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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 09:03

Le 1er mai 2014 les principales confédérations syndicales de l'ensemble de la Corée ont signé une déclaration commune : la Fédération générale des syndicats de Corée (du Nord), la Fédération des syndicats coréens (du Sud, plus connue sous son acronyme anglais : Federation of Korean Trade Unions, KFTU), de sensibilité modérée, opposée à la lutte des classes, et la Confédération coréenne des syndicats (du Sud, acronyme anglais : Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), qui a une tradition de luttes. Par ses signataires mêmes, l'initiative est exceptionnelle : elle marque une volonté commune de l'ensemble des organisations syndicales coréennes - du Nord comme du Sud - de parler d'une seule voix sur la réunification, montrant ainsi la vitalité des contacts et des échanges en dehors des canaux intergouvernementaux - à un moment où, précisément, le dialogue entre les gouvernements du Nord et du Sud est à un point bas. Par ailleurs, la KFTU et la KCTU ne prennent des initiatives communes que des sujets jugés de première importance - ce qui incite à examiner de plus près le contenu même de la déclaration commune avec la confédération syndicale du Nord de la péninsule.

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Se situant dans le cadre du dialogue et de la réconciliation fondés sur la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, les signataires expriment tout d'abord leurs condoléances pour les victimes du naufrage du ferry Sewol.

Le premier point de la déclaration reprend les principes d'une réunification indépendante de la Corée - réalisée par les seuls Coréens eux-mêmes - en vue de la paix dans la péninsule, en soulignant que les échanges entre les travailleurs du Nord et du Sud s'inscrivent dans cette logique de coopération.

 

Le second point souligne la nécessité de mettre fin aux campagnes mettant en cause l'autre partie. Il se termine par un message pacifiste appelant à cesser les exercices militaires menés conjointement avec des forces étrangères (ce qui vise, sans les nommer toutefois explicitement, les exercices américano - sud-coréens), et à refuser la course aux armements.

 

Le troisième point souligne l'engagement plus général à mettre en oeuvre les déclarations conjointes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, en ouvrant ainsi la voie à la paix et à la réunification de la Corée.

 

La tonalité globale de la déclaration conjointe renoue avec la politique "du rayon des soleil", mise en oeuvre par les administrations démocrates au pouvoir en Corée du Sud entre 1998 et 2008. Elle doit ainsi être considérée comme un appel à l'administration de la présidente conservatrice Mme Park Geun-hye à tourner le dos aux politiques intercoréennes conduites par son prédécesseur, et a minima pour accepter les échanges intercoréens entre travailleurs et organisations syndicales du Nord et du Sud (dont il faut rappeler qu'ils sont soumis à une autorisation préalable du Gouvernement sud-coréen).

 

Enfin, la référence à la paix et à la démocratie s'inscrit dans le combat de solidarité internationale du mouvement ouvrier - en première ligne des manifestations contre la guerre et, en Corée du Sud, très impliqué dans le mouvement de démocratisation des années 1980 et 1990 - alors que la KCTU n'était pas encore légalisée.

 

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société Relations intercoréennes
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)