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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 23:09

Le 30 août 2015, à l'appel du collectif Students Emergency Action for Liberal Democracy (SEALDs, Action d'urgence des étudiants pour la démocratie libérale), plus de 120 000 manifestants sont descendus dans les rues à Tokyo, pour refuser la révision de l'article 9 de la Constitution pacifiste japonaise, que le gouvernement de Shinzo Abe tente d'imposer contre la volonté d'une majorité de Japonais et suivant une procédure qui ne respecte pas le droit constitutionnel japonais. Alors que des rassemblements ont également eu lieu dans 300 villes japonaises, les Japonais de l'étranger ont aussi manifesté dans le monde, les 29 et 30 août 2015 : à Paris, ils se sont réunis le 29 août place du Trocadéro, de 19h à 21h. Parmi les participants originaires de six pays (Japon, France, Corée du Sud, Vietnam, Luxembourg, Bulgarie), Lee Yeda, premier Sud-Coréen à avoir obtenu l'asile politique en France en tant qu'objecteur de conscience, a souligné son refus de voir le Japon engagé dans des conflits à l'étranger, si la nouvelle interprétation de l'article 9 de la Constitution japonaise était adoptée dans le cadre du projet de loi de sécurité nationale qui créerait ainsi un "droit de légitime défense collective". La manifestation était soutenue par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a fait du combat pour la paix en Asie de l'Est l'une de ses priorités. Nous reproduisons ci-après le discours prononcé lors du rassemblement du Trocadéro par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération.

Manifestation à Paris contre la révision de la Constitution pacifiste japonaise

Mesdames,
Messieurs,
Chers amis, japonais, français, coréens, vietnamiens, luxembourgeois, bulgares,

Je suis fier d'être présent aujourd'hui aux côtés de ceux qui représentent en France l'Action d'urgence des étudiants pour la démocratie libérale (Students Emergency Action for Liberal Democracy, SEALDs), au nom de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), dont je suis vice-président chargé des actions de coopération.

L'AAFC a pour but la paix et la réunification de la Corée. Agir pour la paix en Asie de l'Est, c'est refuser la course aux armements, conventionnels comme nucléaires. Agir pour la paix en Asie de l'Est, c'est refuser la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise, que le gouvernement Shinzo Abe tente de faire passer en catimini, au mépris des procédures normales de révision constitutionnelle, dans le cadre du projet de loi de sécurité nationale actuellement en discussion au Parlement. Agir pour la paix en Asie de l'Est, c'est refuser la renaissance du militarisme japonais, combattre le révisionnisme historique qui a installé la droite et l'extrême-droite japonaises dans le déni de la défaite de 1945 : non, nous n'acceptons pas que des troupes japonaises soient demain les auxiliaires de l'impérialisme américain, pour des guerres de rapines menées hier en Irak, aujourd'hui en Syrie et au Proche-Orient.

Le Gouvernement Abe doit accepter d'écouter la voix de la sagesse, de la paix et de la liberté - celle d'une majorité de Japonais qui refusent le retour du militarisme nippon, avec son cortège de guerres, d'atteintes à la démocratie et aux droits de l'homme. Il doit aussi écouter le gouvernement chinois, les gouvernements coréens et tous les amis de la liberté et de la paix qui refusent que la formidable puissance économique du Japon devienne, demain, une force de guerre et d'agression.

Le combat des Japonais et de nous tous réunis ici, au Trocadéro, place du Parvis des Droits de l'Homme, dépasse l'enjeu du seul Japon : c'est la paix en Asie du Nord-Est, la paix en Asie et dans le monde, qui est en jeu. Puissent les lauriers de la paix ceindre vos fronts, jeunes et courageux militants pacifistes japonais, qui reprenez le glorieux flambeau porté par vos aînés, pour un monde sans guerre !

En tant que Français, en tant que militant pacifiste, j'exige le retrait de la loi de sécurité nationale. J'exige le maintien de l'article 9 de la Constitution japonaise. J'exige, enfin, que le gouvernement japonais joue désormais un rôle positif pour résoudre pacifiquement et par la voix du dialogue les conflits territoriaux qui l'opposent à tous ses voisins - Russie, Chine, Corée.

A Tokyo, à Paris et dans le monde, c'est l'aube d'une ère nouvelle dont nous préparons l'avènement, pour nous, pour nos enfants, et pour les générations futures !

Je vous remercie de votre attention.

Lire aussi (en japonais) : le compte rendu des manifestations au Japon et dans le monde (dont une photo de la manifestation à Paris), sur le site du quotidien du Parti communiste japonais Akahata

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)