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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 18:26

Le 1er janvier 2017, Chung Yoo-ra a été arrêtée à Aalborg au Danemark, ne disposant pas d'un titre de séjour valide. La fille de Choi Soon-sil devait être extradée vers la Corée du Sud, après avoir fait l'objet d'un signalement sur Interpol : son témoignage devrait permettre de mieux comprendre le système de corruption des conglomérats (et notamment de Samsung) mis en place par la gourou de la Présidente Park Geun-hye.

Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, arrêtée au Danemark

Médaillée d'or par équipe en équitation, à l'épreuve de dressage, aux Jeux asiatiques d'Incheon en 2014, Chung Yoo-ra (20 ans) visait l'or aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Mais les malversations de sa mère ont mis un coup d'arrêt à sa carrière : alors que les notes d'entrée de Chung Yoo-ra à l'Université Ehwa ont été truquées, la jeune femme aurait aussi bénéficié de largesses du groupe Samsung (pour un montant de 2,8 millions d'euros) dans sa préparation olympique en Allemagne. Elle sera également entendue sur l'achat de biens immobiliers qu'elle a effectué outre-Rhin.

Au final, ce sont 16 millions d'euros qu'aurait versés le groupe Samsung aux fondations sportives et culturelles créées par Choi Soon-sil, soit le plus important donateur parmi les conglomérats ayant versé leur obole aux lucratives activités de Mme Park. Ces versements pourraient ne pas avoir été désintéressés, comme la justice sud-coréenne cherche actuellement à le vérifier : quelques mois plus tôt, une fusion avait été opérée entre deux branches de Samsung, Cheil Industries et Samsung C and T, pour un montant de 7,6 milliards d'euros, grâce aux actions détenues par le
fonds de pension National Pension Service (NPS), troisième plus important fonds de pension au monde, dont le président Moon Hyung-pyo a été arrêté fin décembre. Ministre de la Santé au moment de la fusion, Moon Hyung-pyo est mis en cause pour abus de pouvoir, après avoir reconnu avoir effectué des pressions sur le fonds de pension pour qu'il approuve la fusion.

Cette fusion entre les deux branches du groupe Samsung était déterminante pour renforcer la position au sein du groupe du vice-président du conglomérat, Lee Jae-yong, héritier de Samsung, soutien inconditionnel des conservateurs au pouvoir à Séoul, et par ailleurs mis en cause pour ses pratiques antisyndicales et ses atteintes aux droits des travailleurs (en particulier, des centaines de cas de leucémies mortelles que Samsung refuse encore de reconnaître, pour la plupart, comme maladies professionnelles).

Collusion entre le pouvoir politique et les conglomérats financiers, enrichissement personnel, manipulation des hommes et des femmes politiques (au premier chef la Présidente Park Geun-hye, dont les avocats continuent d'adopter la ligne de défense du déni, sous l'influence de sa gourou Choi Soon-sil) : si la justice doit encore démêler les fils de ce qui pourrait devenir le plus retentissant scandale politico-financier de l'après-dictature en Corée du Sud, les ingrédients de ce mauvais feuilleton n'ont malheureusement rien de nouveau. Et c'est ce système corrompu et inégalitaire, soutenu grâce à la bienveillance des gouvernements occidentaux (avec un zèle tout particulier du Président François Hollande), dont ne veulent plus entendre parler les Sud-Coréens, qui ont manifesté par millions pour le départ immédiat de Mme Park Geun-hye.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)