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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 17:27

Journaliste, écrivain et réalisateur, ancien résistant et directeur de la revue Les Temps Modernes de 1986 jusqu'à sa mort, Claude Lanzmann s'est éteint à Paris le 5 juillet 2018, à l'âge de 92 ans. L'auteur de Shoah et de Tsahal avait eu d'autres engagements, moins médiatisés : son avant-dernier film, Napalm, sorti en 2017, revenait sur son séjour en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) près de six décennies plus tôt, en 1958.

Disparition de Claude Lanzmann : l'AAFC salue la mémoire du réalisateur de "Napalm"

Il ne fait pas bon ne pas se mettre au diapason de l'opinion dominante : Claude Lanzmann en avait fait l'expérience, en voyant son film Napalm être l'objet de critiques souvent agressives, fondées non pas sur ses qualités cinématographiques mais sur une mise en cause du point de vue qu'il aurait dû - forcément - adopter : celui de la dénonciation d'une Corée du Nord (nécessairement) inhumaine.

Pourtant, pas plus dans son film de 2017 que lors de sa première visite dans le pays en 1958 Claude Lanzmann n'avait fait l'apologie de la République populaire démocratique de Corée - bien au contraire, les critiques nombreuses qu'il formulait en 1958 avaient le don d'agacer ses autres compagnons de voyage, qui en ont tiré d'autres témoignages : Moranbong de Jean-Claude Bonnardot (sur un scénario d'Armand Gatti), ou Coréennes de Chris Marker. 

Esprit indépendant, Claude Lanzmann était sans doute mal à l'aise entre une critique fleurant bon l'anticommunisme le plus primaire et un plaidoyer pro domo qui n'était pas dans son caractère. Et de fait, il lui aura fallu plus d'un demi-siècle pour qu'il en parle ouvertement et librement, déjà dans son livre autobiographique Le lièvre de Patagonie (Gallimard, 2009), puis dans le film Napalm qui rappelait la destruction systématique de la Corée par les troupes des Nations unies sous commandement américain pendant la guerre de Corée (1950-1953), et l'usage d'armes de destruction massives, biologiques et chimiques. Indéniablement, Claude Lanzmann avait de l'admiration pour la résistance héroïque du peuple coréen, lui, l'ancien résistant de la Seconde guerre mondiale - tout en mêlant le souvenir d'une courte idylle, fortement romancée, avec une infirmière nord-coréenne, qui a fait grincer des dents ses détracteurs mais tellement en accord avec l'hypersensibilité romantique propre aux Coréens - à tous les Coréens.

Car en 1958, déjà, Claude Lanzmann s'engageait dans un des autres grands combats de sa vie militante : le rejet du colonialisme et de l'impérialisme, sous toutes leurs formes, de Pyongyang à Alger. Il reviendra dans la péninsule coréenne en 2004, et à nouveau plus de dix ans plus tard, pour y tourner les images du fascinant film Napalm.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue la mémoire d'un homme de combats et d'engagements, en présentant ses condoléances à sa famille, ses amis et ses proches. 

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