les studios nord-coréens de la SEK à Pyongyang), et mis en place des processus de conception assistée par ordinateur en architecture. (sources : Kyodo News, ITAR-TASS, AAFC)

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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 13:04

Réuni en Assemblée générale à Caracas, les 9 et 10 avril 2008, le Conseil mondial de la paix a exprimé sa solidarité avec le peuple coréen pour la réunification pacifique de sa patrie, en appelant les Etats-Unis à cesser leur politique hostile envers la République populaire démocratique de Corée. 

A l'issue de son Assemblée générale qui s'est tenue dans la capitale du Vénézuela, les 9 et 10 avril 2008, le Conseil mondial de la paix (CMP) a adopté une résolution qui exprime notamment la solidarité du Conseil avec le peuple coréen pour la réunification pacifique de la Corée. 

Des délégués appartenant à plus de 120 organisations, provenant de 81 pays, ont participé à l'Assemblée générale qui s'est tenue à Caracas, dont des représentants de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

En France, le
Mouvement de la paix est affilié au Conseil mondial de la paix.

Concernant la Corée, dans la
résolution adoptée par l'Assemblée générale, "le Conseil mondial de la paix exprime sa solidarité avec le peuple coréen dans son désir d'achever la réunification pacifique de la péninsule coréenne conformément à la déclaration du 15 juin 2000 entre le Nord et le Sud de la Corée. Le Conseil mondial de la paix salue les discussions à six pour la résolution pacifique du conflit, et exige dans le même temps que les Etats-Unis mettent un terme à leur politique hostile envers la RPD de Corée".

Par ailleurs, l'exemple de la RPD de Corée prouve, selon le CMP, le caractère "discriminatoire" du traité de non-prolifération, compte tenu des menaces américaines d'une attaque nucléaire préventive.

Cette déclaration s'inscrit dans le cadre de la paix et de la stabilité en Asie du Nord-Est.

Le Conseil mondial de la paix a également dénoncé, dans la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo, la politique du "diviser pour régner" de l'impérialisme à direction américaine, l'élargissement de l'OTAN, alliée à l'Union européenne, comme une menace pour les peuples du monde, alors que les occupations de l'Afghanistan et de l'Irak entrent, respectivement, dans leurs cinquième et septième années.

Le CMP a également mis en cause la domination du nouvel ordre impérialiste mondial et ses politiques néolibérales comme créateur d'inégalités et de pauvreté.

Les travaux du Conseil mondial de la paix se sont achevés le 13 avril 2008.

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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /2008 01:05

Le 11 avril 2008, le Japon a prolongé pour six mois les sanctions prises contre la Corée du Nord à l'automne 2006. Des mesures qui traduisent l'alignement de Tokyo sur les néo-conservateurs américains.

Le 11 avril 2008, le gouvernement japonais a décidé de prolonger pour six mois les sanctions prises contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) après l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006. Ces mesures consistent en une fermeture des ports japonais aux navires nord-coréens et en des interdictions des exportations nord-coréennes vers le Japon.

Le gouvernement japonais a justifié la reconduction des sanctions au regard du différend entre les Etats-Unis et la RPDC sur la déclaration complète des activités nucléaires militaires nord-coréennes, la liste remise par Pyongyang en novembre 2007 étant jugée incomplète par Washington.

En fait, parmi les six parties (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) à l'accord de Pékin du 13 février 2007 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le Japon a toujours eu la position la plus fermée. Malgré les progrès enregistrés depuis cette date sur le dossier nucléaire nord-coréen, à aucun moment le Japon n'a levé les sanctions prises en octobre 2006. Le critère de la liste incomplète remise par Pyongyang n'était pas d'actualité il y a six mois, et Tokyo invoque à chaque fois de nouveaux arguments pour justifier la reconduction des sanctions chaque semestre.

Les raisons de politique intérieure sont essentielles : les médias japonais diffusent régulièrement des émissions sur les treize Japonais enlevés par les Nord-Coréens dans les années 1970 et 1980. Bien que cinq d'entre eux, survivants, soient déjà retournés au Japon, et que Pyongyang ait annoncé que des sanctions ont été prises contre ses agents ayant procédé aux enlèvements, le gouvernement japonais refuse de croire Pyongyang lorsque la Corée du Nord annonce que les huit autres Japonais enlevés sont décédés. Alors que les médias japonais mettent en exergue les récits des enlèvements, la brutalité de la colonisation japonaise de la Corée entre 1910 et 1945 est occultée. Le gouvernement japonais refuse toujours, pour sa part, de s'excuser pour la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Il faut par ailleurs tenir compte de l'impopularité du gouvernement japonais de Yasuo Fukuda (selon un sondage conduit les 5 et 6 avril 2008 par Mainichi, seulement 24 % des Japonais approuvent l'action de leur gouvernement). Une situation politique aussi délicate n'incite pas à des mesures d'ouverture vis-à-vis de Pyongyang, qu'une majorité de Japonais pourrait désapprouver.

Alors que le Japon abrite une minorité coréenne de 600.000 personnes, dont plus d'un tiers de Nord-Coréens membres de la Chongryon,  les activités économiques de la Chongryon ont été très fortement entravées par les autorités japonaises. En s'attaquant à la Chongryon, le Japon tarit les flux financiers des Nord-Coréens du Japon vers leur pays. Les sanctions prises contre Pyongyang concourent ainsi à
l'objectif poursuivi par les néo-conservateurs américains : asphyxier financièrement Pyongyang. Alors que le Japon était le troisième partenaire commercial de la Corée du Nord il y a dix ans, les échanges bilatéraux tendent à disparaître.

L'AAFC dénonce vivement la reconduction des sanctions japonaises prises contre Pyongyang, dont l'étendue n'a pas d'équivalent parmi les pays qui étaient au premier rang des partenaires économiques de la Corée du Nord, d'autant plus que ces mesures méconnaissent les progrès enregistrés sur le dossier nucléaire. L'AAFC exprime par ailleurs sa solidarité avec les Coréens du Japon et leurs organisations, victimes de mesures discriminatoires des autorités japonaises. (source : the Associated Press)

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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /2008 11:05

Dans un contexte de menace de krach boursier, le président nord-coréen Kim Yong-nam, en déplacement en Namibie, a plaidé contre les effets négatifs de la globalisation pour les pays en développement, tout en rappelant par ailleurs l'ouverture de son pays à la poursuite du dialogue intercoréen.


KimYongnam.jpg

Lors de sa visite d'Etat en Namibie, Kim Yong-nam, président de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a prononcé le 20 mars 2008 un plaidoyer pour la défense des pays en développement contre les effets négatifs de la globalisation.

M. Kim Yong-nam a déclaré que les pays africains devaient continuer d'être "vigilants contre les effets de la globalisation" : "ils doivent être capables de faire face aux grandes puissances qui se bousculent pour les ressources naturelles de l'Afrique. La globalisation étend le fossé entre les pays riches et les nations pauvres en voie de développement. Les pays riches pillent les pays pauvres de manière déguisée". 

Ces déclarations altermondialistes s'inscrivent dans la continuité des positions constantes de la RPDC contre le colonialisme et les formes nouvelles d'impérialisme. Après avoir été un des premiers pays à se libérer du joug de la colonisation, dès la fin de la Seconde guerre mondiale,
la RPDC a soutenu politiquement et militairement les mouvements de décolonisation (en particulier, le FLN algérien et la SWAPO namibienne), avant de s'affirmer comme un des chefs de file du mouvement des non-alignés. Le renforcement des liens économiques, scientifiques et techniques entre la Corée du Nord et la Namibie, à l'occasion du déplacement dans ce pays de M. Kim Yong-nam, traduit concrètement la mise en place d'accords de coopération indépendamment des grandes puissances occidentales. 

S'agissant des relations intercoréennes, M. Kim Yong-nam a déclaré que "la porte était grande ouverte pour un dialogue futur" entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, sur la base notamment de l'accord signé à Pyongyang, le 4 octobre 2007, entre le président sud-coréen Roh Moo-hyun et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il. 

Cette offre renouvelée de dialogue intervient dans un contexte d'incertitudes sur la future politique nord-coréenne du nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007. Le président Lee Myung-bak a refusé une propositions nord-coréenne de conduire des échanges au niveau des conseillers techniques. En outre, il remet en cause les livraisons de céréales et d'engrais de la Corée du Sud à la Corée du Nord, alors que la RPDC fait face à une situation alimentaire extrêmement tendue après les inondations d'août-septembre 2007 (les pires en RPDC depuis quarante ans) et à un hiver exceptionnellement sec. (source : Mail and Guardian online).

 

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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /2008 15:22

Le mardi 18 mars 2008, une délégation nord-coréenne, conduite par le président Kim Yong-nam, est partie pour une visite en Namibie, en Angola et en Ouganda. Moins d'un an après le déplacement en Afrique et en Asie du numéro deux de la République populaire démocratique de Corée, cette nouvelle tournée africaine témoigne de la volonté de la RPDC d'approfondir ses liens avec les pays non-alignés, dont elle a été un des principaux soutiens dans les combats pour l'indépendance.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) resserre ses liens avec ses alliés traditionnels du Tiers-Monde : tel est le principal enseignement de la nouvelle tournée africaine de M. Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, et qui exerce à ce titre les fonctions de chef d'Etat. Généralement considéré comme le numéro deux nord-coréen, M. Kim Yong-nam a quitté la Corée, le mardi 18 mars 2008, pour la Namibie, l'Ouganda et l'Angola, à la tête d'une délégation qui comprend notamment M. Pak Ui-chum, ministre des Affaires étrangères,  M. Ri Ryong-nam, ministre du Commerce extérieur, et M. Choe Chang-sik, ministre de la Santé publique. 

Ce déplacement fait suite à une précédente tournée internationale de M. Kim Yong-nam du 20 juillet au 2 août 2007, qui l'avait alors conduit en Mongolie, en Algérie, en Egypte, en Ethiopie et à Singapour. 

Kim_Yong-nam_Hosni_Moubarak-260707.jpg M. Kim Yong-nam avec le président égyptien M. Hosni Moubarak,
au Caire le 26 juillet 2007 (source : Korea is one)

Les pays visités sont des alliés traditionnels de Pyongyang, qui les a activement soutenus dans leurs combats pour l'indépendance ou au sein du mouvement des non-alignés. La RPDC a ainsi établi des relations diplomatiques avec l'Angola et la Namibie dès leur accession à l'indépendance, respectivement en 1976 et en 1990. Par ailleurs, les liens diplomatiques ont été rétablis entre la Corée du Nord et l'Ouganda en 1972.

Cette nouvelle offensive diplomatique de Pyongyang marque sa volonté de diversifier ses échanges internationaux dans tous les domaines, politique,  économique et militaire. Après avoir établi ou renoué des liens diplomatiques avec sept Etats en 2007 (dont la République dominicaine et la Birmanie), la RPDC a désormais des relations diplomatiques complètes avec 156 pays, parmi lesquels tous les Etats membres de l'Union européenne sauf la France et l'Estonie.

New_State_House_Namibia.jpg M. Kim Yong-nam arrivera en Namibie le 20 mars 2008, pour une visite d'Etat de quatre jours, à l'occasion du dix-huitième anniversaire de la proclamation de l'indépendance. En effet, comme le souligne le site du gouvernement namibien, "la République populaire démocratique de Corée a été l'un des solides soutiens de la SWAPO pendant les combats de la libération" contre le régime d'apartheid imposé par l'occupant sud-africain. Le 21 mars, M. Kim Yong-nam assistera à l'inauguration du nouveau palais présidentiel
, essentiellement construit par les Nord-Coréens, dans la capitale namibienne Windhoek

La délégation nord-coréenne se rendra ensuite en Ouganda pour une visite de trois jours, du 27 au 29 mars. Comme l'a précisé M. Henry Okello Oryem, ministre des Affaires étrangères de l'Ouganda, dans un entretien à l'agence Reuters, des accords commerciaux et de défense doivent être signés entre l'Ouganda et la RPDC. L'Ouganda ouvrirait son marché aux produits nord-coréens, notamment les champignons et la soie. Pour sa part, la RPDC, dont un ambassadeur est en poste à Kampala, a envoyé des spécialistes pour organiser la police ferroviaire ougandaise et l'équipe de sécurité présidentielle. La Corée du Nord est aussi un des principaux fournisseurs de l'Ouganda en matériel militaire.

L'Angola, dernière étape de la tournée africaine de M. Kim Yong-nam, est un des plus anciens alliés de la RPDC sur le continent africain. La guérilla angolaise a été fortement soutenue par la Corée du Nord dans les combats pour la libération de l'occupation portugaise, et la coopération militaire s'est poursuivie après l'accession à l'indépendance en 1976. Des étudiants angolais ont été accueillis et formés en RPDC. Des travailleurs nord-coréens sont aujourd'hui présents en Angola dans le secteur de la construction.

Les accords de coopération bilatéraux que doit signer la Corée du Nord avec la Namibie, l'Ouganda et l'Angola ciblent ainsi des secteurs précis, sur le modèle des conventions déjà conclues lors de la tournée asiatique et africaine de M. Kim Yong-nam en juillet-août 2007 (par exemple, avec la Mongolie pour la production de viande et l'Ethiopie pour le développement de l'irrigation).  Ces accords "Sud-Sud", sans ingérence des pays industrialisés du Nord, représentent un mode original de coopération pour le développement du Tiers-Monde conforme aux principes d'autonomie et d'indépendance des idées du Juche.

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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /2008 13:11

La rencontre entre le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak et le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le jour même de l'investiture de Lee le 25 février 2008 à Séoul, ouvre la voie à un renforcement des relations bilatérales entre le Japon et la République de Corée (Corée du Sud), malgré les contentieux historiques, politiques et économiques entre les deux pays.

Dès son élection le 19 décembre 2007, le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak avait manifesté sa volonté de resserrer les liens entre la République de Corée et les Etats-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part.

L'accord avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le 25 février 2008, seulement quelques heures après l'investiture du président Lee, conforte sa volonté de rapprochement avec le Japon :


- des rencontres régulières sont prévues entre les deux dirigeants de l'exécutif, conformément à un accord de 2004 qui était resté lettre morte: le président Lee doit se rendre au Japon en avril, tandis que Yasuo Fukuda visiterait la Corée du Sud au second semestre de l'année 2008;

- dans le domaine économique, la levée des barrières tarifaires entre les deux pays doit renforcer leurs échanges économiques, alors que les modalités d'ouverture des marchés agricoles avaient bloqué les négociations, fin 2004, en vue d'un accord de libre-échange;


- au plan stratégique, le Japon et la Corée du Sud partagent certes l'objectif d'un abandon par la Corée du Nord de son programme nucléaire militaire, mais ils ont jusqu'ici adopté des positions divergentes dans les discussions multilatérales à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) pour résoudre cette question : parmi les cinq Etats négociant avec la Corée du Nord, le Japon a eu l'attitude la plus intransigeante vis-à-vis de Pyongyang.


undefined Enfin, un important contentieux territorial demeure : situées en mer de l'Est, les îles Dokdo (nom international : rochers de Liancourt), inhabitées mais contrôlées de fait par les gardes-côtes sud-coréens, sont revendiquées par le Japon qui les appelle Takeshima.

Les différends entre Sud-Coréens et Japonais trouvent largement leur origine dans la colonisation japonaise de la Corée, entre 1910 et 1945 : la politique d'assimilation des Coréens par les Japonais (jusqu'à l'interdiction des noms coréens), et la prostitution des "femmes de réconfort" sud-coréennes par les soldats japonais pendant la Seconde guerre mondiale, ont conduit les Coréens à exiger des excuses du gouvernement japonais.

Après la capitulation japonaise en 1945, il faudra attendre vingt ans pour que le traité du 22 juin 1965 normalise les relations entre le Japon et la Corée du Sud, malgré les vives protestations de l'opinion publique coréenne... dont celle de Lee Myung-bak, alors étudiant, emprisonné plusieurs mois pour avoir manifesté contre l'accord de 1965.


Le traité de 1965 prévoyait le versement non pas de réparations de guerre, mais d’une assistance japonaise au développement de la Corée d'un montant de trois cents millions de dollars, auxquels s’ajoutaient cinq cents millions de dollars de prêts bancaires.

Rue commerçante à Pyongyang, pendant l'occupation japonaise de la Corée


L'accord du 25 février 2008 témoigne à nouveau de la priorité des dirigeants sud-coréens au développement des relations économiques avec le Japon, en mettant au second plan les sujets politiques. Lee Myung-bak a précisé qu'il se concentrerait sur l'avenir des relations nippo-sud-coréennes et ne demanderait pas de nouvelles excuses au Japon pour la colonisation de la Corée.

Symboliquement, cet accord est intervenu le jour de l'investiture du nouveau chef d'Etat sud-coréen. La levée des barrières douanières est par ailleurs conforme aux orientations économiques libérales du président Lee, malgré les vives protestations des paysans sud-coréens contre l'ouverture du marchés agricole à la concurrence internationale.  
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 11:39

Le 16 février, fête nationale en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a donné lieu à des célébrations par des partis au pouvoir dans plusieurs pays (Népal, Cambodge) où sont organisées des élections multipartites. Ces cérémonies peuvent s'expliquer par un fait largement méconnu en Occident : le soutien apporté par la Corée du Nord aux mouvements de libération et de décolonisation dans le Tiers-Monde.

Fondée en 1948, trois ans après la libération de la Corée de l'occupation japonaise, la République populaire démocratique de Corée a joué un rôle actif pour aider d'autres pays à accéder à l'indépendance dans le Tiers-Monde. Arrivés au pouvoir, les mouvements de libération nationale ont maintenu des liens étroits avec Pyongyang.

Sankara-copie-1.jpg En Afrique, la Corée du Nord a été le premier Etat non arabe à reconnaître le gouvernement provisoire de la République algérienne. La Corée du Nord a fortement aidé la Rhodésie du Sud à se libérer, en 1980, de son régime d'apartheid pour devenir le Zimbabwé. La RPDC a également noué une relation privilégiée avec le Burkina Faso de Thomas Sankara : avec la Chine et la Suisse, elle a fait partie des rares Etats dont l'aide aux pays du continent africain, durant les Trente glorieuses, n'a pas été conditionnée par des contreparties économiques.

Après avoir choisi d'accéder à l'indépendance sans le soutien de la France, la Guinée de Sékou Touré reçoit l'aide de la Corée du Nord : aujourd'hui encore, la Guinée n'a établi de relations diplomatiques officielles qu'avec la RPD de Corée, et pas avec la République de Corée (du Sud).

kingsihanouk.jpg Ayant dû quitter le pouvoir, le prince cambodgien Norodom Sihanouk, un des anciens leaders du mouvement non-aligné, avait alors choisi de se réfugier à Pyongyang, où il devient un ami intime du président nord-coréen Kim Il-sung.

Alors que la Corée du Nord forme à Pyongyang, dès les années 1960, des étudiants de pays africains et asiatiques en développement, et que la croissance économique de la RPDC est alors l'une des plus fortes au monde, Che Guevara, en visite à Pyongyang en janvier 1965, déclare que la Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s'inspirer.

Si les difficultés économiques auxquelles est confrontée la Corée du Nord depuis les catastrophes climatiques des années 1990, conjointement à l'effondrement du bloc soviétique, ont entraîné une nette révision à la baisse de l'aide publique au développement de la Corée du Nord, les dirigeants des mouvements de décolonisation ont maintenu les relations nouées avec la RPD de Corée dans les combats pour la libération nationale. Ce qui peut expliquer pourquoi la fête nationale de la RPDC, le 16 février 2008, pour l'anniversaire du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, a donné lieu à des cérémonies officielles au Cambodge et au Népal, à la grande surprise des médias occidentaux qui méconnaissent le rôle joué par la Corée du Nord dans la décolonisation du Tiers-Monde.
 

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