Relations internationales de la Corée

Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 12:42

Depuis le 31 décembre 2008, les organisations pacifistes et progressistes sud-coréennes se relaient devant l'ambassade israélienne, l'ambassade des Etats-Unis et la présidence de la République, à Séoul, pour protester contre l'assaut israélien à Gaza. Le 10 janvier, une manifestation dans la capitale sud-coréenne a rassemblé 300 personnes, à l'appel de 75 organisations.

Ni le froid, ni la situation politique intérieure n'ont découragé les militants pacifistes sud-coréens dans leur combat permanent pour condamner l'attaque israélienne sur la bande de Gaza.

Depuis le 31 décembre 2008, plusieurs organisations pacifistes dont 
Nanummunhwa-Partage d'une paix globale (Nanummunhwa-Global Peace Sharing), Imagination pour la solidarité internationale (Imagination for International Solidarity, IIS), Solidarité pour la paix en Palestine (Palestine Peace Solidarity) se relaient pour des manifestations individuelles en face des ambassades américaine et israélienne, ainsi que de la Maison Bleue, siège de la présidence sud-coréenne (ci-contre, manifestant de Nanummunhwa devant l'ambassade d'Israël à Séoul, le 7 janvier 2009, photo Nanummunhwa).

De fait, alors que
la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a condamné fermement l'assaut israélien sur Gaza, dans le cadre d'un soutien constant de Pyongyang aux mouvements de libération palestiniens, la République de Corée (Corée du Sud), alliée des Etats-Unis, évite de prendre une position tranchée, ayant ainsi conduit Solidarité populaire pour une démocratie participative (People's Solidarity for Participatory Democracy, PSPD) à interroger par lettre le ministère des Affaires étrangères sud-coréen sur les points suivants :

1) Le gouvernement sud-coréen approuve-t-il l'attitude d'Israël ?

2) Qu'entend faire le gouvernement sud-coréen, en tant que membre du Comité des Droits de l'homme des Nations-Unies, contre le meurtre de civils palestiniens par l'armée israélienne et l'utilisation de phosphore blanc, une arme incendiaire interdite dans lez zones à forte densité urbaine ?

Comme l'a souligné KBS World Radio, le gouvernement sud-coréen s'est surtout impliqué pour obtenir la libération d'un journaliste de KBS à Gaza, déclarant à cette occasion que les relations entre la Corée du Sud et la Palestine s'étaient nettement améliorées après les visites réciproques, en 2008, des ministres des affaires étrangères des deux pays.

Dans ce contexte, à l'appel de 75 organisations, 300 personnes 
ont manifesté à Jongno, dans le centre de Séoul, le 10 janvier 2009, contre les attaques à Gaza, témoignant de l'attachement à la paix des progressistes coréens - alors que les parties à la guerre de Corée n'ont toujours pas signé formellement de traité de paix, plus de cinquante-cinq ans après la signature de l'armistice en 1953.

(sources : Jay Hauben, "
Korean Peace Groups Protest Gaza War", 7 janvier 2009, et "300 Seoulites Demonstrate for Gaza", 12 janvier 2009, sur le site d'informations Ohmynews).

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Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /2008 21:41

Au quatrième jour de l'assaut israélien sur la bande de Gaza, dont le bilan provisoire s'établissait déjà à près de 350 morts, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fermement condamné "le meurtre de civils désarmés comme un crime contre l'humanité (...) et un défi ouvert au processus de paix au Moyen-Orient." Pyongyang a appelé à un arrêt immédiat des attaques israéliennes.

Le mardi 30 décembre 2008, au quatrième jour des combats menés par l'armée israélienne sur la bande de Gaza, dont le bilan provisoire s'établissait à quelque 350 morts et 1.700 blessés, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a appelé à l'arrêt de ces raids aériens "barbares".  

Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, "la République populaire démocratique de Corée dénonce fermement le meurtre par Israël de civils désarmés comme un crime contre l'humanité, une grave provocation contre les Palestiniens et les autres peuples arabes et un défi ouvert au processus de paix au Moyen-Orient", ajoutant que "Israël doit immédiatement cesser toutes ses actions militaires et répondre positivement à la demande des peuples arabes et des autres peuples du monde d'une solution équitable et complète à la question du Proche-Orient."

Dans son soutien aux mouvements d'indépendance du Tiers Monde, Pyongyang a toujours été solidaire des Palestiniens. Le 7 mai 2002, le délégué général de la RPDC aux Nations-Unies avait ainsi dénoncé la "féroce action militaire" que venait d'entreprendre d'Israël comme une "violation de la souveraineté de la Palestine". La Palestine a également établi une réprésentation diplomatique permanente à Pyongyang. (Source : Kuwait News Agency, KUNA)

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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 01:25

Le vendredi 19 décembre 2008, les derniers soldats sud-coréens qui étaient déployés en Irak sont arrivés à l'aéroport militaire de Seongnam, près de Séoul, marquant ainsi l'accomplissement de leurs mission à l'issue d'un engagement sans faille de Séoul aux côtés des troupes américaines.


De même que la Corée du Sud avait été un des principaux alliés des Etats-Unis au Vietnam, Séoul avait déployé l'un des plus importants contingents militaires aux côtés des troupes américaines en Irak en suscitant, près d'un demi-siècle après la guerre du Vietnam, un mouvement analogue de rejet au sein de l'opinion publique sud-coréenne (ci-contre, manifestation devant le siège du parti Uri, alors au pouvoir, le 23 juin 2004, photo AP/Yonhap, le jour même où le corps décapité d'un otage cvil sud-coréen, Kim Sun-il, était retrouvé par des soldats américains sur la route entre Bagdad et Fallujah).


En 2004, le contingent sud-coréen en Irak a atteint le chiffre maximum de 3.600 soldats, ce qui en a fait a troisième force la plus importante de la coalition, après celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais face à l'opposition constante de l'opinion publique, les effectifs militaires sud-coréens ont été progressivement abaissés (2.300 hommes en février 2007, 1.200 hommes en octobre 2007).


Le débarquement à l'aéroport de Seongnam, le vendredi 19 décembre 2008, des dernières troupes - plusieurs centaines d'hommes - qui étaient encore déployées par Séoul dans le Kurdistan irakien, marque la fin de la mission militaire de Séoul aux côtés de Washington. Le gouvernement irakien ayant demandé que le mandat de l'ONU, qui expire le 31 décembre 2008, ne soit pas renouvelé, seule une minorité des Etats présents en Irak devraient maintenir des troupes dans le pays, suivant des négociations bilatérales avec le gouvernement de Bagdad. (Source principale : Reuters)

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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 19:40

Les six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) participant aux négociations sur le programme nucléaire nord-coréen se sont à nouveau réunis à Pékin. Cette septième session de pourparlers à six s'est achevée sur un désaccord au sujet de la méthode de vérification et du calendrier du démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes. Au delà de cet échec prévisible - en raison des positions opposées des Etats-Unis et de la Corée du Nord et de l'attente de l'entrée en fonctions de l'administration Obama - cette nouvelle session de pourparlers a aussi permis de révéler l'importance d'un pays jusqu'ici plutôt en retrait, la Russie. Cette dernière pourrait bientôt jouer un rôle crucial pour la réussite des pourparlers et, plus généralement, pour la paix en Asie du Nord-Est.

 

L'échec des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen qui ont  eu lieu du 8 au 11 décembre 2008 à Pékin, tient d'abord à l'incapacité des six pays participants de se mettre d'accord sur un protocole de vérification du démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes. Les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) campent sur deux positions radicalement opposées : les Etats-Unis exigent que le processus de vérification soit exposé par écrit, sur la base de l'accord conclu avec la RPDC en octobre 2008 à Pyongyang, et veulent pouvoir prélever des échantillons sur les sites nucléaires nord-coréens ; de son côté, la RPDC affirme que l'accord d'octobre ne mentionne rien de tel et que la demande de pouvoir prélever des échantillons vise seulement à saborder les pourparlers à six  en retardant la fourniture des compensations économiques promises à la RPDC en échange du démantèlement de ses installations. La partie nord-coréenne veut que soient seulement appliquées les trois méthodes de vérification convenues par écrit en juillet dernier - inspections de sites, examen de documents et entretiens avec des techniciens.

Selon les Etats-Unis, le prélèvement d'échantillons a fait l'objet d'un accord verbal entre les négociateurs américains et nord-coréens lors de leur rencontre d'octobre, seulement enregistré dans les notes du secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires de l'Asie de l'Est et chef de la délégation américaine, Christopher Hill. Les accords à six des 13 février et 3 octobre 2007, portant sur le démantèlement des installations nucléaires de Yonbyon - soit la deuxième phase de la mise en oeuvre de la déclaration commune du 19 septembre 2005 - ne mentionnent à aucun moment la collecte d'échantillons.

La RPDC, par l'intermédiaire de l'agence de presse officielle KCNA, juge inacceptable la demande d'un prélèvement d'échantillons. "La RPDC et les Etats-Unis sont toujours techniquement en guerre. Exiger ce qui n'est pas mentionné dans un accord écrit, en faisant fi du niveau de confiance atteint entre les deux parties, est une atteinte à la souveraineté aussi grave que le serait une perquisition à domicile," a précisé l'agence KCNA. 

L'approche adoptée par la Corée du Sud et le Japon lors de cette session de pourparlers semble aussi avoir contribué à leur échec. Les délégations sud-coréenne et japonaise se sont montrées bien plus solidaires que pendant les précédentes sessions de pourparlers à six, suivant toutes les deux une ligne dure à l'égard de Pyongyang au cours des négociations. Le Japon reste focalisé sur la question de ses citoyens enlevés, tandis que la Corée du Sud, à la différence des précédentes sessions de pourparlers, n'a pas tenté de jouer le rôle de "promoteur créatif d'un accord", apte à rapprocher les points de vue de Washington et de Pyongyang.

Kim Sook, chef de la délégation sud-coréenne, a ainsi rappelé aux journalistes que la fourniture d'une assistance économique et énergétique à la Corée du Nord d'ici le mois de mars 2009, prévue par les accords du 13 février et 3 octobre 2007, ne figurait pas dans la déclaration finale de cette session de négociations. Le négociateur en chef sud-coréen n'a pas révélé si son gouvernement arrêterait son aide au Nord. "Il s'agit d'une question sensible sur laquelle je dois avoir des consultations une fois revenu" à Séoul, a déclaré Kim Sook.  Mais, a-t-il précisé, "tout en ne pouvant pas se montrer complètement négatif" au sujet de l'aide, "cela ne signifie pas qu'on peut juste fournir une assistance sans considération pour tout le reste," indiquant ainsi qu'un arrêt de l'aide était possible. Pour leur part, les Etats-Unis ont clairement envisagé de suspendre leurs livraisons énergétiques à la Corée du Nord.

Pour Pyongyang, la question du prélèvement d'échantillons et l'intérêt que les médias y portent ont pour seul objectif d'amener les pays participant aux pourparlers à six à ne pas respecter leurs engagements quant aux compensations économiques accordées à la RPDC pour l'abandon de son programme nucléaire ou, au moins, de justifier le retard pris dans l'application de ces engagements. Or, précise l'agence nord-coréenne KCNA, "c'est le principe 'action pour action' qui maintient en vie le processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne." Certaines parties n'ayant pas respecté ce principe, la RPDC a décidé de ralentir le rythme de déchargement des barres de combustible usager à Yongbyon, une contre-mesure face au retard pris dans la fourniture de l'aide promise.

Kim Sook et Christopher Hill (ici en discussion le 9 décembre à Pékin), ont souligné l'"importance de la Russie". La nouvelle place prise par la Russie à l'occasion de cette réunion est assez exceptionnelle au regard de l'histoire des pourparlers à six jusqu'ici mais est justifiée à plusieurs titres.

 

Premièrement, on s'attend à ce que la Russie joue un rôle important dans la mise au point d'un protocole de vérification et dans sa mise en oeuvre. La Russie est, avec les Etats-Unis, la principale nation détenant l'arme atomique tout en ayant l'expérience du démantèlement de vastes arsenaux nucléaires dans des pays tels que l'Ukraine, le Kazakhstan ou la Biélorussie au cours des années 1990, après l'éclatement de l'Union soviétique. "La Russie est un pays avec une grande expérience en matière de démantèlement nucléaire et de vérification," a ainsi déclaré Christopher Hill. "La Russie a fait part d'opinions constructives qu'elle communiquera à la Corée du Nord." La Russie s'est elle-même montrée très active, ses représentants aux pourparlers rencontrant dès le dimanche 7 décembre ceux de la Corée du Sud et des Etats-Unis, puis ayant le lendemain des discussions approfondies de près de deux heures avec les négociateurs nord-coréens.

 

Deuxièmement, le rôle de la Russie pourrait encore croître avec les discussions concernant l'instauration d'un mécanisme de paix et de sécurité en Asie du Nord-Est. Au cours des négociations du 8 au 11 décembre, la Russie a soulevé la question d'un "avant-projet pour les principes de base d'un mécanisme de sécurité et de paix en Asie du Nord-Est." Les principes fondamentaux exposés par la Russie et destinés à garantir des mesures de sécurité en Asie du Nord-Est ont été accueillis positivement par les autres pays et une réunion devrait avoir lieu en février 2009 à Moscou. La question de la mise au point d'un mécanisme de paix et de sécurité en Asie du Nord-Est est importante car un tel mécanisme servira de base à la tenue de pourparlers à six au niveau des ministres des Affaires étrangères, ce qui en garantira l'efficacité et donnera une nouvelle impulsion pour entrer dans la troisième phase des négociations, celle concernant l'abandon du programme nucléaire nord-coréen.

Il est à noter que, presque au même moment, pendant le
16e Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui s'est tenu à Helsinki les 4 et 5 décembre, la Russie a proposé l'organisation d'un sommet de l'OSCE pour un nouveau traité de sécurité européenne. De fait, l'OSCE a été incapable de prévenir l'agression de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud, malgré la présence d'observateurs sur le terrain depuis les années 1990 et un premier conflit entre Ossètes et Géorgiens à la chute de l'URSS.

En plus de ce plan ambitieux pour la sécurité en Asie du Nord-Est, la Russie, qui porte de grands projets d'infrastructures énergétiques et de transport dans la région, respectera les engagements  pris lors des sessions antérieures des pourparlers à six et livrera l'aide promise à la Corée du Nord, invitant les quatre autres pays concernés à en faire autant.


Le vice-ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation russe aux pourparlers, Alexei Borodavkine, a fait part de sa surprise suite à une déclaration américaine selon laquelle le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Corée du Sud avaient convenu d'un arrêt des livraisons d'énergie à la Corée du Nord jusqu'à ce que des progrès soient accomplis sur la vérification des activités nucléaires de Pyongyang. "Il n'y aura plus de livraison de fioul en l'absence d'un régime de vérification," a ainsi déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack. 
 

A cette déclaration intempestive, Borodavkine a répondu espérer que "toutes les parties aux pourparlers respecteront les accords existants", et que, en retour, Pyongyang abandonnera son complexe nucléaire de Yongbyon. "La déclaration du département d'Etat américain suite aux pourparlers à six de Pékin nous a surpris," a continué le vice-ministre russe, ajoutant que la délégation russe n'a jamais voulu suspendre l'aide énergétique promise.   

La Russie livrera donc à la RPDC un troisième lot de 50.000 tonnes de fioul en décembre, et finira de livrer son quota de 200.000 tonnes dans un futur proche. (sources : Hankyoreh, KCNA, RIA-Novosti, Voice of America)


 Les routes du pétrole et du gaz russes (source :  Philippe Rekacewicz, Cartographier le présent, 2007)

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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 12:53

Il y a quatre ans, lors de la mort du président palestinien Yasser Arafat le 11 novembre 2004, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait décrété trois jours de deuil national. L'AAFC a souhaité rappeler les liens de solidarité entre la RPDC et la Palestine, tissés dans le combat commun des peuples coréen et palestinien pour la souveraineté et l'indépendance de leur nation.

Des situations comparables dans le combat pour l'indépendance nationale

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a une longue tradition de soutien aux mouvements d'indépendance du Tiers-Monde. Dans ce cadre, les liens privilégiés noués avec la résistance palestinienne rendent compte de situations nationales présentant des points communs à plus d'un égard :

- tandis que les Palestiniens combattent toujours pour l'établissement d'un Etat souverain de plein exercice, la nation coréenne reste divisée en deux Etats, dont l'un - la République de Corée, au Sud -  abrite encore près de 30.000 soldats américains, plus d'un demi-siècle après la fin de la guerre de Corée ;

- alors qu'un mur de béton a été érigé par les Américains au sud de la Corée, le long de la zone démilitarisée (DMZ), les Israéliens ont construit en Cisjordanie une "clôture de sécurité" tout au long d'un tracé de près de 700 km ;

- enfin, les sanctions internationales auxquelles reste soumise la RPD de Corée, et dont le peuple coréen est la première victime, ne sont pas sans rappeler les nombreuses restrictions imposées aux populations palestiniennes, en termes de liberté de communication, d'expression de leurs droits politiques ou d'exercice de leurs activités économiques.


Dans ce contexte, la RPDC et la Palestine ont établi de longue date des relations de soutien mutuel. 

Des liens d'amitié entre les présidents Kim Il-sung et Yasser Arafat

Les relations palestino-nord-coréennes ont été fondées notamment sur des relations d'amitié personnelles entre le président de la République populaire démocratique de Corée Kim Il-sung et le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.

Yasser Arafat a visité six fois la RPDC entre 1981 et 1993, en ayant été honoré du titre de héros de la RPDC lors de son premier séjour.

Après le décès du Président Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, la RPDC a décrété un deuil national de trois jours, du 15 au 17 novembre. Dans son message de condoléances adressé à M.Rawhi Fatouh, porte-parole du conseil général de l'Autorité palestienne, M. Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPDC, a déclaré notamment :

"SE Yasser Arafat fut un politicien majeur qui a dirigé la révolution palestinienne pendant près de 40 ans et un dirigeant éminent qui a apporté une contribution remarquable à la noble cause de la création de l’Etat indépendant de Palestine et au triomphe des droits légitimes du peuple palestinien.

Il était un ami proche du peuple coréen et n’avait pas ménagé ses efforts pour développer des relations amicales et une coopération entre les peuples de RPDC et de Palestine".

Une ambassade permanente de la Palestine en RPDC

La Palestine a établi une ambassade permanente à Pyongyang, laquelle s'associe notamment aux fêtes nationales de la RPDC. Ainsi, une
réception a été donnée le 4 septembre 2008 à l'occasion du 60ème anniversaire de la fondation de la RPDC par l'ambassadeur palestinien en RPD de Corée, M. Mohammad Shahta Zarab, à laquelle ont notamment participé M. Pak Ui-chun, ministre des affaires étrangères de RPDC, et M. Kim Pyong-phal, président du Comité central de la Fédération générale des syndicats de Corée.

Les deux principales organisations marxistes en Palestine, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la Libération de la Palestine (FDLP), ont participé à des réunions internationales des mouvements communistes ayant adopté des résolutions en faveur de la réunification indépendante et pacifique de la Corée.

La solidarité de Pyongyang avec le peuple palestinien

Pour sa part, la RPDC célèbre chaque année la Journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien.

Lla RPDC suit avec attention le développement de la situation au Proche-Orient, en soutenant de manière continue les efforts visant à l'établissement d'une paix durable dans cette région du monde, sur la base d'un Etat Palestinien souverain. Ainsi,
le 7 mai 2002, à l'Assemblée générale des Nations-Unies, le délégué général de la RPDC a dénoncé la récente et "féroce action militaire" que venait d'entreprendre d'Israël comme une "violation de la souveraineté de la Palestine", en plaidant pour le "retrait des forces d'agression des territoires autonomes palestiniens" et "l'engagement de négociations de paix avec la partie palestinienne".

De même, après les affrontements entre le Fatah et le Hamas,
le ministère des affaires étrangères de RPDC s'est félicité en mars 2007 de la formation d'un gouvernement d'union nationale, en réitérant le droit "légitime" du peuple palestinien à "fonder un Etat indépendant dans l'unité et la coopération". (Sources : AAFC, KCNA, message de condoléances du président Kim Yong-nam traduit en français sur le site de l'association d'amitié belgo-coréenne Korea-is-One). 

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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /2008 23:37

Et si la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) constituait un test pour la définition d'une politique étrangère commune de l'Union européenne ? L'attitude non constructive du Japon dans les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne a ouvert la possibilité que l'Australie, ou l'Union européenne (UE), remplace le Japon dans la fourniture d'énergie à la RPDC, rendant ainsi crédible une plus grande implication politique de l'UE en Corée.

L'accord de Pékin, conclu le 13 février 2007 lors des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Japon), prévoyait la livraison d'énergie à la RPDC par les cinq autres parties, en contrepartie de la désactivation de ses installations nucléaires militaires par Pyongyang. Plus d'un an et demi plus tard, le Japon reste la seule partie à n'avoir honoré aucun de ses engagements, en arguant de la non-résolution de la question de ses ressortissants enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980. La RPDC a ainsi demandé que le Japon ne soit plus partie aux négociations. Il a donc été envisagé que d'autres pays, à savoir l'Union européenne ou l'Australie, suppléent le Japon dans la livraison d'énergie, voire à terme comme partie aux négociations.

Pour l'Union européenne, la question nucléaire nord-coréenne pourrait constituer un excellent test de la définition d'une politique étrangère commune : contrairement aux autres pays engagés dans les négociations à six, l'UE n'a pas de passé colonial dans cette partie du monde, et elle n'a pas non plus participé en tant que telle à la guerre de Corée (1950-1953). Comme elle n'est pas davantage l'une des grandes puissances frontalières de la Corée qui ont essayé de peser sur le destin de la péninsule, elle pourrait constituer un acteur plus désintéressé, essentiellement soucieux de parvenir à un règlement politique.

L'Union européenne est déjà présente en Corée du Nord, mais aujourd'hui dans le seul domaine humanitaire. Les ONG des pays européens agissent d'ailleurs, depuis 2005, dans le cadre institutionnel de l'Union européenne. Certes, de 2001 à 2003, l'Union européenne avait également engagé un dialogue sur les droits de l'homme avec Pyongyang qui avait permis d'engranger quelques résultats à l'actif de la diplomatie européenne, mais le choix depuis 2003 d'une politique de simple condamnation de la Corée du Nord a discrédité l'UE comme acteur pouvant peser sur les choix de Pyongyang.

L'Allemagne est d'ores et déjà un des principaux partenaires commerciaux de la RPDC. Mais les dissensions internes à l'Union européenne restent un facteur décisif de blocage. Au sein de l'UE,
la France est le seul pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec Pyongyang, et à Bruxelles Paris est le principal avocat du refus de toute main tendue à la Corée du Nord. Si la visite du vice-ministre nord-coréen des affaires étrangères en Europe, en mai 2008, avait montré un certain assouplissement des positions des représentants de la France au sein des institutions européennes, la présidence française de l'Union européenne, du 1er juillet au 31 décembre 2008, semble depuis devoir bloquer toute avancée, dans l'attente que la République tchèque préside l'UE à compter du 1er janvier 2009. 

Bien que l'attitude de Tokyo ouvre une opportunité d'exister pour l'UE sur la scène diplomatique coréenne, une nouvelle occasion semble ainsi d'ores et déjà perdue  : alors que
l'Australie a déjà fait savoir qu'elle était prête à remplacer le Japon dans les livraisons de pétrole à la RPDC, on attend toujours une déclaration du président de la République française Nicolas Sarkozy ou du ministère français des Affaires étrangères. 

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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 16:00

Le 11 octobre 2008, les Etats-Unis ont décidé de retirer la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de leur "liste des Etats soutenant le terrorisme" et la RPDC a repris le processus de désactivation de ses installations nucléaires. Les pourparlers à six pays (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen semblent donc repartis sur de bonnes bases. Mais la décision américaine a aussi provoqué la colère du gouvernement japonais qui entend se servir de ces pourparlers pour régler l'affaire de l'enlèvement de citoyens japonais par des agents nord-coréens au cours des années 1970 et 1980. En avançant des exigences "hors sujet" dans le contexte de négociations sur le nucléaire, le Japon prend le risque d'un nouveau blocage du délicat processus des pourparlers à six tout en semblant ignorer ses propres responsabilités historiques dans la péninsule coréenne.

 

Le 30 septembre 2008, le ministre japonais des Affaires étrangères, Hirofumi Nakasone, a annoncé la prolongation de six mois des sanctions économiques prises par le Japon contre la RPD de Corée. Imposées pour la première fois en octobre 2006 suite à l’essai nucléaire nord-coréen, ces sanctions interdisent notamment l'importation des produits nord-coréens, l'entrée des navires nord-coréens dans les ports du Japon et l’accès du territoire japonais aux citoyens nord-coréens. Depuis 2006, ces sanctions ont été reconduites tous les six mois. Nakasone a justifié cette nouvelle reconduction par le fait que la RPDC était en train de préparer le redémarrage de ses installations nucléaires et refusait d'enquêter sur le dossier de seize citoyens japonais enlevés dans les années 1970 et 1980 par les services de renseignement de la RPDC afin de servir d'instructeurs de langue japonaise ou de fournir de fausses identités aux agents nord-coréens.

Mais, depuis la décision japonaise de prolonger les sanctions, les Etats-Unis ont annoncé, le 11 octobre, le retrait de la RPDC de leur "liste des Etats soutenant le terrorisme". Le retrait de la Corée du Nord de la liste noire américaine est une avancée essentielle vers l'amélioration des relations entre la RPDC et les Etats-Unis, car il constitue un préalable à la fin de l'application de la "Loi sur le commerce avec les pays ennemis", à la levée de l'embargo, à la transformation de l'armistice de 1953 en un véritable traité de paix et à l'établissement de relations diplomatiques complètes entres les deux pays. Compte tenu de ce réel progrès, la RPDC a repris le processus de désactivation de ses installations nucléaires.

 

Il ne reste donc plus au Japon que l'argument de l'enlèvement de seize de ses citoyens par des agents nord-coréens, un argument suffisant aux yeux du gouvernement japonais pour maintenir les sanctions à l'encontre de la RPDC mais aussi ne pas respecter les engagements pris lors des pourparlers à six. En effet, les accords signés par les six pays les 13 février et 3 octobre 2007 [1] prévoient la fourniture d'une aide énergétique d'un million de tonnes de fioul à la RPDC au titre des compensations économiques pour l'abandon de ses programmes nucléaires. Mais le Japon, qui devait à l'origine assurer la livraison de 200.000 tonnes de fioul, demande d’abord le règlement du dossier des enlèvements. Les autres pays négociant avec la RPDC semblent même résignés à chercher l'assistance d’un autre partenaire que le Japon (peut être l'Australie ou l'Union européenne). 

 

La RPDC accuse donc le Japon de vouloir perturber, voire "torpiller", les pourparlers à six, le journal nord-coréen Rodong Sinmun rappelant que ces pourparlers ne constituent pas une plate-forme de discussion sur la "question des enlèvements" mais sont  bien destinés à trouver une solution à la question du nucléaire dans la péninsule coréenne.

Dès septembre 2002, à l'issue d'un sommet entre le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi et le dirigeant coréen Kim Jong-il, la RPDC a reconnu l'enlèvement de treize citoyens japonais, un acte pour lequel ce pays a présenté des excuses officielles et promis de punir les coupables. Cinq citoyens japonais enlevés purent retourner au Japon, les huit autres étant décédés. Toutes les enquêtes et les rencontres entre représentants japonais et nord-coréens n'ont pas permis de retrouver la trace d'autres "enlevés".

   

L'enlèvement de citoyens innocents d'un pays par les agents d'un autre pays est parfaitement condamnable et la République populaire démocratique de Corée a présenté des excuses officielles pour cela. Mais depuis près de 500 ans, et spécialement au siècle dernier, les Coréens ont eux-mêmes eu à souffrir de crimes d'une tout autre ampleur perpétrés par les Japonais, sans recevoir la moindre excuse de la part de ces derniers :

En 1592, en l'absence de toute provocation, le Japon, fort d'une armée de 300.000 hommes, envahit la Corée, dévastant la péninsule. Une force navale coréenne, avec à sa tête l'amiral Yi Sun-sin,  parvint à détruire la marine japonaise mais, en 1597, les Japonais revinrent avec la même férocité. Une fois encore, ils furent chassés par l'amiral Yi mais enlevèrent aussi plus de 7.000 civils coréens réduits en esclavage au Japon.

En 1910, le Japon annexa officiellement la péninsule coréenne, début d'un pouvoir colonial qui ne prit fin qu'en 1945. Le 1er mars 1919, des Coréens manifestèrent pacifiquement pour réclamer leur indépendance. Ce mouvement fut impitoyement réprimé par les forces d'occupation japonaises qui tuèrent 7.500 Coréens

Le 1er septembre 1923, Tokyo fut ravagé par un grave séisme. Une rumeur se répandit parmi les Japonais, accusant les résidents coréens d'être à l'origine de pillages et d'incendies. Il s'ensuivit de nombreux massacres de Coréens.  Selon les estimations officielles des autorités japonaises, plus de 6.000 Coréens furent assassinés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un nombre incalculable de jeunes Coréens furent contraints de travailler dans les usines d'armement, les mines et les chantiers navals du Japon. Après la guerre, beaucoup retournèrent en Corée sans aucune aide du gouvernement japonais. La plupart des Coréens résidant actuellement au Japon sont d'ailleurs les descendants de ces travailleurs forcés et subissent des 
discriminations.
 
 

L'histoire la plus terrible concerne les 200.000 "femmes de réconfort", un euphémisme désignant les Coréennes arrachées à leur pays pour servir d'esclaves sexuelles aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale. Les quelques survivantes peuvent témoigner de ce que les autorités japonaises cherchent encore à nier.

   

En insistant sur la "question des enlèvements" de seize citoyens japonais par des agents nord-coréens, le gouvernement japonais a voulu faire pression sur l'administration et le Congrès des Etats-Unis pour qu'ils ne retirent pas la RPDC de leur "liste des Etats soutenant le terrorisme", au risque de bloquer des négociations vitales pour la paix en Asie du Nord-Est. Mais, au regard de l'histoire, quel pays est le plus terrifiant ? (sources : KBS, KCNA, Korean American National Coordinating Council)


[1] Le 13 février 2007, aux termes de l'accord intervenu à Pékin à l'issue de négociations à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen, la Corée du Nord s'est engagée à désactiver son programme nucléaire en échange d'une aide énergétique et alimentaire et de garanties de sécurité par les Etats-Unis.
Le 3 octobre 2007, un nouvel accord a été signé par les gouvernements des six pays, concernant le processus de démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes : la Corée du Nord acceptait de démanteler ses trois principales installations nucléaires à Yongbyon avant le 31 décembre 2007, sous la supervision d'un groupe d'experts. Elle s'engageait dans le même temps à donner la liste complète de ses programmes nucléaires en échange d'une aide énergétique équivalente à un million de tonnes de fioul lourd.

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Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /2008 22:49
Le jeudi 24 juillet 2008, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a signé à Singapour un traité de non-agression avec ses pays voisins de l'Asie du Sud-Est en marge du Forum régional de l'ASEAN.

Lors de la cérémonie de signature, le ministre des Affaires  étrangères de la RPDC, Pak Ui-chun, et ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) ont signé le Traité d'Amitié et de Coopération dans l'Asie du Sud-Est (TAC). Le traité a ensuité été présenté au ministre singapourien des Affaires  étrangères, George Yeo, président exécutif de l'ASEAN.



La RPDC est ainsi devenue le 15ème pays non membre de l'ASEAN à accéder au TAC, conclu le 24 février 1976 en Indonésie pour instituer des règles de comportement et encourager la résolution pacifique des conflits régionaux.


Singapour, qui assume la présidence de l'ASEAN, a exprimé  l'accueil chaleureux de l'ASEAN envers la décision de la RPDC, indiquant croire que l'adhésion de la RPDC au TAC renforcera les relations entre l'ASEAN et la RPDC et aidera  également à promouvoir la paix, la sécurité et la coopération dans la région.


Outre les dix Etats membres de l'ASEAN -- Brunei, Cambodge,  Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam -- le traité de  non-agression a également été adopté par la Chine, le Japon, la  Corée du Sud, la Russie, la France (en 2007), l'Australie, l'Inde, le  Pakistan, le Timor-Oriental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la  Nouvelle-Zélande, la Mongolie, le Bangladesh et le Sri Lanka. (source : Xinhua)


Traduction française du Traité d'amitié et de coopération dans l'Asie du Sud-Est (sur le site de l'Organisation des Nations Unies)

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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /2008 15:14

Suite à la décision du gouvernement japonais de mentionner, dans les manuels scolaires, que feraient partie de son territoire les îles Dokdo, dont Tokyo conteste la souveraineté coréenne, Séoul a décidé de rappeler son ambassadeur au Japon.

Dès son investiture, le président sud-coréen Lee Myung-bak avait opéré un rapprochement spectaculaire vis-à-vis du Japon, avant de se rendre à Tokyo et d'inviter en Corée l'empereur du Japon. Mais la question de la souveraineté des îles Dokdo vient de rappeler les contentieux toujours latents entre les deux Etats.

Dans le cadre des instructions gouvernementales sur les programmes scolaires, déjà empreintes d'un révisionnisme justifiant le militarisme nippon pendant la Seconde Guerre mondiale, Tokyo a informé Séoul que les programmes scolaires devraient désormais présenter les îles Dokdo (en japonais, Takeshima ; nom international, rochers de Liancourt) comme faisant partie du territoire nippon. La Corée du Sud a réagi en rappelant son ambassadeur au Japon.

Inhabitées mais représentant un enjeu pour la délimitation des zones économiques exclusives et les droits sur la pêche en mer, les îles Dokdo sont depuis 1954 sous le contrôle des garde-côtes sud-coréens. Les revendications japonaises sont récentes : c'est en 1905 que Tokyo, dans sa conquête de l'Asie, prend le contrôle des îles, qui ont ainsi été le premier territoire coréen à être annexe par le Japon à l'aube de la brutale colonisation du Pays du matin calme (1910-1945), durant laquelle les Japonais nièrent l'identité nationale coréenne en interdisant l'usage du coréen et en rendant obligatoire l'adoption de noms japonais.

Conformément à la déclaration de Postdam du 26 juin 1945, la souveraineté japonaise a été limitée aux "îles de Honshu, Hokkaido, Kyushu, Shikoku et d'autres petites îles que nous [les Alliés] désignerons". Puis les directives du Commandement Suprême Allié, du 29 janvier 1946, ont explicitement exclu les îles Dokdo du territoire japonais. Mais celles-ci n'ont pas été mentionnées dans le traité de paix signé par le Japon en 1951 : bien que cette omission ne remette pas en cause les textes antérieurs, elle a été utilisée par le Japon pour appuyer sa revendication territoriale des îles Dokdo.

Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée considère que les îles appartiennent à la nation coréenne, et elle rejette fermement les demandes du Japon.

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Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /2008 22:30

En déplacement dans son pays, pour la première fois depuis sa prise de fonctions comme secrétaire général des Nations-Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon doit principalement discuter à Séoul du changement climatique, ainsi que de la coopération entre la Corée du Sud et l'ONU. La veille, Ban Ki-moon avait déclaré, à Tokyo, envisager un déplacement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), mais à une date restant à déterminer.

Depuis son accession au poste de secrétaire général des Nations-Unies en janvier 2007, le Sud-Coréen Ban Ki-moon n'avait pas encore effectué de visite officielle dans son pays natal. C'est désormais chose faite, depuis son arrivée à Séoul le jeudi 3 juillet 2008, dans le cadre d'une tournée en Asie du Nord-Est qui le conduit également à Tokyo et à Pékin.

Avant de repartir au Japon le 7 juillet 2008 pour le sommet du G8, Ban Ki-moon doit rencontrer le président Lee Myun-bak, le Premier ministre Han Seung-soo et le ministre des affaires étrangères Yoo Myung-hwan.

Cette visite intervient alors que se poursuivent les mouvements de contestation contre la décision du président Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain : après la mobilisation des églises, l'opposition s'est solidarisée du mouvement en décidant de boycotter la session parlementaire. La veille, le 2 juillet, pour exprimer sa conviction quant à l'absence de risque sanitaire, le Premier ministre Han Seung-soo, avait imité le ministre britannique de l'agriculture, M. John Gummer, en 1990, en décidant d'acheter 12 kg de viande de boeuf américaine qu'il entend manger avec sa famille dans sa résidence officielle.

Le déplacement de Ban Ki-moon à Séoul doit notamment traiter du changement climatique, alors que les annonces du président Lee Myung-bak concernant la limitation des émissions de dioxyde de carbone sont pour l'heure restées lettre morte. Un autre  thème de discussions sera la coopération entre l'Organisation des Nations-Unies et la Corée du Sud, devenue un des principaux fournisseurs de casques bleus dans le cadre des opérations de maintien de la paix. Le lundi 7 juillet, le secrétaire général des Nations-Unies doit d'ailleurs rencontrer les soldats sud-coréens sur le départ pour participer à la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (FINUL).

Une des principales incertitudes concerne le rôle que peut jouer Ban Ki-moon pour résoudre le contentieux nucléaire, et contribuer à la stabilité et à la paix dans la péninsule coréenne. Tout en ayant salué la décision de Pyongyang de détruire la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, le secrétaire général des Nations-Unies vient d'exhorter le Japon à participer à l'aide humanitaire en faveur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où le Programme alimentaire mondial a tiré la sonnette d'alarme sur la gravité de la situation alimentaire. Le 30 juin 2008, le PAM a annoncé qu'il allait étendre son assistance à 5 millions de personnes, soit plus du cinquième de la population nord-coréenne.

Dans ce contexte, Ban Ki-moon a déclaré à la presse à Tokyo, le 2 juillet, qu' "une visite à Pyongyang figurait dans son ordre du jour", mais qu'il fallait encore travailler sur les dates d'un tel déplacement, tout en ajoutant que les Nord-Coréens "lui ont dit qu'ils l'accueilleraient à tout moment".

Selon l'AAFC, les dossiers humanitaire et politique doivent être clairement dissociés si l'on veut réaliser de nouveaux progrès sur la voie de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), attendue d'une semaine à l'autre, crée un contexte favorable. Toutefois, si l'ONU veut jouer un rôle politique plus actif sur la scène coréenne, il faudra que le secrétaire général des Nations-Unies trouve sa place, en définissant sa position et ses objectifs propres, dans des négociations qui impliquent d'abord aujourd'hui les grandes puissances et les deux Corée. Par ailleurs, il devra gagner la confiance des Nord-Coréens en se défaisant d'une image d'opportunisme, qui l'avait fait surnommer dans son propre pays "l'anguille", en raison de sa capacité à s'adapter à tous les changements de régime intervenus en Corée du Sud depuis trente ans. (Sources : KBS Radio, The Financial Times, AAFC)

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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 18:38

Alors que la Commission européenne accélère les négociations pour la conclusion, d'ici la fin de l'année 2008, d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Corée du Sud, la centrale syndicale sud-coréenne KCTU met en garde contre les conséquences d'un tel traité sur les services publics en Corée, en particulier dans le domaine de l'eau.

Les Coréens ont manifesté par centaines de milliers contre la décision du président Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain, décision qu'il avait prise unilatéralement lors de son accueil à Washington comme gage de sa volonté d'une application maximaliste de l'accord de libre-échange (free trade agreement, FTA) avec les Etats-Unis, signé mais pas encore approuvé par les parlementaires des deux pays. 

Toujours sourde aux protestations de l'opinion publique, l'administration Lee Myung-bak accélère les négociations pour la conclusion d'un autre accord de libre-échange, cette fois avec l'Union européenne (UE). Un objectif partagé par les représentants de l'UE : présent à Jeju pour la huitième rencontre des ministres de l'économie du forum ASEM (regroupant 45 Etats d'Asie, d'Europe et d'Amérique), le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia a déclaré, dans un entretien donné le 15 juin 2008 au quotidien sud-coréen de langue anglaise The Korea Times, que l'Union européenne visait la conclusion d'un accord de libre-échange avec la Corée du Sud d'ici la fin de l'année 2008.

Une perspective qui a soulevé une levée de boucliers de la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), la centrale syndicale née des combats sociaux contre l'ancien régime militaire sud-coréen : des services publics comme l'éducation, la santé, l'électricité, le gaz et l'approvisionnement en eau seraient ainsi livrés à la concurrence.

La KCTU observe que, la plupart des majors de l'eau étant européennes, l'ouverture législative récente du marché sud-coréen de l'eau au capital privé menace directement ce service public. La KCTU rappelle les conséquences catastrophiques de la libéralisation des services de distribution d'eau en Bolivie, où les prix ont été multipliés entre 10 et 20, en Afrique du Sud, où des millions de personnes n'ont plus accès à l'eau potable et où 300 personnes sont mortes de choléra, aux Philippines, où la plupart des ménages n'ont accès à l'eau que quatre heures par jour, tandis que les cas de choléra se sont aussi multipliés.

Malgré un appel de la KCTU, du 30 avril 2008, à reconsidérer l'ouverture des négociations sur la conclusion d'un accord de libre-échange entre la Corée du Sud et l'Union européenne, les discussions ont commencé en mai, en vue d'être conclues dans moins de huit mois.

Dans ce contexte, l'AAFC rappelle un certain modèle français du service public : elle espère donc que le prochain sommet entre l'Union européenne et la Corée du Sud, qui se tiendra à Séoul le 25 octobre 2008, pendant la présidence française de l'Union européenne (du 1er juillet au 31 décembre 2008), sera l'occasion de rappeler que la défense des services publics en France s'etend à la défense de ces mêmes services publics dans les pays qui sont nos partenaires commerciaux. (Sources : The Korea Times, KCTU, AAFC)

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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 15:44

La réunion des ministres des affaires étrangères des huits pays les plus industrialisés (G8), ce jeudi 26 juin 2008, au Japon, devrait être dominée par la question du programme nucléaire nord-coréen, alors qu'une remise par Pyongyang de la liste de ses activités nucléaires est attendue le même jour.

Les ministres des affaires étrangères du G8 (ci-contre, les chefs d'Etat du G8 le 7 juin 2007) se réunissent au Japon, le jeudi 26 juin 2008 : la mise en oeuvre de l'accord de Pékin à six parties (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), signé le 13 février 2007, sur le programme nucléaire nord-coréen, sera l'un des principaux points de l'ordre du jour.

La réunion des ministres des affaires étrangères précèdera le sommet au niveau des chefs d'Etat des 8 pays (Etats-Unis, Russie, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada), qui se tiendra à Toyako (Japon) du 7 au 9 juillet, durant lequel Tokyo compte réaborder la question des citoyens japonais enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980.

Conformément au principe de négociation "action contre action"
, Pyongyang devrait remettre, le même jour, une déclaration complète de ses activités nucléaires ; en contrepartie, et selon certains sources dès le 26 juin 2008, le Congrès américain se verrait proposer de retirer la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de la liste des Etats soutenant le terrorisme, bien que Tokyo souhaite préalablement un règlement de la question des enlèvements. Un nouveau cycle de négociations à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne pourrait alors s'ouvrir.

Par ailleurs, Pyongyang a proposé que les médias des Etats parties aux discussions à six couvrent la destruction de la tour de refroidissement du réacteur nucléaire nord-coréen de Yongbyon. (Sources : AFP, Reuters)

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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /2008 12:44

A la veille du second tour, le 27 juin 2008, d’une élection présidentielle au Zimbabwe âprement disputée, entre le père de l’indépendance Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, et le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, l’AAFC a souhaité revenir sur une alliance ancienne de trente ans entre le Zimbabwe et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

«Tout au Zimbabwe est associé aux exploits du président Kim Il-sung» : c’est en ces termes que le président du Zimbabwe, Robert Mugabe (ici à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le 26 septembre 2007), a accueilli le nouvel ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en avril 2007. De fait, les idées du Juche développées par le président Kim Il-sung sont explicitement considérées comme un modèle par l’Union nationale africaine du Zimbabwe–Front patriotique (Zimbabwe African National Union–Patriotic Front, ZANU-PF), au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, après sa guerre de libération victorieuse contre le régime d’apartheid qui avait prévalu jusqu’alors dans l’ancienne Rhodésie du Sud.

 

La proximité politique et idéologique entre la ZANU-PF et le Parti du travail de Corée s’est en effet nouée pendant les combats de la libération, suite notamment au voyage de Robert Mugabe à Pyongyang en 1978, alors que la RPDC a été l’un des soutiens politiques et militaires les plus actifs aux mouvements de décolonisation du Tiers-Monde. Tandis que la rivale de la guérilla de la ZANU (l’actuelle ZANU-PF), l’Union populaire africaine du Zimbabwe (Zimbabwe African People's Union, ZAPU), avait pour principaux alliés le Congrès national africain (African National Congress, ANC) de l’Afrique du Sud, l’Union soviétique et les démocraties populaires d’Europe de l’Est, la ZANU s’était rapprochée, pour sa part, de la Chine et de la Corée du Nord, afin de combiner les principes du socialisme et de l’indépendance nationale. Les liens militaires se poursuivront après l’indépendance du Zimbabwe, la RPDC ayant alors envoyé des experts militaires à Harare pour former l’armée du nouvel Etat.

 

Lors de sa première visite officielle à Pyongyang, en octobre 1980, au lendemain de l’indépendance, Robert Mugabe a souligné le modèle que constituait la RPDC, et spécialement le Parti du travail de Corée, pour l’édification du nouvel Etat :


«Il n’y a pas de doute que l’instrument politique de base pour la formulation de nos buts politiques, sociaux et économiques et l’identification des moyens adaptés à leur réalisation est le Parti du travail de Corée » en reprenant l’idée de base du Juche, selon laquelle « les peuples sont réellement les maîtres de leur destin dans l’exercice de leur souveraineté

 

Toujours à Pyongyang, le président Robert Mugabe a précisé que, dans cette perspective, la consolidation de l’indépendance nationale du Zimbabwe était indissociable de la lutte mondiale anti-impérialiste, et qu’elle supposait des liens de fraternité avec la RPDC :


«La lutte anti-impérialiste et anti-coloniale doit continuer dans la région pour se débarrasser des forces impérialistes qui demeurent dans les pays du Sud. Toutefois nous devons maintenant, en ce qui nous concerne, utiliser notre indépendance comme un instrument pour atteindre les buts économiques de notre révolution… C’est dans la poursuite de cet objectif que nous désirons voir se consolider notre amitié et notre alliance

 

Dans son discours adressé le 7 octobre 1985 à l’Assemblée générale des Nations-Unies qui a développé le soutien du Zimbabwe aux mouvements d’indépendance nationale, Robert Mugabe a non seulement dénoncé les présences militaires étrangères à Grenade, au Salvador, au Liban, en Afghanistan, au Kampuchea, à Mayotte, au Timor Oriental, au Tchad et au Sahara occidental, mais également plaidé pour la réunification de la péninsule coréenne et le départ des troupes américaines du sud de la Corée.

 

Après la mort du président Kim Il-sung, le 8 juillet 1994, un comité pour honorer sa mémoire a été créé à Harare, dirigé par le vice-président du Zimbabwe, Joseph Msika, témoignant ainsi de l’inscription dans la durée des relations entre le Zimbabwe et la RPD de Corée, bien après l’indépendance de l’ex-Rhodésie du Sud.

 

Les liens noués entre la RPDC et le Zimbabwe ont aussi eu des conséquences indirectes sur leurs relations avec des pays tiers : par exemple, l’exposition – remarquée –  d’art contemporain nord-coréen, à Londres en 2007, est née d’une rencontre à Harare entre l’organisateur de l’exposition, David Heather, et le peintre nord-coréen Pak Hyo-song.

 

David Heather (2ème) entouré des artistes nord-coréens Kim Song-min, Pak Hyo-song et Son U-yong.


En guise de conclusion, l’AAFC observe que le Zimbabwe et la Corée du Nord ont été l’un et l’autre confrontés à une radicalisation des courants d’opinion hostiles dans certains pays occidentaux, depuis les années 1990. Alors qu’en février 1981, François Mitterrand, alors candidat à l’élection présidentielle, choisissait la Corée de Kim Il-sung pour renforcer sa stature internationale en louant la personnalité du leader nord-coréen, vingt-cinq ans plus tard, le président vénézuelien Hugo Chavez renonçait à son étape nord-coréenne lors d’une tournée internationale, malgré le renforcement des liens bilatéraux avec la Corée du Nord, car en butte aux critiques acerbes des néo-conservateurs américains. De même, alors que le Zimbabwe de Robert Mugabe était fréquemment regardé en Occident, dans les années 1980, comme un modèle de paix sociale et de développement économique réussi dont pourrait s’inspirer l’Afrique du Sud libérée de l’apartheid, les puissances occidentales, au premier rang desquelles les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dénoncent ouvertement l’actuel gouvernement zimbabwéen, qui a entrepris une réforme agraire différée dans les années 1980.

 

Principale référence : Richard Schwartz, Coming to terms : Zimbabwe in the international area, I. B. Tauris, Londres et New York, 2001. ISBN 1 86064 647 6.

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