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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:58

Le 6 octobre 2014, Mutuma Ruteere, rapporteur spécial de l'Organisation des Nations Unies sur le racisme, a souligné les graves problèmes de "discrimination raciale", d'exploitation et d'abus dont sont victimes les étrangers en République de Corée (Corée du Sud), à l'issue d'une mission d'une semaine menée dans la péninsule. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rejoint pleinement les préoccupations du rapporteur spécial et appuie ses préconisations pour la mise en place, notamment, d'une législation anti-discriminations : alors que la société coréenne étaient jusqu'à une date récente extrêmement homogène, le racisme dont sont victimes les étrangers de plus en plus nombreux dans la péninsule constitue l'une des questions les plus brûlantes pour le respect des droits de l'homme en Corée du Sud.

Mutuma Ruteere

Mutuma Ruteere

Depuis 2006, la population étrangère en Corée du Sud a augmenté de 500.000 à 1,57 million de personnes (y compris les étudiants internationaux et les conjoints de Coréens), représentant aujourd'hui plus de 3 % de la population du pays. Pendant la même période, le nombre d'enfants issus de mariages mixtes, souvent victimes de discriminations, a augmenté de 44.000 à près de 200.000.

Malgré ces évolutions, la société sud-coréenne reste profondément raciste, comme Mutuma Ruteere, rapporteur de l'ONU, en a dressé le triste constat à l'issue d'une visite d'une semaine dans le pays. Dans la conférence de presse qu'il a donnée le dernier jour de son séjour, il a souligné les problèmes qui se posent et déploré le peu d'attention des autorités gouvernementales, alors qu'il n'a pu rencontrer, malgré ses demandes, aucun des membres du Gouvernement.

Les discriminations prennent différentes formes. En particulier, aux préjugés racistes contre les épouses des Coréens, souvent originaires des pays d'Asie du Sud-Est, dans un pays soumis à un grave défi de dénatalité et de déséquilibre du sex ratio, s'ajoute leur manque de protection en cas de divorce ou de séparation, surtout si elles n'ont pas d'enfants. Un autre problème majeur réside dans les salaires inférieurs et les plus longues journées de travail des étrangers employés dans le secteur de la pêche et de l'agriculture, alors que le système discriminatoire de permis de travail mis en place en 2007 les empêche en pratique de devenir des résidents permanents ou de rester dans le pays sur le long terme.

Dans ce contexte, Mutuma Ruteere a appelé à agir sur le plan législatif, en adoptant une législation anti-discrimination dans le domaine du droit du travail, ainsi qu'en bannissant les stéréotypes raciaux et xénophobes dans les médias. De tels changements sont non seulement nécessaires : ils sont urgents pour changer les mentalités.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)