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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 15:22

En Corée du Sud, les manœuvres militaires annuelles Foal Eagle ont pris fin le 29 avril 2016, un jour avant la date initialement prévue. Menés dans un contexte de tensions exacerbées dans la péninsule coréenne, ces exercices militaires - d'une ampleur inédite cette année - ont une nouvelle fois constitué une véritable menace pour la paix en Corée, en Asie et dans le monde, amenant l'Association d'amitié franco-coréenne à intervenir directement auprès des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Conseil de sécurité des Nations Unies

Conseil de sécurité des Nations Unies

Lancées le 7 mars 2016 en même temps que les exercices de simulation Key Resolve (qui ont pris fin le 18 mars), les manœuvres militaires américano-sud-coréennes Foal Eagle ont été historiques par leur ampleur : mobilisation de 10 000 soldats américains et de 300 000 soldats sud-coréens, déploiement d'armes stratégiques américaines en Corée, telles qu'un porte-avion, un sous-marin nucléaire, deux bâtiments de projection, un bombardier et un avion de combat furtifs.

Surtout, les armées des Etats-Unis et de la Corée du Sud (sous commandement américain en temps de guerre) ont appliqué pour la première fois le plan d'opération 5015. Ce plan consistant à frapper en premier les installations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donné lieu à des opérations amphibies et aériennes renforcées dirigées contre la RPDC.

Ces exercices militaires ont eu lieu dans un contexte de tensions dans la péninsule coréenne encore exacerbées par les sanctions visant la RPDC prévues dans la résolution 2270 adoptée le 2 mars 2016 par le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), suite à l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et au lancement d'un satellite le 7 février 2016.

Comme décidé lors de la réunion de son Conseil national du 5 avril 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne a adressé une lettre à tous les membres du Conseil de sécurité, à l'exception de la représentante des Etats-Unis, pour demander que les manœuvres militaires à répétition dans la péninsule coréenne, en tant que menace pour la paix, fassent, au moins, l'objet d'un débat au sein du CSNU.

Les exercices militaires américano-sud-coréens, auxquels s'ajoutent le refus de dialoguer avec la RPDC et le recours systématique à une « diplomatie des sanctions » de la part des Etats-Unis, font que ces derniers ont une large part de responsabilité dans la montée des tensions dans la péninsule coréenne. L'AAFC avait déjà fait part de son inquiétude face à cette situation dans une lettre adressée à l'ambassadeur des Etats-Unis en France le 28 janvier 2013, en se montrant disposée à en discuter avec lui ou ses collaborateurs. Cette lettre est restée sans réponse.

Texte de la lettre adressée, en français, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de la France (membre permanent) et du Sénégal :

Excellence,

L’attention du Conseil de sécurité des Nations Unies est souvent appelée sur les démarches militaires ou scientifiques entreprises par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Le résultat est que le Conseil de sécurité a été conduit par certains de ses membres à adopter des résolutions contraignantes qui donnent l’impression que les difficultés dans la péninsule coréenne ne sont imputables qu’à une seule partie. En outre, elles imposent à la RPDC et à sa population des sanctions qui tendent à aggraver encore les tensions. Elles encouragent d’autres pays à adopter des sanctions, cette fois-ci unilatérales, dans le plus grand mépris de la Charte des Nations Unies et de la compétence du Conseil de sécurité.

Aux termes de l’article 39 de la Charte des Nations Unies et dans le cadre de ses attributions exclusives en matière de sécurité collective, « le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ».

Or, au regard des qualifications employées par le Conseil de sécurité par le passé, il est patent que la notion de « menace contre la paix » dans la péninsule coréenne est susceptible de concerner un grand nombre de situations et de démarches entreprises, pas seulement du fait de la République populaire démocratique de Corée.

À ce titre, les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée sont clairement constitutifs d'une « menace contre la paix », dans la mesure où ils créent un climat de tension, susceptible d’entraîner un conflit.

Il est regrettable que les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée n’aient jamais été inscrits à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, ni traités afin que des mesures soient adoptées par les Nations Unies, alors qu'ils constituent un véritable problème : ils mobilisent des troupes et simulent clairement un affrontement armé avec la RPDC, fragilisent la situation et créent des tensions. En outre, leurs initiateurs s’inscrivent ouvertement dans l’optique d’un conflit avec la RPDC et envisagent l’hypothèse d’une invasion et d’une occupation de cette dernière.

Le Conseil de sécurité doit aborder ces exercices, car la « menace contre la paix » est clairement établie. En omettant de traiter cette situation, le Conseil de sécurité donne une impression de partialité, ce qui ne peut que fragiliser les buts qu’il est supposé poursuivre au titre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La sécurité collective suppose une approche globale et honnête de la situation, non une position n’obéissant qu’à un seul point de vue.

Il est de la responsabilité de chaque membre du Conseil de sécurité de soulever tout ce qui pourrait menacer la paix dans la péninsule coréenne, et non de se focaliser sur les actions d’un seul protagoniste.

La cause de la paix dans le monde suppose que les provocations récurrentes et réitérées ne soient pas tues et passées sous silence au motif que certains pays, aussi puissants soient-ils, s’y opposent.

Les Nations Unies doivent s’engager dans une démarche qui associe tous les Coréens afin que, pacifiquement, ils soient les seuls à prendre leur destin en mains, conformément aux principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de non-ingérence exprimés par la Charte des Nations Unies.

Nous vous prions d’agréer, Excellence, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Texte de la lettre adressée, en anglais, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Angola, de la Chine (membre permanent), de l'Egypte, du Japon, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni (membre permanent), de la Russie (membre permanent) et de l'Ukraine :

Excellency,

The attention of the UN Security Council is often drawn to the military or scientific actions taken by the Democratic People's Republic of Korea (DPRK).

As a result, the Security Council has been led by some of its members to pass binding resolutions which give the impression that difficulties in the Peninsula are imputable only to one side. Moreover, they impose on the DPRK and its people sanctions that tend to aggravate tensions. They encourage other countries to adopt unilateral sanctions, in total disregard of the UN Charter and the authority of the Security Council.

In accordance with Article 39 of the Charter of the United Nations and considering its exclusive powers for ensuring collective security, “the Security Council shall determine the existence of any threat to the peace, breach of the peace, or act of aggression and shall make recommendations, or decide what measures shall be taken in accordance with Articles 41 and 42, to maintain or restore international peace and security.

But in terms of qualifications used by the Security Council in the past, it is clear that the notion of "threat to the peace" in the Korean Peninsula is likely to involve a large number of situations and actions, not only as a result of initiatives taken by the Democratic People's Republic of Korea.

As such, the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea clearly constitute a "threat to the peace", since they create a climate of tension which may result in a conflict.

It is regrettable that the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea have never been on the agenda of the Security Council, or treated so that measures could be adopted by the United Nations while they are a real problem: they mobilize troops and clearly simulate an armed confrontation with the DPRK, undermining the situation and creating tensions. In addition, their initiators clearly act in the context of a dispute with the DPRK and consider the hypothesis of an invasion and an occupation of the latter.

The Security Council must address these exercises because a "threat to the peace" is clearly established. By failing to address this situation, the Security Council gives an impression of bias, which can only undermine the goals it is supposed to proceed under Chapter VII of the UN Charter. Collective security requires a comprehensive and honest approach to the situation, and not a position corresponding to only one point of view.

Each member of the Security Council has the responsibility to prevent anything that might threaten peace on the Korean peninsula, and not to focus on the actions of a single protagonist.

The cause of world peace demands that recurrent and repeated provocations should not be silently received or ignored on the grounds of the opposition of some countries, howsoever powerful they are.

The United Nations should engage in a process that unites all Koreans so that they could take their destiny into their own hands peacefully, according to the principles of the right of nations to self-determination and non-interference as expressed by the Charter of the United Nations.

We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.

The National Board of the France-Korea Friendship Association

Texte de la lettre adressée, en espagnol, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Espagne, de l'Uruguay et du Venezuela :

Excelencia,

La atención del Consejo de seguridad de las Naciones Unidas esta regularmente volcada hacia las actividades militares o científicas elaboradas por la República Popular Democrática de Corea (RPDC).

Resultando que el Consejo de seguridad haya adoptado resoluciones vinculando las dificultades de la península coreana a una sola de las partes. Además imponen a la RPDC y a su población sanciones que tienden a acentuar las tensiones. Estimulan la adopción, por parte de otras naciones, de sanciones, esta vez unilaterales, despreciando así la Carta de las Naciones Unidas y las competencias del Consejo de seguridad.

Según el articulo 39 de la Carta de las Naciones Unidas y en el ámbito de sus competencias exclusivas acerca de la seguridad colectiva : « El Consejo de seguridad constata la existencia de una amenaza contra la paz, de una ruptura de la paz o un acto de agresión y hace recomendaciones o decide de las medidas que serán tomadas conforme a los Artículos 41 y 42 para mantener la paz y la seguridad internacional. »

Sin embargo, teniendo en cuenta las calificaciones empleadas por el Consejo de seguridad en el pasado, queda patente que la noción de « amenaza contra la paz » en la península coreana es susceptible de incumbir a un gran numero de situaciones y de posturas tomadas no solamente por parte de la República Popular Democrática de Corea.

En dicho sentido, los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea son claramente elementos que constituyen una « amenaza contra la paz » en la medida en que alimentan un clima de tensión susceptible de provocar un conflicto.

Lamentamos que los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea no hayan sido nunca inscritos a la orden del día en el Consejo de seguridad, ni objeto de discusión de manera a que se tomen medidas necesarias por parte de las Naciones Unidas, cuando constituyen un autentico problema: movilizan tropas y simulan claramente un enfrentamiento armado con la RPDC, haciendo más frágil la situación y creando tensiones. Asimismo sus instigadores se inscriben abiertamente en la posibilidad de un conflicto con la RPDC y plantean la hipótesis de una invasión y ocupación de esa última.

El Consejo de seguridad debe atender a dichos ejercicios, puesto que la « amenaza contra la paz » esta claramente establecida. Omitiendo el trato de dicha situación el Consejo de seguridad dejaría suponer un trato parcial de la situación, lo que favorecería el debilitamiento de los objetivos que supuestamente ha de seguir si nos referimos al capítulo VII de la Carta de las Naciones Unidas. La seguridad colectiva implica un trato global y honesto de la situación, y no un posicionamiento que obedece a un solo punto de vista.

Incumbe a la responsabilidad de cada miembro del Consejo de seguridad de señalar cualquier elemento que podría amenazar la paz en le península coreana y no centrarse en las acciones de uno solo de los protagonistas.

La causa de la paz en el mundo implica que las provocaciones recurrentes y reiteradas no sean calladas y sofocadas debido a que ciertos países, por muy poderosos que sean, se opongan a ello.

Las Naciones Unidas deben fomentar un enfoque que asocie a todos los coreanos con el objetivo de que, pacíficamente, sean los únicos que puedan tomar en mano su destino conforme a los principios del derecho de los pueblos a disponer de ellos mismos y a la no-injerencia expuesta en la Carta de las Naciones Unidas.

Le saluda atentamente.

Oficina nacional de la Asociación de amistad Francia-Corea

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations internationales de la Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)