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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 22:53

En mai 2014, la chambre basse de la Douma (Parlement russe) a ratifié l’effacement de près de 90 % des 10,94 milliards de dollars de la dette commerciale contractée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au cours de la période soviétique, ouvrant ainsi la voie à une relance des coopérations économiques bilatérales.

L’Union soviétique a constitué jusqu’à sa disparition en 1991 un soutien économique majeur et un partenaire commercial de premier plan pour la Corée du Nord. Ainsi, par exemple, elle a assuré près de 50 % des 4,75 milliards de dollars d’aide au développement qui aurait été versée à la RPDC entre 1945 et 1984. En 1988, l’URSS représentait 56 % du commerce avec la RPDC, soit un volume d’échanges chiffré à 4,1 milliards de dollars. Cependant, une réorientation soviétique progressive vers le Sud au détriment des liens traditionnels avec le Nord est amorcée à partir de la fin des années 1980 : ce tournant se concrétise notamment par la suppression des aides au développement et la fin des échanges produits contre produits au profit d’un commerce monétisé en dollars ou en deutschemark. Au surplus, les difficultés économiques de la RPDC issues d’une série de catastrophes naturelles entre 1995 et 1997 découragent la Russie - héritière de l’URSS - de renouer un contact économique soutenu. En 2011, le volume du commerce bilatéral plafonne à 110 millions de dollars, soit son niveau historique le plus bas et la dette nord-coréenne se fixe aux alentours d’un montant estimé à plus de 10 milliards de dollars.

La dette nord-coréenne auprès de la Russie reste une question centrale dans les relations entre les deux pays. Le projet d’annulation de la dette remonte à 2003, lorsque la RPDC en fait la demande officielle à la Russie. Un accord de principe, porté par le président Vladimir Poutine, est conclu en 2006 pour l’effacement de 80 % de cette dette. Toutefois, il est révisé en 2012 - suite à la rencontre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président russe Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011 - pour atteindre 90 % des 10,94 milliards de dollars de la dette commerciale nord-coréenne. Son entérinement par la Douma en mai 2014 constitue l’aboutissement d’un long dialogue entre les deux pays pour développer leurs relations économiques. Les 1,09 milliards de dollars restants non-effacés seront payés par des versements réguliers étalés sur 20 ans à la banque de développement russe, la Vnesheconombank (Внешэкономбанк) et le Ministre délégué aux finances, Serguei Storchak, a déjà précisé que cet argent pourrait être utilisé pour financer des projets communs sur le territoire de la RPDC, notamment un gazoduc – projet porté par Gazprom - et la réfection du chemin de fer jusqu’en Corée du Sud.

Rencontre entre les présidents Kim Jong-il et Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011

Rencontre entre les présidents Kim Jong-il et Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011

La résolution de la question de la dette nord-coréenne auprès de la Russie ouvre donc un large éventail d’opportunités économiques jusqu’ici considérées inaccessibles. Ainsi, Le 5 juin 2014, au cours d’une réunion du Comité permanent russo-coréen à Vladivostok, le Ministre russe pour le développement de l’Extrême-Orient Alexander Galouchko annonce le lancement de transactions bilatérales en roubles via les banques russes (la Corée du Nord utilise normalement l’euro pour ses échanges internationaux). L’objectif affiché de cette nouvelle coopération est de soutenir l’augmentation du commerce bilatéral pour atteindre un volume équivalent à 1 milliard de dollars par an vers 2020, contre 112 millions de dollars actuellement. Cependant, les retombées économiques de l’effacement de la dette nord-coréenne devraient aussi bénéficier aux projets communs bilatéraux ainsi que multilatéraux déjà établis à l’image de la réhabilitation et l'exploitation en commun de la liaison ferroviaire Rajin-Tumangang en 2008 par Tonghae - la compagnie nord-coréenne des chemins de fer – ou bien encore le Tumen River Area Development Programme (TRADP) lancé en 1992 visant à porter l’investissement multilatéral à 30 milliards de dollars sur les provinces du Nord Hamgyong et de Ryanggang (Corée du Nord), de Yanbian (Chine) et de Primorsky (Russie).

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Russie-Corée Economie
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