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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:39

Dans des données publiées le 5 mars 2015, l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a détaillé quels sont les pays étrangers visités chaque année par les citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord, hors Chongryon) entre 1995 et 2014 (ou 2013 pour certains Etats). Il faut tenir compte des traditionnelles réserves méthodologiques sur les statistiques propres à la RPD de Corée : ainsi, une absence de chiffre pour un pays et une année donnée ne signifie pas nécessairement qu'il n'y aucune entrée de Nord-Coréen dans ce pays pour l'année considérée, mais seulement que les données manquent, rendant ainsi non pertinente toute consolidation au niveau mondial ; par ailleurs, selon toutes apparences les sources proviennent principalement des Etats tiers à la RPDC, et pas de la RPDC elle-même ; les statistiques sont disponibles plus tardivement que pour d'autres pays, et comportent des lacunes par Etat (en particulier, la France, le Royaume-Uni et la Corée du Sud sont absentes) ; enfin, les données agrégées sont susceptibles de comptabiliser pour la RPDC des chiffres relevant en réalité de la République de Corée (Corée du Sud), ce qui pourrait expliquer certaines anomalies dans les séries statistiques par pays (par exemple, le nombre de 10 717 Nord-Coréens ayant visité la Tanzanie en 2012 correspond-il à une exception, et si oui comment l'expliquer, ou à erreur ?). En outre, certains biais méthodologiques sont propres à la nature des données elles-mêmes : alors que les voyages à l'étranger des Nord-Coréens s'effectuent à notre connaissance principalement par train, puis par avion (le détail par mode de transport n'étant pas disponible pour les données consultées) , la République populaire de Chine est le principal pays de transit (loin devant la Fédération de Russie) vers d'autres destinations à l'étranger, et il n'est pas certain que les données de l'OMT distinguent les cas où la Chine est la destination finale, de ceux pour lesquels elle n'est qu'un pays de transit. Sous ces importantes réserves, les statistiques de l'OMT offrent un panorama utile des pays avec lesquels la RPD de Corée a des échanges de personnes - dans le sens des visites effectuées par les Nord-Coréens à l'étranger.

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Le siège de l'Organisation mondiale du tourisme, à Madrid

Sans surprise, le voisin chinois est le pays qui reçoit - de loin, et de manière croissante - le plus grand nombre annuel de visiteurs nord-coréens par an : 60.000 à 70.000 entre 1995 et 1999, 70.000 à 80.000 de 2000 à 2003, 100.000 à 120.000 entre 2003 et 2010, plus de 150.000 en 2011, 181.000 en 2012 et 207.000 en 2013, les données pour 2014 n'étant pas disponibles. Cette augmentation suit celle des échanges de marchandises, ainsi que des investissements chinois en RPDC, mais alors que les données économiques connaissent parfois des à-coups brutaux (partiellement liés à l'application des sanctions internationales par la Chine), le nombre de visiteurs nord-coréens en Chine croît régulièrement, par paliers jusqu'en 2010, puis suivant une croissance annuelle comprise entre 15 % et 25 % en 2011, 2012 et 2013. Ces données conforteront les analystes qui pointent un risque de dépendance de la Corée du Nord vis-à-vis de la Chine. Par ailleurs, les visites à Hong Kong sont faibles (quelques centaines par an), bien qu'il s'agisse d'une des principales portes d'entrée commerciale sur la Chine, et à peine supérieures dans le cas de Macao (1 000 à 2 000 par an).

La Russie est un lointain second, accueillant chaque année entre 9.000 et 24.000 Nord-Coréens. La tendance est à la hausse, mais beaucoup moins rapidement et nettement que pour la Chine, confirmant que la politique d'équilibre suivie par Pyongyang entre Moscou et Pékin du temps de la guerre froide appartient à l'histoire - même si la Russie tente aujourd'hui d'accroître ses liens avec la RPDC, dans le cadre notamment de l'année croisée Russie-Corée.

Pour les autres pays, les évolutions sont très souvent heurtées, à l'image des relations commerciales de la RPDC avec d'autres pays que la Chine ; l'Inde a accordé annuellement des visas à 5.000 à 8.000 Nord-Coréens par an entre 1995 et 1997, puis ce nombre a spectaculairement baissé (jusqu'à 4 en 2009) avant de remonter légèrement en restant faible (332 en 2013). Pour la Malaisie, ce nombre a dépassé 10.000 par an entre 2003 et 2004, avant de tomber à environ 1.000 par an ces dernières années. Le Pérou a accueilli chaque année, entre 2004 et 2006, 5.000 à 8.000 Nord-Coréens, les données n'étant plus disponibles depuis 2007.

Certains Etats accueillent toutefois régulièrement un nombre relativement élevé de Nord-Coréens : la Belgique (plus de 4.000 par an, sans doute en partie partiellement du fait d'échanges avec les institutions de l'Union européenne), la Finlande (1.000 à 2.000 par an depuis 2008), le Honduras (plus de 4.000 en 2012 et en 2013), la Pologne (15.000 en 2010, 4.000 en 2013).

Au final, ces chiffres sont à l'mage de la volonté de diversification de ses échanges avec l'étranger de la Corée du Nord, en dehors des partenaires traditionnels que sont la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société Relations internationales de la Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)