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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 18:22

En vue de l'élection présidentielle anticipée qui se tiendra le 9 mai 2017 après la destitution de Mme Park Geun-hye, les principaux partis sud-coréens ont achevé la désignation de leur candidat à l'issue d'élections primaires. Si le candidat démocrate Moon Jae-in reste le favori du scrutin, le centriste Ahn Cheol-soo le talonnerait désormais dans les intentions de vote, à la faveur du ralliement à sa candidature de nombreux électeurs conservateurs.

Les principaux candidats sur ce photomontage de Yonhap News TV : de gauche à droite, Hong Joon-pyo (Parti Liberté Corée), Yoo Seung-min (Parti Bareun), Ahn Cheol-soo (Parti du peuple), Moon Jae-in (Parti démocrate de Corée) et Sim Sang-jung (Parti de la justice).

Les principaux candidats sur ce photomontage de Yonhap News TV : de gauche à droite, Hong Joon-pyo (Parti Liberté Corée), Yoo Seung-min (Parti Bareun), Ahn Cheol-soo (Parti du peuple), Moon Jae-in (Parti démocrate de Corée) et Sim Sang-jung (Parti de la justice).

Et si Moon Jae-in, grand favori jusqu'à présent de l'élection présidentielle sud-coréenne anticipée le 9 mai 2017, pouvait perdre ce scrutin ? Alors que l'adversaire malheureux de Mme Park Geun-hye au précédent scrutin de 2012 a largement remporté la primaire interne au Parti démocrate de Corée (principal parti d'opposition) - avec 57 % des voix contre 21,5 % à Ahn Hee-jung (aile droite du parti), 21,2 % à Lee Jae-myung (aile gauche) et 0,3 % à Choi Sung - un sondage de l'institut Gallup Korea ne le crédite plus que trois points d'avance (38 % contre 35 %) sur son principal concurrent dans ce scrutin à tour unique. Toutefois, contrairement à la pratique observée à l'issue des dernières élections primaires en France, les candidats battus dans ce type de scrutin en Corée du Sud et leurs soutiens (comme du reste aux Etats-Unis) acceptent de soutenir le vainqueur du scrutin, ce qui lui assure une dynamique qu'a pu sous-évaluer Gallup Korea - dont les enquêtes souffrent par ailleurs d'une moins grande fiabilité que celles de l'institut RealMeter - qui n'a pas encore mesuré l'impact des récentes élections primaires.

Le plus sérieux adversaire de Moon Jae-in est Ahn Cheol-soo (Parti du peuple, centriste, 35 % des intentions de vote), riche homme d'affaires ayant rejoint (puis quitté) le Parti démocrate, mis en cause dans un scandale de corruption, partisan de la main tendue aux conservateurs après le scrutin législatif de 2016 perdu par ces derniers qui avaient refusé, auparavant, de prendre en compte le verdict des urnes - avant que Mme Park Geun-hye ne soit chassée par la rue et que le Parti du Peuple ne retourne donc sa veste une nouvelle fois. Désigné comme candidat de son parti avec 72,7 % des votes à l'issue d'une élection primaire qui a réuni près de dix fois moins de votants que le Parti démocrate, face à un autre opportuniste de la politique (Sohn Hak-kyu, ancien transfuge du parti conservateur, 19,4 %), M. Ahn peut être assuré du soutien des Américains et des grands monopoles. Sous des dehors de (faux) nouveau,, il est aujourd'hui le principal espoir de tous ceux qui veulent enterrer la révolution des bougies, laquelle a conduit à la destitution de la très autoritaire Mme Park Geun-hye. S'il était élu, Ahn Cheol-soo, minoritaire au Parlement, gouvernerait-il avec les députés conservateurs ? Au moins peut-on espérer que, en cas d'élection, il ne poursuive pas la dérive autoritaire à l'oeuvre en Corée du Sud depuis le retour au pouvoir des conservateurs en 2008.

Divisés, les conservateurs risquent d'être réduits à jouer les utilités. A l'extrême-droite, les conservateurs fidèles à la ligne Park Geun-hye d'atteinte aux libertés démocratiques ont fondé le Parti Liberté Corée et choisi comme héraut (7 % des intentions de vote dans le sondage Gallup Korea), à l'issue également d'une élection primaire, le gouverneur de la province du Gyeongsang du Sud Hong Joon-pyo.  Avec 54,15 % des voix, Hong Joon-pyo a battu notamment dans ce scrutin interne une vieille connaissance de l'AAFC, le sulfureux Kim Jin-tae (19,3 %) qui accusait contre l'évidence notre association, à l'automne 2013, de manipuler les manifestations en France contre Mme Park Geun-hye, et la girouette Lee In-je, candidat malheureux aux élections présidentielles de 1997 (19,2 %) et 2007 (0,7 %) - qui a été de toutes les factions en plus de vingt ans de vie politique.

Les conservateurs opposés à Mme Park Geun-hye ont fondé le Parti Bareun, qui a choisi comme candidat le député de Daegu Yoo Seung-min (4 % des intentions de vote).


La gauche, jusqu'à présent toujours laminée aux élections présidentielles en Corée du Sud, aura notamment comme candidate sa présidente Mme Sim Sang-jung, députée et présidente du Parti de la justice, de sensibilité social-démocrate (3 % des intentions de vote); Elle sera une fois encore l'une des rares femmes parmi les prétendants à la candidature suprême..

D'autres candidats devraient compléter cette liste : pour se présenter
il est requis notamment le soutien de 3 500 à 6 000 électeurs résidant dans au moins cinq villes et provinces, dont au moins 700 électeurs dans chacune de ces villes ou provinces, le principal obstacle étant d'ordre financier : chaque candidat doit déposer une caution de 300 millions de wons (soit 213 000 euros) qui est remboursée en totalité en cas d'obtention de 15 % des suffrages exprimés (ou de décès), et à hauteur de 50 % pour les candidats recueillant entre 10 % et 15 % des suffrages exprimés.

En 2012, face aux menaces sur la démocratie (qui se sont hélas confirmées) en cas d'élection de Mme Park Geun-hye, la plupart des candidats démocrates ou de gauche (dont Ahn Cheol-soo, victime alors d'une campagne de dénigrement orchestrée par les services secrets sud-coréens) s'étaient ralliés à Moon Jae-in. Dans ce contexte, les candidats opposés à la candidate élue Mme Park Geun-hye et à Moon Jae-in, n'avaient obtenu, à eux quatre, que moins de 0,5 %.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)