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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 13:32

Après la confirmation par la Cour constitutionnelle sud-coréenne du vote de destitution de la Présidente Park Geun-hye, l'ancienne chef de l'Etat a quitté le palais présidentiel ce dimanche 12 mars 2017, pour emménager dans sa résidence privée - une grande maison individuelle entourée d'immeubles, dans un quartier d'habitations collectives de la capitale. Avec la perte de son mandat Mme Park Geun-hye ne dispose plus non plus de son immunité juridictionnelle : les manifestations de ses adversaires se sont ainsi poursuivies, en appelant à son emprisonnement, quand ses partisans crient au "complot"  et se radicalisent - trois d'entre eux étant morts dans les manifestations pro-Park Geun-hye après avoir semble-t-il mis d'eux-mêmes leur vie en danger.

La résidence privée de Mme Park Geun-hye est la maison individuelle entourée d'un parc, au milieu des immeubles.

La résidence privée de Mme Park Geun-hye est la maison individuelle entourée d'un parc, au milieu des immeubles.

Retour à la maison : Mme Park Geun-hye est retournée vivre dans sa vaste résidence privée, une maison individuelle construite en 1983 dans le quartier d'affaires de Gangnam, rendu célèbre par la chanson de Psy Gangnam style. Plus précisément, cette demeure, où elle a vécu pendant 23 ans jusqu'à son investiture comme Présidente de la République en février 2013, se trouve dans le dong de Samseong, où se trouvent également des hôtels de standing (appartenant aux chaînes Hyatt et Ramada) ainsi que le COEX, réputé constituer le plus grand centre commercial souterrain.

Il a fallu deux jours à Mme Park Geun-hye pour déménager après la décision de la Cour constitutionnelle, car des travaux étaient alors en cours dans sa maison. Manifestement, elle n'avait pas anticipé devoir quitter le palais présidentiel, son manque de coopération avec les autorités constitutionnelles étant de nature à expliquer le vote à l'unanimité, en faveur de la destitution, de juges constitutionnels pourtant proches des conservateurs au pouvoir à Séoul.

Alors que les juges constitutionnels l'ont démise de son mandat en estimant qu'elle avait enfreint à la loi fondamentale, Mme Park Geun-hye devra à présent répondre devant les juges de 13 chefs d'accusation, dont ceux corruption et d'abus de pouvoir, ayant été considérée comme "complice" des activités qualifiées de criminelles pour lesquelles est poursuivie sa gourou, Mme Choi Soon-sil, qui exerçait par ailleurs une influence occulte sur les affaires présidentielles.

Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Mme Park Geun-hye est notamment soupçonnée d'enrichissement personnel :




 

Le procureur indépendant Park Young-soo a conclu à la fin de son investigation que l'héritier de facto de Samsung Lee Jae-yong a versé ou promis environ 43 milliards de wons (37,4 millions de dollars) à Park et Choi en contrepartie d’un soutien du gouvernement pour la fusion entre deux filiales du groupe Samsung en 2015.

Héritier de Samsung, plus grand conglomérat de Corée du Sud notoirement proche des conservateurs et par ailleurs réputé pour ses pratiques antisyndicales et mettant en danger la santé et la vie de ses employeurs, Lee Jae-yong a été placé en détention le 17 février dernier dans le cadre d'une des affaires pour lesquelles Mme Park Geun-hye sera prochainement entendue : une fusion a été opérée entre deux branches de Samsung pour un montant de 7,6 milliards d'euros, grâce aux actions détenues par le fonds de pension National Pension Service (NPS), troisième plus important fonds de pension au monde, dont le président Moon Hyung-pyo a été arrêté fin décembre. Ministre de la Santé au moment de la fusion, Moon Hyung-pyo est mis en cause pour abus de pouvoir, après avoir reconnu avoir effectué des pressions sur le fonds de pension pour qu'il approuve la fusion.

Mme Park Geun-hye nie toutes les accusations portées à son encontre, tout en prétendant qu'elle coopèrerait avec les enquêteurs (elle avait déjà fait les mêmes promesses, non tenues, lorsqu'elle était présidente de la République après l'éclatement du scandale Choi Soon-sil).

En attendant, elle peut compter sur le soutien de ses partisans qui continuent de manifester sans relâche, certains de voir dans la situation politique ayant conduit à la destitution de leur idole l'effet d'un complot ourdi par des éléments subversifs aux mains de la Corée du Nord. Le 13 mars 2017, le député Kim Jin-tae, membre du Parti Liberté Corée (conservateur, au pouvoir), a pour sa part estimé que l'enquête devrait être repoussée jusqu'à l'élection du nouveau président, début mai 2017 : encore et toujours, la droite sud-coréenne entend gagner du temps, même si elle semble en bien mauvaise posture pour remporter l'élection présidentielle, de nombreux députés de la majorité, favorables à la destitution, ayant quitté leur parti et fondé leur propre formation politique, le parti Bareun.

 

Manifestations de partisans de l'ex-présidente, devant le mur d'enceinte de sa demeure.

Manifestations de partisans de l'ex-présidente, devant le mur d'enceinte de sa demeure.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)