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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 11:44

Du 2 au 4 octobre 2007 se tenait, à Pyongyang, la deuxième rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants de la République de Corée (Corée du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après la première déclaration du 15 juin 2000, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun signaient alors, le 4 octobre 2007, une déclaration conjointe qui ouvrait de nouvelles perspectives de coopération et d'échanges Nord-Sud, tendant ainsi à la réunification pacifique et indépendante de la péninsule. Mais le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul, en 2008, a marqué un coup d'arrêt au rapprochement, et la fin de la politique sud-coréenne du "rayon de soleil" (sunshine policy) d'ouverture au Nord. Huit ans plus tard, de multiples voix, non seulement en Corée du Sud mais aussi parmi les spécialistes des questions coréennes (universitaires, diplomates), font observer que le changement de cap de l'administration sud-coréenne n'a produit aucun des effets escomptés par les tenants d'une ligne dure. Nous rendons ainsi compte d'un colloque organisé à Séoul à l'occasion de l'anniversaire de la déclaration du 4 octobre, en traduisant ci-après de l'anglais un article publié par le quotidien sud-coréen progressiste Hankyoreh,  intitulé "A l'occasion de l'anniversaire de la déclaration [du 4 octobre 2007], des voix s'élèvent pour revenir à la politique du rayon de soleil".

Rencontre le 13 juin 2000 entre le Président sud-coréen Kim Dae-jung et le Dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, lors du premier sommet intercoréen

Rencontre le 13 juin 2000 entre le Président sud-coréen Kim Dae-jung et le Dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, lors du premier sommet intercoréen

Les participants au symposium ont affirmé que si les politiques de réconciliation s'étaient poursuivies les relations intercoréennes ne se seraient pas détériorées

Lors d'une conférence universitaire qui a marqué le huitième anniversaire de la Déclaration Nord-Sud du 4 octobre, plusieurs voix ont appelé à revenir à la politique du rayon de soleil et à prendre d'autres initiatives pour améliorer les relations intercoréennes. Le 2 octobre, la Fondation Roh Moo-hyun, le Forum pour la paix en Corée (Korea Peace Forum) et le Chatham House (Institut royal de relations internationales) ont co-organisé un symposium international lors du huitième anniversaire de la Déclaration du 4 octobre, au Centre Séjoing des Arts des Spectacles, au centre de Séoul.

Lors du symposium, James Hoare, membre de Chatham House et ancien chargé d'affaires et consul général à l'ambassade britannique à Pyongyang, a déclaré que le Sud et le Nord avaient maintenant besoin de revenir aux initiatives de la politique du rayon de soleil mises en oeuvre par Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun entre 1997 et 2007. Il a ajouté que si Lee Myung-bak avait poursuivi de telles initiatives au lieu d'abandonner la déclaration du 4 octobre, cela aurait grandement aidé les relations intercoréennes. 

Moon Jae-in, dirigeant de l'Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie (opposition), a affirmé que si les initiatives prises dans le cadre de la déclaration du 4 octobre s'étaient poursuivies, la vie de 70 millions de personnes "serait prospère et pleine d'espoir", tandis que la péninsule coréenne "tendrait la main à la communauté internationale comme formant un tout". "Mais les huit dernières années de Lee Myung-bak et Park Geun-hye ont ramené les relations intercoréennes à leur période la plus sombre", en ajoutant que si les mesures telles que la création d'une zone spéciale de paix et de coopération en Mer de l'Ouest (Mer Jaune) avaient été mises en oeuvre, le pays pourrait concentrer ses efforts à résoudre avec succès les questions de la stagnation économique, du déclin de la classe moyenne et du chômage des jeunes. La déclaration du 4 octobre comportait des accords tendant à la mise en place d'une "zone spéciale de paix et de coopération" en Mer de l'Ouest, incluant la ville de Haeju et la région maritime située à proximité, ainsi que la création de zones de pêche conjointes et de districts dédiés à la paix.

Lee Seung-hwan, directeur opérationnel de Tongilmaji - Agir pour Une Corée, a déclaré que le déclaration du 4 octobre était importante en ce qu'elle avait manifesté la volonté de la Corée du Nord de "discuter avec les Etats-Unis des sujets liés à la paix et de travailler sur des programmes d'échanges et de coopération avec la Corée du Sud", en observant qu'elle avait marqué une percée diplomatique qui aurait pu conduire à des discussions de paix directement entre les différents gouvernements. Il a ajouté qu'en niant les résultats de l'époque Roh Moo-hyun (2003-2008), l'administration Park pouvait réussir à conclure des "accords provisoires", comme ceux obtenus lors des discussions de crise le 25 août dernier dans un contexte d'escalade des tensions, mais "échouerait en définitive à éloigner l'animosité et la méfiance entre les deux Corée", conduisant ainsi à de nouveaux conflits. Toujours selon lui,  "le gouvernement qui améliorera les relations intercoréennes sera celui qui reprendra les initiatives de la Déclaration du 4 octobre".

Etaient également présents le maire de Séoul Park Won-soon, le gouverneur de la province de Gangwon Choi Moon-soon, et d'autres dirigeants d'exécutifs locaux, qui ont souligné la nécessité de ressusciter les échanges intercoréens dans un esprit de paix et conformément à la déclaration du 4 octobre. Won Hee-ryong, gouverneur de Jeju, a dit qu'il proposait depuis l'an dernier de relancer les projets d'exportation de mandarines vers la Corée du Nord, tels qu'ils avaient existé depuis 1998 jusqu'aux mesures du 24 mai 2010. Il a ajouté que la Corée du Nord est la seule région maritime en Asie à laquelle n'ont pas accès les navires des lignes régulières, en observant que "l'établissement d'une route maritime entre Jeju et la Corée du Nord diminuerait fortement les tensions intercoréennes".

Kim Jin-hoon, journaliste du Hankyoreh

Article original en anglais :  

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)