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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 00:56

Au lendemain de l'approbation par l'Assemblée nationale de M. Lee Wan-koo au poste de Premier ministre, Mme Park Geun-hye, Présidente de la République de Corée (Corée du Sud), dont la cote de popularité est tombée à 30 %, a poursuivi le remaniement de l'équipe de ses collaborateurs en nommant au poste de chef de cabinet, le 27 février 2015, le directeur du service national de renseignement (National Intelligence Service, NIS), M. Lee Byung-kee. Le parcours de ce dernier témoigne des liens étroits, parmi les conservateurs sud-coréens héritiers de la junte militaire sud-coréenne longtemps dirigée par le propre père de Mme Park, entre politique, business et renseignement. Sa nomination à un poste clé de l'exécutif témoigne que la récente condamnation de l'ancien directeur du NIS pour l'implication de ses services dans la victoire électorale de Mme Park à l'élection présidentielle de décembre 2012 n'a en rien réduit le rôle majeur des services de renseignement comme acteur politique en Corée du Sud - en méconnaissance flagrante du principe de neutralité de l'administration.

M. Lee Byung-kee avec la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, en juillet 2014.

M. Lee Byung-kee avec la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, en juillet 2014.

M. Lee Byung-kee est un pur produit de l'establishment sud-coréen, d'une fidélité sans faille à la junte militaire et à ses héritiers au sein du camp conservateur : officiellement diplomate de carrière à partir de 1974, mais suivant un parcours l'ayant amené à effectuer de fréquentes incursions dans l'agence de renseignement, il est entré en politique en 1985 dans le contexte de la montée en puissance de l'opposition démocratique, alors violemment réprimée, en choisissant de devenir secrétaire du général Roh Tae-woo. Roh Tae-woo était Président du Parti démocratique de la justice (au pouvoir) et sera ensuite chef de l'Etat (1988-1993). Ambassadeur au Japon (2013-2014), Lee Byung-kee a défendu les positions nationales coréennes, notamment sur la nécessaire reconnaissance par le Japon du préjudice subi par les anciennes esclaves sexuelles ("femmes de réconfort") de l'armée nippone pendant la Seconde guerre mondiale.

Engagé aux côtés du très droitier Lee Hoi-chang (battu) lors de l'élection présidentielle de 2002, il a été accusé par l'opposition d'avoir été l'artisan d'un financement illégal massif de la campagne de ce dernier. Lors des campagnes présidentielles de 2007 et 2012, il a fait partie de l'équipe de Mme Park Geun-hye, fille du très autoritaire général Park Chung-hee, au pouvoir à Séoul entre 1961 et 1979, et peut être considéré comme l'un de ses proches conseillers et inspirateurs.

Lee Byung-kee ne sera resté que huit mois directeur du Service national de renseignement (NIS), où lui succède le directeur adjoint de l'agence. Le nouveau chef de cabinet de la Présidence de la République a une longue carrière officielle dans les services de renseignement, qui ont été très impliqués dans les milliers de morts causés par le régime militaire : il a été responsable du département international du NIS, et directeur adjoint du NIS durant la présidence (conservatrice) de M. Kim Young-sam (1993-1998), témoignant de la symbiose entre diplomatie et renseignement en Corée du Sud.

Lee Byung-kee, qui a été au centre d'une polémique selon laquelle il aurait menti pour échapper au service militaire, est vu par l'opposition comme étant à l'image du Gouvernement de Mme Park Geun-hye et du parti Saenuri (conservateur, au pouvoir) : partisan du contrôle de la presse et de méthodes fortes de gouvernement, il s'est très fortement enrichi après son entrée en politique, à la faveur d'opérations immobilières.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)