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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 22:57

Le 2 mai 2014, une spectaculaire collision entre deux rames du métro de Séoul, survenue à 15h30 à la station Sangwangsimni sur la ligne 2, a constitué un accident exceptionnel - qui a entraîné des blessures pour 230 personnes, mais heureusement aucun mort. Alors que les témoignages ont montré qu'il n'y avait pas eu d'annonce demandant aux passagers d'évacuer, ce sont ces derniers qui ont forcé les portes pour pouvoir s'échapper. Deux semaines après le dramatique naufrage du ferry "Sewol", ce nouveau dysfonctionnement des dispositifs publics de sécurité sud-coréens a entraîné des perquisitions dans les locaux de la compagnie des métros séoulites.

Collision entre deux rames, sur la ligne 2 du métro de Séoul (source Yonhap)

Collision entre deux rames, sur la ligne 2 du métro de Séoul (source Yonhap)

Selon l'opérateur de métro de Séoul, c'était la première fois qu'une telle collision se produisait entre deux rames sur une ligne de la capitale sud-coréenne - en l'occurrence, la ligne 2, la plus fréquentée du métro séoulite (752 millions de passagers en 2012). Dès l'accident, un défaut du système de contrôle automatique de la distance (ATS) avait été signalé par les autorités de la ville de Séoul comme ayant pu être à l'origine de la collision, qui a causé 230 blessés légers. En effet, le système ATS doit s'enclencher quand deux trains sont distincts de moins de 200 mètres.

 

Dans le cadre de l'enquête sur les causes de l'accident, des perquisitions ont été immédiatement effectuées le 2 mai - puis à nouveau le 6 mai, au siège de la société Seoul Metro, dans une annexe au centre de la capitale, à la salle des machines située dans la station Euljiro sur la ligne 2, ainsi que dans les locaux d’une entreprise privée chargée d’enregistrer des données brutes. L'hypothèse d'un dysfonctionnement du système ATS s'est confirmée après un premier incident le mardi précédent, lorsque Seoul Metro avait procédé à une mise à jour du système de signalisation sur la ligne 2. Un signal d'erreur a été détecté par un employé 14 heures avant l'incident survenu le 2 mai. Dans les deux cas, aucune mesure correctrice n'avait pas été prise - ce qui aurait sans doute permis d'éviter l'accident, dont les conséquences ont heureusement été limitées par le freinage brusque du conducteur d'une des rames, ainsi que par la présence d'esprit des passagers qui se sont dégagés eux-mêmes après l'absence d'annonce, et a fortiori de consigne, de la compagnie.

La déréglementation libérale, opérée par la Corée du Sud sous le mandat du président conservateur Lee Myung-bak (2008-2013) et poursuivie par l'actuelle chef de l'Etat, semble avoir une fois encore entraîné des déficiences réelles en matière de sécurité des transports de voyageurs, quelque deux semaines après le terrible naufrage du ferry "Sewol" - dont la gestion calamiteuse a entraîné une brusque chute de popularité de la présidente Park Geun-hye (retombée en-dessous du seuil de 50 %).

 

Il est désormais urgent d'agir, pour que la Corée du Sud mette fin à une déréglementation aux conséquences meurtrières. Dans tous les pays industrialisés, des contrôles de sécurité visent à prévenir de tels dysfonctionnements, établissent une procédure suite aux signalements d'incidents et organisent les opérations d'urgence en cas de catastrophe. Telles pourraient être les grandes lignes d'un programme de sécurité et de contrôle public des services de transports, que les citoyens et usagers sud-coréens sont en droit d'exiger.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)