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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 13:57

Quinze candidats s'affrontent à l'élection présidentielle du 9 mai 2017 en République de Corée (Corée du Sud). L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) commence leur présentation par celle des cinq candidats enregistrés sous les numéros 1 à 5 - l'ordre d'enregistrement dépendant du nombre de parlementaires membres du parti dont le candidat est le représentant, puis suivant un tirage au sort pour les candidats indépendants ou appartenant à un parti non représenté au Parlement. 

Moon Jae-in, candidat du Parti démocratique de Corée (également appelé Parti Minjoo, 119 sièges sur 300 à l'Assemblée nationale)

Moon Jae-in est né le 24 janvier 1953 à Geoje (près de Busan). Son père, Moon Yong-hyung, était un paysan originaire de la ville de Hamhung, au nord de la Corée - qu'il a quittée pendant la guerre de Corée. Moon Yon-hyung travaillait pour le camp de prisonniers de guerre de Geoje. Etudiant en droit à l'Université Kyung Hee de Séoul, il a organisé un mouvement de protestation des étudiants contre la Constitution Yusin - promulguée en 1972 à l'initiative du général Park Chung-hee, et ayant établi le régime le plus autoritaire qu'ait connu la Corée du Sud. Conscrit de force au sein des forces spéciales, il a ensuite réussi le concours d'avocat. En raison de son passé d'activiste étudiant, il n'a pas été autorisé à exercer les fonctions de juge. Devenu juriste, il a travaillé avec le futur président sud-coréen Roh Moo-hyun, son aîné de près de sept ans, en se spécialisant notamment dans les questions relatives aux droits de l'homme. En 1988, il a également été un fondateur du quotidien progressiste Hankyoreh. Directeur de campagne du candidat démocrate Roh Moo-hyun lors de l'élection présidentielle de 2003, il est ensuite devenu l'un des piliers du cabinet de ce dernier après son élection, et ce pendant toute la durée de son mandat (2003-2008).

Candidat des démocrates à l'élection présidentielle de 2012, il s'incline (sur le score de 48,02 %) face à la candidate conservatrice Mme Park Geun-hye (élue avec 51,55 %). Mme Park est la fille du général Park Chung-hee, dont Moon Jae-in avait subi la répression après avoir combattu le régime autoritaire.

Une des principales figures de l'opposition à Mme Park Geun-hye, dirigeant des démocrates entre 2015 et 2016, Moon Jae-in a rallié le mouvement populaire pour la destitution de Mme Park, votée le 9 décembre 2016 et validée par la Cour constitutionnelle le 10 mars 2017.

Opposé à la loi de sécurité nationale, Moon Jae-in est favorable au dialogue avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), sans toutefois remettre en cause l'alliance avec les Etats-Unis. Il estime que le déploiement du système américain de missiles antimissiles THAAD ne doit pas précéder l'élection présidentielle du 9 mai 2017. Au plan économique, Moon Jae-in propose un effort budgétaire de 10.000 milliards de won (soit 8,1 milliards d'euros) pour favoriser la création d'emplois.

Hong Joon-pyo, candidat du Parti de la liberté de Corée (également traduit Parti Liberté Corée, 94 sièges sur 300 à l'Assemblée nationale)

Hong Joon-pyo est issu d'une famille pauvre. Né le 5 décembre 1954 à Changnyeong, dans la province du Gyeongsang du Sud, il a effectué des études d'administration publique à l'Université de Corée avant de devenir procureur. Ses activités spécialisées dans la lutte contre le jeu et le crime organisé ont inspiré une série télévisée.

Dans ses mémoires, il raconte qu'à l'âge de 18 ans il a, avec d'autres, fourni à l'un de ses amis un stimulant sexuel (habituellement utilisé pour les cochons et d'autres animaux d'élevage) pour droguer et violer une jeune fille, tout en observant que le stimulant n'avait pas eu l'effet escompté sur la jeune fille. Il en a résulté un scandale lors de la présente campagne présidentielle, qui l'a amené à présenter des excuses.

Elu député à Séoul de 1996 à 1999, puis de 2001 à 2012, ancien président du parti conservateur, grand pourfendeur du communisme, Hong Joon-pyo a été très en pointe contre le maire démocrate de Séoul Park Won-soon, qu'il a accusé de subventionner des organisations de gauche. Se posant en défenseur des gens pauvres et ordinaires, il utilise un langage direct qui l'a fait comparer à Donald Trump. Gouverneur de la province du Gyeongsang du Sud à partir de novembre 2012 (à la suite d'une élection partielle, avant d'être réélu en 2014), il a quitté ce poste le 9 avril 2017 après avoir été désigné comme candidat du Parti de la liberté de Corée sur un programme résolument conservateur. En particulier, il plaide le retour d'armes nucléaires tactiques américaines sur le territoire sud-coréen.

 

Ahn Cheol-soo, candidat du Parti du peuple (39 sièges sur 300 à l'Assemblée nationale)

Ahn Cheol-soo est né le 26 février 1962 à Miryang (dans le Gyeongsang du Sud), où son père effectuait alors son service militaire. Sa famille s'est ensuite établie à Busan. Diplômé de médecine de l'Université de Séoul, il a commencé à travailler comme docteur tout en développant (la nuit) des logiciels antivirus. En 1995, il a fondé l'entreprise AhnLab, qui est devenu le leader de la sécurité informatique en République de Corée. Il dit avoir refusé, pour des raisons patriotiques, une offre de rachat de son entreprise par John McAfee. Ahn Cheol-soo a également fait partie des dirigeants de la multinationale sud-coréenne POSCO, quatrième producteur mondial d'acier, dont il a été le président en 2010-2011. Ses succès comme homme d'affaires en font le plus riche des quinze candidats à l'élection présidentielle du 9 mai.

Ahn Cheol-soo est entré tardivement en politique, en tant qu'indépendant, à l'élection partielle pour la mairie de Séoul en septembre 2011 (il se retirera finalement avant le scrutin). Un court moment favori de l'élection présidentielle de 2012 sur un programme centriste de rénovation de la vie politique, il se désiste in fine en faveur du candidat démocrate Moon Jae-in, mieux placé dans les sondages, pour barrer la route à la conservatrice Mme Park Geun-hye, élue. Après son élection comme député indépendant lors d'une législative partielle en avril 2013, il se rapproche des démocrates, puis quitte la formation d'opposition (étant en opposition avec Moon Jae-in et les partisans de l'ancien président Roh Moo-hyun) pour fonder son propre parti, le Parti du Peuple, qui bouscule le bipartisme sud-coréen traditionnel lors des élections législatives d'avril 2016.

Un des premiers adversaires du déploiement du bouclier antimissiles THAAD en Corée du Sud, il s'y rallie finalement. Partisan d'un partage du pouvoir avec les conservateurs après les législatives d'avril 2016, il rejoint ensuite les manifestants favorables à la destitution de Mme Park Geun-hye.

Yoo Seung-min (parfois orthographié Yoo Seong-min), candidat du Parti de la vertu (plus généralement sous son nom coréen, Parti Bareun ; 33 sièges sur 300 à l'Assemblée nationale)

Né le 7 janvier 1958, Yoo Seung-min est l'héritier d'une famille politique conservatrice à l'époque du régime militaire : son père Yoo Soo-ho a été avocat en chef à Daegu et député. Diplômé en économie de l'Université de Séoul et de l'Université du Wisconsin à Madison, Yoo Seung-min s'est spécialisé dans la théorie des organisations et est devenu économiste à l'Institut coréen du développement (acronyme anglais : KDI, pour Korea Development Institute).

Elu député sur la liste nationale du parti conservateur (dont les sièges sont répartis à la proportionnelle) en 2004, il devient chef de cabinet de la députée et future présidente Mme Park Geun-hye, dont il s'affirme comme l'un des plus proches soutiens, notamment lors de sa campagne comme candidate à l'élection primaire de 2007 pour le parti conservateur (Mme Park sera alors battue d'une courte tête par Lee Myung-bak, qui deviendra ensuite président).

Il s'éloigne ensuite de plus en plus de Mme Park Geun-hye (élue en 2012), qui après son échec à l'élection primaire de 2007 défend alors un programme de protection sociale et de non-augmentation des impôts. En 2015, il doit démissionner de la présidence du groupe des députés conservateurs, étant accusé par la faction "pro-Park" du parti de manque de soutien à la chef de l'Etat.

Après le vote par le Parlement, le 9 décembre 2016, de la motion de destitution de Mme Park Geun-hye, acquise notamment grâce au soutien de la moitié des députés conservateurs, Yoo Seung-min devient l'une des principales figures d'une nouvelle formation, le Parti Bareun, conservateur anti-Park Geun-hye, qui réunit le quart des députés du Parti Saenuri (soit 33 députés).

Candidat à l'élection présidentielle, Yoo Seung-min défend un programme de libéralisation de l'économie, conservateur et pro-américain en politique étrangère.

Sim Sang-jung (nom également orthographié Sim Sang-jeong ou Sim Sang-jong), candidate du Parti de la Justice (6 sièges à l'Assemblée nationale)

 

Née le 20 février 1959 en tant que cadette d'une famille de quatre enfants, dans une petite ville située à proximité de la Corée du Nord, Sim Sang-jung est titulaire d"un baccalauréat universitaire de l'Université de Séoul.

A l'âge de 21 ans, elle est renvoyée de l'usine de vidéocassettes où elle travaillait pour avoir organisé un mouvement des travailleurs demandant une augmentation des salaires et une amélioration des repas. Elle devient une militante professionnelle à l'origine de plusieurs grèves, activement recherché par la junte militaire alors au pouvoir à Séoul.

Elle a été l'un des fondateurs, en 2000, du Parti démocratique du travail (PDT), première organisation de gauche sud-coréenne depuis 1961 à pouvoir s'organiser librement et obtenir une représentation parlementaire, en s'appuyant notamment sur le syndicat KCTU. Mme Sim Sang-jung fait partie, en 2004, des premiers députés du PDT, étant élue sur la liste nationale (dont les sièges sont pourvus à la proportionnelle).
Après l'échec du PDT à l'élection présidentielle de 2007, elle rejoint en 2008 le Nouveau parti progressiste (NPP), puis en 2011 le Parti progressiste unifié (PPU). Redevenue députée en 2012, réélue en 2016, elle fait partie des parlementaires qui quittent la même année le PPU (suite à un scandale sur la désignation interne de ses candidats aux législatives) et constituent le Parti de la justice, dont elle est actuellement présidente.

Lors de l'élection présidentielle de 2012, elle s'était retirée de la compétition, ralliant le candidat démocrate Moon Jae-in, pour empêcher l'élection de Mme Park Geun-hye.

Mme Sin Sang-jung entend porter la voix des travailleurs dans la campagne présidentielle de 2017, après que le Parti de la Justice eut défendu la révolution des bougies ayant conduit à la destitution de Mme Park Geun-hye. Au plan international, elle plaide pour une péninsule coréenne dénucléarisée et s'oppose au déploiement du dispositif THAAD en Corée du Sud. Sur les questions de société, elle défend les droits des minorités sexuelles, y compris des personnes LGBT.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)