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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 22:18

Mois après mois, l'agence de presse sud-coréenne Yonhap rend désormais compte des statistiques relatives au nombre de naissances et à l'indice synthétique de fécondité (ISF) - en chute continue, faisant de la République de Corée un des pays où l'ISF est parmi les plus bas au monde (seuls Singapour, Macao, Taïwan et Hong Kong affichent des niveaux d'ISF plus bas). L'attention des médias sur la dénatalité traduit ce qui est désormais une préoccupation publique majeure, exigeant davantage que des politiques de subventions publiques pour changer les comportements dans une société restée fondamentalement machiste.

L'inquiétant effondrement de la natalité en Corée du Sud

En 2017, selon les statistiques nationales 357 800 bébés sont nés en Corée du Sud - soit une très forte baisse (de 48 500 naissances, soit 11,9 %) par rapport à 2016, et la plus importante depuis 2002, faisant passer le nombre de naissances annuelles sous le seuil de 400 000. L'indice synthétique de fécondité (c'est-à-dire le nombre d'enfants par femme) s'est élevé à 1,05 (contre 1,25 en 2015 et 1,17 en 2016), très en-dessous du seuil de 2,05 à 2,10 pour assurer le renouvellement des générations.

Toujours en 2017, les femmes étaient âgées en moyenne de 32,6 ans lors de la naissance de la premier enfant (contre 32,4 ans en 2016).

Cette tendance s'est poursuivie, à peine ralentie, au cours des six premiers mois de l'année 2018, avec une diminution du nombre de naissance de 8,8 % par rapport au premier semestre de l'année 2017. L'ISF devrait ainsi passer sous la barre des 1 en 2018, soit un niveau qui n'était traditionnellement observé qu'en période de guerre ou de famine.

Pour enrayer cette évolution le gouvernement a mis en place des politiques de primes à la naissance (un peu plus de 7 milliards d'euros par an depuis 2006), dont l'efficacité est mise en cause face à la pesanteur des comportements sociaux : il est fréquent que les femmes qui travaillent soient mises à la porte quand elles demandent un congé maternité. Dans une société fortement patriarcale qui manquent de structures d'accueil pour la petite enfance, où les tâches domestiques restent assumées à près de 80 % par les femmes et où le coût de l'éducation scolaire est parmi les plus élevés de l'OCDE, des faits divers dramatiques ont souligné que la dénatalité n'était pas seulement une question de moindre compétitivité économique et de charges sociales accrues pour l'ensemble de la société : la mort d'épuisement d'une mère de trois enfants âgée de 34 ans, qui avait réussi un difficile concours d'entrée dans la fonction publique, avait choqué. A son retour de congé maternité, elle avait multiplié les journées de travail de 12 heures, week-end compris - elle était retournée travailler le dimanche à 5 heures du matin.

Beaucoup de femmes sud-coréennes ont fait un choix radical : pas de mariage, pas de vie de couple, pas d'enfants - et embrasser une carrière professionnelle plutôt que d'être des machines à faire des enfants.

Sources :

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