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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 12:20

Après une brusque montée des tensions dans la péninsule coréenne, des négociations d'urgence entre les deux Corée se sont ouvertes dans le village frontalier de Panmunjom ce samedi 22 août 2015 à 18 heures heure locale (11h30 heure française). L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) apporte un éclairage sur ces discussions, décidées deux heures avant la fin de l'ultimatum lancé par Pyongyang pour que Séoul fasse cesser la diffusion de sa propagande par haut parleur le long de la DMZ. Pyongyang avait menacé de tirer sur les hauts parleurs, après des échanges de tirs d'obus deux jours plus tôt (présentés par le Sud comme une riposte à un premier tir du Nord, et par le Nord comme une initiative et une provocation du Sud).

Comprendre les négociations en cours entre les deux Corée

Quel est l'objet des discussions ?

Si ces négociations d'urgence interviennent dans le contexte d'exercices de guerre américano - sud-coréens (auxquels participe la France, entre autres), leur objet premier porte sur les hauts parleurs situés le long de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corée. Le 4 août dernier, l'explosion de mines antipersonnel a gravement estropié deux soldats sud-coréens le long de la DMZ. En réaction à ce qu'elle a finalement considéré comme une attaque du Nord, à la suite d'une enquête qu'elle a menée avec les seuls Américains, le Sud a décidé de relancer sa propagande par haut parleur - suspendue depuis un accord intercoréen de 2004 - le long de la DMZ.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a vivement rejeté cette accusation qu'elle considère comme une manoeuvre pour ressouder l'opinion sud-coréenne autour de sa présidente, largement impopulaire. La RPDC a apporté des éléments d'explication crédibles sur l'origine de ces mines, dont la DMZ est truffée, provenant selon elles de l'époque de la guerre de Corée (1950-1953), les inondations ayant pu entraîner par ailleurs des glissements vers le Sud de la DMZ.  

Enfin, l'envoi par des groupes d'activistes sud-coréens de ballons de propagande au Nord suscite une forte irritation de la RPDC, qui a demandé aux autorités sud-coréennes d'intervenir pour suspendre ces opérations. Le gouvernement sud-coréen dit qu'il ne peut pas intervenir, en invoquant la liberté d'expression, bien qu'en d'autres circonstances il ait pourtant interdit des lancers de ballons le mettant en cause après le naufrage d'un ferry (le "Sewol"). En outre, la proximité de ces activistes sud-coréens avec l'extrême-droite sud-coréenne (pro-gouvernementale), d'une part, et les services de renseignement sud-coréens, d'autre part, offre de réelles marges de manoeuvre au gouvernement sud-coréen.

 

Qui négocie ?


Compte tenu que leur objet premier est la propagande sud-coréenne le long de la DMZ, les négociations n'incluent pas les Etats-Unis.

Les discussions sont conduites à un  haut niveau. La délégation nord-coréenne est menée par Hwang Pyong-so, directeur du bureau de politique générale de l'Armée populaire de Corée, et Kim Yang-gon, directeur du Département du Front uni au sein du Parti du travail de Corée. Il s'agit d'une équipe de négociation mixte (civilo-militaire), dont les membres ont une expérience des échanges avec le Sud : ils faisaient l'un et l'autre partie de la délégation nord-coréenne ayant visité le Sud, en octobre 2014, à l'occasion des Jeux asiatiques d'Incheon qui s'étaient tenus dans la ville sud-coréenne. La délégation sud-coréenne est menée par Kim Kwan-jin, chef du bureau de la sécurité nationale de l'administration présidentielle, et Hong Yong-pyo, ministre de la Réunification.

 

Quelle durée des négociations ?

Le fait que les négociations n'aient pas été interrompues peu après leur ouverture indique une certaine volonté de conclure, alors que les tensions ont atteint un degré élevé dans la péninsule coréenne. Mais chaque partie campe sur ses positions (le Sud ayant notamment indiqué qu'il n'entendait pas arrêter sa propagande par haut parleur), ouvrant la possibilité de rencontres ultérieures avant de parvenir à un éventuel accord.

 

Est-ce le retour à une phase de négociations pour réduire les tensions dans la péninsule coréenne ?

Les Etats-Unis n'entendant pas à ce stade suspendre leurs exercices de guerre Ulji Freedom Guardian, il restera en tout état de cause de nombreux points d'achoppement et les risques d'affrontement ne disparaîtront pas, quelle que soit l'issue des négociations intercoréennes en cours.

Le retour à la table des négociations entre toutes les parties, notamment sur la question nucléaire et l'éventuelle conclusion d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953, est vivement encouragé par Pékin. Ces propositions se sont toutefois heurtées jusqu'à présent à une fin de non-recevoir de la part de Washington et Séoul, qui posent des conditions préalables jugées inacceptables par Pyongyang.

Mise à jour : les négociations, qui ont commencé à 18h30, se sont achevées près de dix heures plus tard, à 4h15 du matin (heure locale) le dimanche 23 août 2015. Les deux parties ont convenu de les reprendre ce même dimanche, à 15h.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)