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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 07:03

La cantatrice sud-coréenne Kim Je-ni, dans le rôle de l’esclave birmane Tuptim, a conquis le public parisien venu assister au Théâtre du Châtelet à la représentation de la comédie musicale The King and I (Le Roi et Moi) mise en scène par Lee Blakeley. L'AAFC revient sur la prestation sublime d'une artiste prodige.

Kim Je-ni, étoile montante du chant, brûle les planches au Châtelet

The King and I (Le Roi et Moi) est l’une des comédies musicales les plus emblématiques de Broadway. Née en 1951 de la synergie des partitions de Richard Rodgers et du livret d’Oscar Hammerstein II, elle retrace l’histoire d’amour contrariée entre le roi de Siam – l’actuelle Thaïlande - Mongkut (Rama IV 1862-1876) et la préceptrice anglaise de ses enfants Anna Leonowens. Elle a suivi un film de 1946 qui a largement inspiré le livret de celle-ci et a donné suite à un certain nombre d’autres adaptations au cinéma comme le film éponyme de 1956 de Walter Lang ou encore un long-métrage animé de Walt Disney lui aussi porteur du même titre sorti en 1999.

Lee Blakeley s’est emparé de ce standard de Broadway et l’a transposé sur la scène du Théâtre de Châtelet dans l’esprit de l’âge d’or des comédies musicales. Décors riches en dorures, costumes magnifiques, jeux de lumière travaillés, chorégraphies imaginatives, chants ne figurant pas sur les enregistrements habituels, acteurs investis dans leurs rôles, tous les ingrédients ont été réunis pour émerveiller le public pendant 3h10 et le transporter vers une Asie mythifiée un peu kitsch mais dans l’âme des comédies musicales (en anglais surtitré).

Si le haut de l’affiche était tenu par des grands noms avec Lambert Wilson dans le rôle du roi et Susan Graham, mezzo-soprano américaine renommée, dans le rôle d’Anna, c’est bel et bien la jeune Sud-Coréenne Kim Je-ni qui s’est imposée par son talent et sa voix comme la révélation du Roi et Moi. Elle y interprète Tuptim, une jeune esclave birmane donnée au roi comme épouse mais secrètement amoureuse d’un autre : l’artiste confie avoir envisagé ce rôle difficile comme la rencontre d’une fragilité apparente et d’une grande force intérieure issue de la passion. Le personnage apporte une autre dimension au Roi et Moi, empreinte de gravité en raison de son amour impossible mais aussi de son destin tragique. Kim Je-ni a réussi à sublimer le rôle en transmettant une vraie émotion avec sa voix cristalline à chacun de ses passages.

Néanmoins, la comédie musicale est une première dans le parcours de Kim Je-ni. En effet, l’artiste est issue du monde de l’opéra. Née en 1984 en Corée du Sud, elle s’intéresse très tôt au chant et sa passion est rapidement couronnée de succès avec l’obtention en 2007 du diplôme de l’Université de Séoul. Elle y effectue ses débuts avec le rôle de Zerlina dans le Don Giovanni de Mozart. Son talent lui permet de poursuivre ses études de chant en Europe en intégrant en 2009 le Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan et d’y réussir brillamment tout en remportant de nombreux concours internationaux de chant. En 2011, Kim Je-ni entre à l’Ecole Normale de Musique de Paris où le diplôme de sixième exécution lui est attribué à l’unanimité des membres du jury. La jeune Sud-Coréenne fait son entrée au Centre National d’Artistes Lyriques (CNIPAL) en juin 2012 où elle est pensionnée pour la saison 2012-2013 et interprète de grands airs classiques tirés des répertoires de Mozart, Chambrier, Messager et Hahn. Un parcours sans faute pour la jeune Coréenne qui excelle à chaque représentation d’opéra.

Sa participation à une comédie musicale a donc constitué une véritable première pour l’artiste qui a ainsi eu l’opportunité de travailler avec un regard nouveau sur un genre qu’elle n’avait jusque là jamais exploré, en dépit de l’attrait prononcé des Coréens pour les comédies musicales plutôt que pour l’opéra du propre aveu de la jeune femme. Pari payant pour Kim Je-ni qui s’est lancée avec passion dans ce premier essai alors que ses professeurs déclaraient le rôle de Tuptim dans le Roi et Moi musicalement trop bas par rapport aux capacités de l’artiste : les critiques saluent unanimement la prestation de la jeune cantatrice sud-coréenne et lui prédisent déjà le brillant avenir d’une étoile montante du chant à l’aise aussi bien dans son domaine d’excellence, l’opéra, que dans des expériences nouvelles comme la comédie musicale.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Culture Relations France-Corée
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