Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 22:39

Kim Kwang-seok (1964-1996) est une icône de la musique folk coréenne. Ses chansons ont incarné l'espoir et accompagné les luttes de la génération 386 à laquelle lui-même appartenait - génération nommée 386, car ses membres, acteurs de la chute du régime militaire au Sud de la péninsule, étaient de jeunes trentenaires nés dans les années 1960 et ayant fréquenté l'université à la fin des années 1980 - selon la conception est-asiatique selon laquelle vous avez 1 an à votre naissance et 2 ans dès le 1er janvier de l'année suivant votre date de naissance. Mais si Kim Kwang-seok, cadet d'une famille dont le père, professeur d'école, avait été révoqué pour avoir participé à la création d'un syndicat non autorisé, a participé à des groupes de musiciens engagés avant de commencer lui-même une carrière solo, ce n'est pas tant son action politique que la qualité vocale et instrumentale parfaite de ses chansons qui en ont fait une des figures les plus populaires de la musique contemporaine en Corée du Sud, longtemps encore après sa disparition brutale, et auquel ont rendu hommage nombre d'artistes de la scène de la K-pop. Analyse d'une de ses titres les plus poignants, en coréen Soreun Jeu-eumé (Autour de trente ans).

Une voix puissante et douce, une musique acoustique où les accords de la guitare et de la trompette créent un rythme régulier qu'accélère essentiellement la mélodie : toute la chanson est empreinte d'émotion et exprime un profond sentiment de nostalgie. Le tournant de la trentaine est aussi celui des retours sur notre propre vie, où l'espoir reste présent mais où l'image d'une jeunesse qui s'éloigne le cède à la mélancolie.

Ayant reçu une excellente formation musicale classique, Kim Kwang-seok sait jouer du violon, de la flûte et du hautbois ; il a aussi - et peut-être surtout - exercé très jeune sa voix en fréquentant la chorale de l'école, avant de commencer à chanter dans les cafés à l'âge de 18 ans, en 1982, pour payer ses études. De ses premières années il a gardé une capacité à créer des synthèses magistrales, entre des formes coréennes traditionnelles (y compris dans les thèmes retenus dans ses chansons) et un style délibérément inspiré du folk occidental, tout en jouant sur une économie de moyens instrumentaux, simples mais puissants.

Kim Kwang-seok était avant tout un homme de scène, privilégiant les petites salles de concert à l'ambiance chaleureuse où il communiait avec le public - tout en exprimant sur son propre visage les émotions qu'il voulait transmettre - et savait transmettre - à son public. Ses airs sont gravés à jamais dans la mémoire collective : l'interpréter, par un accompagnement à la guitare, c'est ressusciter une époque, convoquer les souvenirs, façonner demain au regard des défis du passé et des enjeux du présent.

Sources :

Partager cet article

Repost 0
Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Culture
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?

aujourd'hui


dans les 30 derniers jours

 
 

Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)