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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 20:12

Dans sa troisième allocution télévisée depuis l'éclatement du scandale Choi Soon-sil, la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye a déclaré le 29 novembre 2016 qu'elle remettait son mandat entre les mains du Parlement... sans préciser la procédure ni le calendrier de son départ. Alors qu'un nombre record de manifestants a exigé le 26 novembre 2016 son départ immédiat du pouvoir, tout semble indiquer que la chef de l'Etat, aux abois, cherche à gagner du temps... et peut-être également à ne pas passer par la case prison.

Park Geun-hye dit vouloir quitter le pouvoir... mais sans dire quand ni comment

Que la Présidente Park accepte l'idée de quitter ses fonctions est déjà en soi une victoire pour les millions de Coréens qui manifestent depuis des semaines pour qu'elle démissionne ou, pour le moins, soit destituée par un vote du Parlement (à la majorité des deux tiers), elle-même ayant désormais pris acte de la nécessité publique de son départ en déclarant publiquement :

Si les partis politiques proposent des moyens qui permettent de léguer le pouvoir d’une façon stable et de minimiser le vide (de pouvoir) et les conflits dans la gouvernance du pays, je vais me retirer de mon poste de chef d’Etat suivant le planning proposé et la loi (...) Je me décharge maintenant de tout et je souhaite simplement que le pays reprenne son orbite tout en échappant au désordre (...) Je présente toutes mes excuses au peuple et demande au milieu politique de faire preuve de sagesse pour l’avenir éblouissant de la République de Corée.

L'opposition, majoritaire au Parlement, n'a pas réagi favorablement à ces déclarations, y voyant une nouvelle manoeuvre pour éviter un vote de destitution qui semble désormais hautement probable - une minorité importante des députés de la majorité s'étant détournée de la chef de l'Etat, certains d'entre eux ayant même rejoint les manifestants exigeant son départ immédiat.

Attendre un hypothétique consensus au sein du Parlement est aussi un moyen pour gagner du temps, et mettre fin à un déballage médiatique qui porte atteinte à l'image non seulement de la chef de l'Etat et du parti Saenuri au pouvoir, mais aussi de la République de Corée.

La formule selon laquelle elle se retire est ambiguë : remet-elle le pouvoir exécutif entre les mains du Gouvernement, et selon quelles modalités, alors qu'elle avait tenté sans succès - après l'éclatement de la crise - de faire nommer un gouvernement d'union nationale, sans en référer au Parlement, et qu'elle était passée outre, en avril 2016, son échec aux élections législatives en refusant de changer de Premier ministre et de ligne politique ?

En tout état de cause, si la campagne pour l'élection présidentielle est d'ores et déjà lancée (alors que le mandat de la Présidente Park doit venir normalement à échéance en février 2018, après un scrutin en décembre 2017), la question qui se pose maintenant est celle du mode de pouvoir - car les scandales impliquant les conglomérats financiers en fin de mandat présidentiel, de même que la montée en puissance continue depuis 2008 des services de renseignement dans le jeu politique, sont des maux endémiques qui nécessitent de refonder la démocratie sud-coréenne.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)