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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 15:18

La motion de destitution contre la Présidente Park Geun-hye, engluée dans  l'affaire Choi Soon-sil, a été déposée le 8 décembre 2016 par les députés d'opposition, en vue d'un vote dès le 9 décembre. Les parlementaires ont avancé trois motifs à l'appui de leur procédure : abus de pouvoir, trafic d'influence et corruption. Le vote final dépendra de l'attitude des députés au pouvoir (notamment ceux de la faction opposée à la chef de l'Etat), alors que les Sud-Coréens manifestent massivement depuis des semaines pour exiger le départ de la Présidente Park, qui tente de gagner du temps en ayant appelé à un consensus au sein du Parlement sur les conditions de son départ du pouvoir.

La procédure de destitution de Park Geun-hye a commencé

Il faut une majorité qualifiée des deux tiers des députés (soit 200 sur 300) pour que la motion de destitution soit adoptée. Ce seuil est atteignable mais pas acquis, alors que le Parlement compte 172 députés d'opposition et  non-inscrits et que ceux-ci pourraient être rejoints par une trentaine de députés de la majorité opposés à la chef de l'Etat.

En cas de vote de la motion, la Cour constitutionnelle devra se prononcer dans un délai maximum de six mois, à une majorité des deux tiers - beaucoup d'observateurs s'interrogeant sur les conséquences de la composition très largement conservatrice de cette instance quant à la décision finale qu'elle pourrait prendre. Par ailleurs, l'échéance de l'élection présidentielle (normalement prévue en décembre 2017, pour une entrée en fonctions du président élu en février 2018) se rapprochera fortement, permettant en tout état cause à la Présidente de continuer à jouer la montre : le parti Saenuri au pouvoir ne propose-t-il pas qu'elle démissionne en avril, pour une élection présidentielle en juin ? Mme Park continue par ailleurs d'agiter l'épouvantail nord-coréen pour justifier la nécessité de procéder de manière ordonnée à une transition du pouvoir.

Si la motion est adoptée, Mme Park Geun-hye restera chef de l'Etat en titre, mais les fonctions de chef de l'exécutif seront transférés au Premier ministre.

En cas de non-adoption de la procédure de destitution, demandée à une écrasante majorité par l'opinion publique, la crise politique devrait encore s'approfondir, la colère de la rue pouvant alors conduire à une autre étape : la demande de dissolution par les manifestants du parti Saenuri lui-même. Les députés d'opposition ont alors envisagé de démissionner du Parlement.

Pour l'Association d'amitié franco-coréenne, il est plus que temps que Mme Park Geun-hye prenne la décision qui s'impose, en quittant un pouvoir qui lui échappe et dont elle a abusé en conduisant le pays sur une pente autoritaire dangereuse, et qu'elle réponde de ses actes devant la justice, comme tout citoyen. Ensuite, une nouvelle page pourra enfin s'écrire pour les libertés publiques et la démocratie en République de Corée.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)