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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 16:42

Alors que les 15 candidats à l'élection présidentielle sud-coréenne du 9 mai (sur lesquels nous reviendrons dans une prochaine édition) sont désormais connus, les deux premiers (le 14 avril sur SBS et le 19 avril sur KBS) des six débat télévisés prévus entre les 5 principaux candidats ont permis de préciser leurs programmes. Apparaissant plus que jamais comme un candidat conservateur de substitution face au favori, le démocrate Moon Jae-in, le centriste Ahn Cheol-soo a pâti des débats en peinant à convaincre son électorat hétéroclite après avoir donné, en vain, un coup de barre à droite : il est désormais devancé de 6 à 12 points par Moon Jae-in, tandis que le conservateur Hong Joon-pyo obtient jusqu'à 13 % des intentions de vote.

L'affiche du débat télévisé du 19 avril 2017 : de gauche à droite, Sim Sang-jung, Parti de la justice (social-démocrate), Hong Joon-pyo (Parti Liberté Corée, conservateur, majorité présidentielle sortante), Yoo Seung-min (Parti Bareun, conservateur), Moon Jae-in (Parti démocrate, libéral) et Ahn Cheol-soo (Parti du peuple, libéral).

L'affiche du débat télévisé du 19 avril 2017 : de gauche à droite, Sim Sang-jung, Parti de la justice (social-démocrate), Hong Joon-pyo (Parti Liberté Corée, conservateur, majorité présidentielle sortante), Yoo Seung-min (Parti Bareun, conservateur), Moon Jae-in (Parti démocrate, libéral) et Ahn Cheol-soo (Parti du peuple, libéral).

Traditionnellement, la question des relations intercoréennes et des rapports avec les Etats-Unis sont un marqueur important de la politique sud-coréenne, les progressistes (libéraux et sociaux-démocrates) étant favorables au dialogue au Nord et à une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, tandis que les conservateurs prônent la fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord et une alliance plus étroite avec Washington. Ces questions ont pris une place importante dans les premiers débats télévisés, dans un contexte de montée des tensions autour de la péninsule coréenne.

Mis en cause par les conservateurs pour avoir prétendument consulté la RPDC (ce qu'il nie énergiquement) avant un vote d'abstention de Séoul en 2007 aux Nations unies sur la question des droits de l'homme au Nord, alors qu'il servait dans le cabinet du président démocrate Roh Moo-hyun, Moon Jae-in a avancé avec prudence sur les questions liées à la sécurité nationale. Partisan du dialogue tant avec les Etats-Unis (dont il a rappelé qu'ils étaient l' "allié" de Séoul) qu'avec la Chine sur le nucléaire nord-coréen, Moon Jae-in ne veut toujours pas d'un déploiement du bouclier américain de missiles antimissile THAAD avant l'entrée en fonctions du prochain gouvernement, tout en déclarant qu'un nouvel essai nucléaire nord-coréen pourrait forcer la décision pour mettre en oeuvre THAAD et que Pyongyang s'exposerait alors à de nouvelles sanctions. Pour Moon Jae-in, il s'agit de faire pression sur la Chine vis-à-vis de la RPDC en déclarant que, si Pyongyang conduisait un sixième essai nucléaire, le déploiement de THAAD en Corée du Sud deviendrait "inévitable". Cette forme de chantage à l'égard de la Chine, dont la marge de manoeuvre vis-à-vis de la RPDC ne doit pas être surestimée, sera appréciée à sa juste mesure par Pékin, alors que des sanctions chinoises ont d'ores et déjà été prises à l'encontre de la Corée du Sud à la suite du début du déploiement de THAAD au Sud.


Tout en se déclarant partisan de la paix, Ahn Cheol-soo a été interpelé par Moon Jae-in pour son revirement de position concernant THAAD : désormais partisan de THAAD, Ahn Cheol-soo a justifié son évolution par la situation internationale. Alors que la candidate de gauche Sim Sang-jung reste ferme sur son opposition à THAAD, les candidats conservateurs Hong Joon-pyo et Yoo Seung-min y sont toujours favorables, Hong Joon-pyo s'étant distingué en évoquant la possibilité qu'une attaque américaine contre la Corée du Nord permette de "récupérer le territoire" nord-coréen, ravivant ainsi un vieux fantasme des conservateurs sud-coréens d'une réunification de la péninsule par la voie militaire. Hong Joon-pyo s'est également prononcé pour le retour d'armes nucléaires tactiques en Corée du Sud, une "re-nucléarisation" à rebours de toutes les politiques conduites par les administrations présidentielles américaines depuis la fin de la guerre froide, mais que n'exclut pas la nouvelle administration Trump. Cependant, tant Hong Joon-pyo que Yoo Seung-min se sont déclarés favorables à un dialogue avec Washington et Pékin pour empêcher que la situation ne dégénère en conflit armé, c'est-à-dire en une "attaque préemptive" de Washington.

Evolution des intentions de vote entre les principaux candidats (le total des intentions de vote n'est pas égal à 100, compte tenu des non-réponses qui ne sont pas ventilées entre les différents candidats).

Evolution des intentions de vote entre les principaux candidats (le total des intentions de vote n'est pas égal à 100, compte tenu des non-réponses qui ne sont pas ventilées entre les différents candidats).

Les questions économiques et sociales, ainsi que les atteintes aux droits de l'homme en Corée du Sud (de plus en plus flagrantes sous les présidences conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ont, en comparaison, nettement moins retenu l'attention des médias sud-coréens, malgré des divergences notables entre les candidats. Moon Jae-in critique ainsi la loi de sécurité nationale, instrument majeur de répression de l'opposition en Corée du Sud, mais que les administrations démocrates sud-coréennes, au pouvoir à Séoul entre 1998 et 2008, n'ont pas abrogée. En outre, Moon Jae-in s'est déclaré favorable à la dissolution de la branche des services de renseignement (National Intelligence Service, NIS) intervenant sur le territoire national, leurs activités étant alors transférées aux forces de police. L'ingérence au plus haut niveau des services de renseignement dans la politique intérieure sud-coréenne (ayant entraîné la condamnation de Won Sei-hoon, directeur du NIS) a fait d'eux le bras armé des conservateurs, à la manoeuvre pour fomenter des arrestations d'opposants et créer les pièces du procès truqué ayant permis la dissolution du Parti progressiste unifié (dont un ancien député, Kim Sun-dong, concourt par ailleurs à l'élection du 9 mai 2017, au nom de la nouvelle formation Unité populaire).

Dans la lignée de la répression antisyndicale menée par l'administration Park Geun-hye (ayant conduit à l'incarcération du dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats, KCTU, Han Sang-gyun), Hong Joon-pyo s'est engagé à "lutter contre les syndicats les plus durs" (dixit KBS) et, selon lui, leurs "privilèges".

Alors que l'emploi est une préoccupation majeure de l'opinion publique sud-coréenne, Moon Jae-in est favorable au lancement d'un programme de 9 milliards de dollars pour favoriser la création d'emplois et d'entreprises, en mettant l'accent sur les PME. L'entrepreneur Ahn Cheol-soo veut aussi donner la priorité aux PME. Il s'est prononcé pour une taxe sur les profits, et se réfère au New Deal de Franklin D. Roosevelt.

Seule candidate de gauche invitée aux débats télévisés, Mme Sim Sang-jung propose de porter le salaire minimum horaire à 10 000 won (environ 8 euros) et d'offrir l'équivalent d'un peu plus de 8 000 euros à tout jeune âgé de 20 ans. Favorable à une réforme des conglomérats (les chaebols) pour y empêcher la succession héréditaire du pouvoir, elle est aussi la seule des principaux candidats à défendre ouvertement les droits des personnes LGBT.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)