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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 15:42

Suite à la lettre adressée le 22 septembre 2016 par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) aux sept candidats à l'élection primaire de la droite et du centre, portant sur les relations entre la France et les deux Corée, Alain Juppé a envoyé la réponse suivante.

Alain Juppé répond à l'Association d'amitié franco-coréenne
Alain Juppé répond à l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, le 12 octobre 2016

Messieurs les membres du national de l'Association d'amitié franco-coréenne,

A la demande d'Alain Juppé, je vous remercie de votre courrier et de vos questions relatives à ce sujet majeur des relations internationales qu'est la situation de la péninsule coréenne.
Nous partageons totalement avec vous la volonté de travailler au service de la paix et de l'unité de la péninsule. La situation actuelle n'est que le produit d'un conflit d'un autre âge, ancré dans le contexte de la Guerre Froide. L'actuelle partition, qui résulte du rapport de forces sur le terrain en 1953, est contraire à toute l'histoire et à toute la culture de la péninsule. Je partage sincèrement la souffrance des Coréens, qui ont vu leurs familles séparées et leurs histoires se briser. C'est un sujet que la communauté internationale devrait chercher davantage à résoudre.
Nous sommes attentifs à ce qu'aucune des parties ne s'engage dans une déstabilisation qui serait dangereuse non seulement pour la péninsule mais aussi pour les pays du voisinage. Cela risquerait de compromettre pour l'avenir les chances d'une paix durable. Le programme nucléaire nord-coréen, développé en dehors du traité de non-prolifération de 1968, dont la République populaire de Corée a été pourtant signataire, est de nature à rompre la nécessaire confiance qu'il convient d'établir entre les parties. Plusieurs résolutions très claires du Conseil de sécurité ont été adoptées et le condamnent.
Nous sommes très attachés à ce qu'un règlement pacifique puisse être trouvé, avec le soutien de la communauté internationale et en laissant au peuple coréen la possibilité de décider de son avenir. Toute initiative allant dans le sens du dialogue doit être vue favorablement, à commencer par les échanges de vue directs entre les deux Corées. Vous pourrez compter sur nous pour apporter un soutien en ce sens.

Je vous prie de croire en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Bien à vous.

David Teillet
Chef de cabinet

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie Alain Juppé de sa réponse, laquelle est intéressante à plusieurs titres.

D'abord, Alain Juppé, par l'intermédiaire de son chef de cabinet, reconnaît que la situation de la péninsule coréenne est bien un "sujet majeur des relations internationales" et déclare "[partager] totalement avec [l'Association d'amitié franco-coréenne] la volonté de travailler au service de la paix et de l'unité de la péninsule".

Ensuite, même s'il épouse la position classique de la diplomatie française en demandant que la RPD de Corée se conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et respecte le Traité de non-prolifération nucléaire - auquel la RPDC n'est pourtant plus liée depuis janvier 2003 -,  Alain Juppé affirme rester attentif  "à ce qu'aucune des parties ne s'engage dans une déstabilisation qui serait dangereuse non seulement pour la péninsule mais aussi pour les pays du voisinage". Le candidat admet donc que les actions de la Corée du Sud et des Etats-Unis peuvent avoir un effet déstabilisateur en Corée. En cela, Alain Juppé se montre plus ouvert que l'actuelle diplomatie française.

Concernant le soutien que la France peut apporter au dialogue inter-coréen, Alain Juppé dit être attaché à un "règlement pacifique [...] laissant au peuple coréen la possibilité de décider de son avenir" et favorable à des "échanges de vue directs entre les deux Corées". Cela correspond à l'esprit des déclarations inter-coréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, résumé par la formule "par les propres efforts de notre nation". L'AAFC ne peut qu'être satisfaite de la volonté affichée du candidat de soutenir, une fois élu, l'application des déclarations inter-coréennes de 2000 et 2007, même s'il ne dit pas quelle forme prendra ce soutien.

En revanche, l'AAFC regrette l'absence de réponse d'Alain Juppé concernant les sanctions frappant la RPD de Corée, la normalisation des relations diplomatiques entre la France et la RPDC, ou encore la dégradation de la situation des droits de l'homme en Corée du Sud.

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations France-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)