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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 21:28

Le principal combat mené par l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) est la lutte pour la réunification de la péninsule coréenne. Elle contribue ainsi, à son niveau,  à favoriser le dialogue entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud). Malheureusement, la péninsule ayant été divisée non pas par les Coréens eux-mêmes mais par les grandes puissances de la Guerre Froide, États-Unis en tête (ce sont d’ailleurs deux officiers américains qui ont tracé le 38e parallèle), la problématique de la réunification est encore soumise à la volonté de cette puissance tutélaire, toujours présente militairement en Corée du Sud et au Japon. Or, une fois de plus, l’administration Obama vient de témoigner du « régime spécial » qu’elle réserve à la péninsule coréenne, plus que jamais déterminée à diviser (par la force) le peuple coréen, en excluant la péninsule coréenne de leur engagement à ne pas recourir aux mines antipersonnel.

Sur cette carte, les Etats en bleu font partie de la convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnelf

Sur cette carte, les Etats en bleu font partie de la convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnelf

Les lecteurs du blog de l’AAFC le savent, la péninsule coréenne est divisée depuis 1948 entre, au Nord, la RPDC dont la capitale est Pyongyang, et, au Sud, la République de Corée dont la capitale est Séoul. Les deux pays, malgré des relations en dent de scie, se sont mutuellement reconnus en 1992 et poursuivent un idéal de réconciliation en dehors de toute ingérence étrangère. Ce principe a été mis au jour lors d’une réunion bilatérale de 1972, dont on peut retrouver les principaux points dans un court texte de Kim Il-sung (président de la République Populaire et Démocratique de Corée) daté de 1972, Des Trois Principes pour la Réunification de la Patrie.

Entre les deux Corées se situe une zone tampon de quatre kilomètres de large, la zone démilitarisée, qui, comme son nom ne l’indique pas, constitue la frontière la plus militarisée de la planète, et où l’armée américaine est stationnée en permanence. Outre un mur construit par les États-Unis et seulement visible du Nord, cette frontière constitue aussi le plus grand champ de mines du monde, ce qui permet d'empêcher physiquement tout contact entre les deux parties d’une même nation. Cette barrière, presque hermétique (certains militaires américains ont pu la traverser pour aller s’établir en Corée du Nord), fait régulièrement l’actualité : ainsi, l’année dernière, un Sud-Coréen voulant fuir au Nord a été tué de plusieurs dizaines de coups de feu tiré par les soldats sud-coréens alors qu’il tentait de traverser à la nage le fleuve faisant office de « frontière » intercoréenne.

Récemment, une offensive diplomatique de l’administration Obama a mis à nu le double discours des États-Unis sur la péninsule coréenne : en effet, trois mois après avoir annoncé la destruction d’une partie de son stock de mines antipersonnelles, la porte-parole du secrétariat d’État Jennifer Psaki a annoncé le 23 septembre 2014 un régime d’exception portant sur la péninsule coréenne. De fait, les États-Unis (premier producteur et exportateur d’armes au monde) luttent contre la prolifération des mines antipersonnelles, à l’exception de là où elles divisent les peuples, à savoir au beau milieu de la péninsule coréenne.

Ainsi se trahissent les contradictions de la diplomatie américaine : alors que Washington cherche à obtenir des concessions de Pyongyang sur ses programmes spatiaux et nucléaires via le plus vieil embargo de la planète, les autorités américaines entendent bien continuer de séparer par des champs de mines antipersonnelles la nation coréenne.


Il est plus qu’urgent de considérer le problème dans l’autre sens, à savoir diminuer la tension dans la péninsule coréenne en cessant les ingérences étrangères, et surtout, en abattant les frontières militaires, physiques ou légales dressées par les Grandes Puissances entre les deux parties du peuple coréen.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)