Relations Japon-Corée

Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 15:14

Suite à la décision du gouvernement japonais de mentionner, dans les manuels scolaires, que feraient partie de son territoire les îles Dokdo, dont Tokyo conteste la souveraineté coréenne, Séoul a décidé de rappeler son ambassadeur au Japon.

Dès son investiture, le président sud-coréen Lee Myung-bak avait opéré un
rapprochement spectaculaire vis-à-vis du Japon, avant de se rendre à Tokyo et d'inviter en Corée l'empereur du Japon. Mais la question de la souveraineté des îles Dokdo vient de rappeler les contentieux toujours latents entre les deux Etats.

Dans le cadre des instructions gouvernementales sur les programmes scolaires, déjà empreintes d'un révisionnisme justifiant le militarisme nippon pendant la Seconde Guerre mondiale, Tokyo a informé Séoul que les programmes scolaires devraient désormais présenter les îles Dokdo (en japonais, Takeshima ; nom international, rochers de Liancourt) comme faisant partie du territoire nippon. La Corée du Sud a réagi en rappelant son ambassadeur au Japon.

Inhabitées mais représentant un enjeu pour la délimitation des zones économiques exclusives et les droits sur la pêche en mer, les îles Dokdo sont depuis 1954 sous le contrôle des garde-côtes sud-coréens. Les revendications japonaises sont récentes : c'est en 1905 que Tokyo, dans sa conquête de l'Asie, prend le contrôle des îles, qui ont ainsi été le premier territoire coréen à être annexe par le Japon à l'aube de la brutale colonisation du Pays du matin calme (1910-1945), durant laquelle les Japonais nièrent l'identité nationale coréenne en interdisant l'usage du coréen et en rendant obligatoire l'adoption de noms japonais.

Conformément à la déclaration de Postdam du 26 juin 1945, la souveraineté japonaise a été limitée aux "îles de Honshu, Hokkaido, Kyushu, Shikoku et d'autres petites îles que nous [les Alliés] désignerons". Puis les directives du Commandement Suprême Allié, du 29 janvier 1946, ont explicitement exclu les îles Dokdo du territoire japonais. Mais celles-ci n'ont pas été mentionnées dans le traité de paix signé par le Japon en 1951 : bien que cette omission ne remette pas en cause les textes antérieurs, elle a été utilisée par le Japon pour appuyer sa revendication territoriale des îles Dokdo.

Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée considère que les îles appartiennent à la nation coréenne, et elle rejette fermement les demandes du Japon.

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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 17:52

Alors que le Japon et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, les pourparlers en vue de leur normalisation de leurs relations doivent reprendre à Pékin, les mercredi 11 et jeudi 12 juin 2008, après neuf mois d'interruption.

Conjointement à la signature à Pékin de l'accord dans les pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), le 13 février 2007, en vue de la résolution de la question nucléaire nord-coréenne, des discussions se sont ouvertes entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et les Etats-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part, en vue de la normalisation de leurs relations diplomatiques.

Les discussions nippo - nord-coréennes, suspendues depuis la dernière rencontre bilatérale officielle à Oulan-Bator en septembre 2007, doivent reprendre à Pékin les 11 et 12 juin 2008, suite à une rencontre le samedi 7 juin à Pékin entre Akitaka Saiki, directeur général du Bureau des affaires d'Asie et d'Océanie du ministère japonais des Affaires étrangères, et Song Il-ho, ambassadeur de la RPDC pour les discussions de normalisation des relations avec le Japon.

Après la colonisation japonaise de la Corée de 1910 à 1945, le Japon a établi des relations officielles avec la seule Corée du Sud depuis 1965. Sans s'excuser pour la colonisation, notamment la prostitution forcée des femmes de réconfort, Tokyo a versé indirectement des réparations en contribuant financièrement, à l'instar des Etats-Unis, au développement économique de la Corée du Sud par des investissements massifs.
Le président sud-coréen Lee Myung-bak affiche par ailleurs non seulement un tropisme pro-américain, mais également sa nippophilie. Pour sa part, la Corée du Nord n'a reçu aucun soutien du Japon au titre de la colonisation.

Par ailleurs, le Japon n'a versé aucune des contreparties en énergie prévues dans le cadre de l'accord de Pékin du 13 février 2007,
tout en reconduisant les sanctions prises contre la RPDC après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006.

Une autre pierre d'achoppement est la question du sort des Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980 : bien que 5 survivants soient revenus au Japon et que le dirigeant Kim Jong-il ait assuré que les auteurs de ces actions avaient été punis, Tokyo affirme ne pas être convaincu par le décès des autres Japonais enlevés. Le chemin à parcourir est encore long sur la normalisation des relations nippo - nord-coréennes. (Sources : Japan Today, AFP, AAFC)

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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 01:05

Le 11 avril 2008, le Japon a prolongé pour six mois les sanctions prises contre la Corée du Nord à l'automne 2006. Des mesures qui traduisent l'alignement de Tokyo sur les néo-conservateurs américains.

Le 11 avril 2008, le gouvernement japonais a décidé de prolonger pour six mois les sanctions prises contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) après l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006. Ces mesures consistent en une fermeture des ports japonais aux navires nord-coréens et en des interdictions des exportations nord-coréennes vers le Japon.

Le gouvernement japonais a justifié la reconduction des sanctions au regard du différend entre les Etats-Unis et la RPDC sur la déclaration complète des activités nucléaires militaires nord-coréennes, la liste remise par Pyongyang en novembre 2007 étant jugée incomplète par Washington.

En fait, parmi les six parties (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) à l'accord de Pékin du 13 février 2007 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le Japon a toujours eu la position la plus fermée. Malgré les progrès enregistrés depuis cette date sur le dossier nucléaire nord-coréen, à aucun moment le Japon n'a levé les sanctions prises en octobre 2006. Le critère de la liste incomplète remise par Pyongyang n'était pas d'actualité il y a six mois, et Tokyo invoque à chaque fois de nouveaux arguments pour justifier la reconduction des sanctions chaque semestre.

Les raisons de politique intérieure sont essentielles : les médias japonais diffusent régulièrement des émissions sur les treize Japonais enlevés par les Nord-Coréens dans les années 1970 et 1980. Bien que cinq d'entre eux, survivants, soient déjà retournés au Japon, et que Pyongyang ait annoncé que des sanctions ont été prises contre ses agents ayant procédé aux enlèvements, le gouvernement japonais refuse de croire Pyongyang lorsque la Corée du Nord annonce que les huit autres Japonais enlevés sont décédés. Alors que les médias japonais mettent en exergue les récits des enlèvements, la brutalité de la colonisation japonaise de la Corée entre 1910 et 1945 est occultée. Le gouvernement japonais refuse toujours, pour sa part, de s'excuser pour la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Il faut par ailleurs tenir compte de l'impopularité du gouvernement japonais de Yasuo Fukuda (selon un sondage conduit les 5 et 6 avril 2008 par Mainichi, seulement 24 % des Japonais approuvent l'action de leur gouvernement). Une situation politique aussi délicate n'incite pas à des mesures d'ouverture vis-à-vis de Pyongyang, qu'une majorité de Japonais pourrait désapprouver.

Alors que le Japon abrite une minorité coréenne de 600.000 personnes, dont plus d'un tiers de Nord-Coréens membres de la Chongryon,  les activités économiques de la Chongryon ont été très fortement entravées par les autorités japonaises. En s'attaquant à la Chongryon, le Japon tarit les flux financiers des Nord-Coréens du Japon vers leur pays. Les sanctions prises contre Pyongyang concourent ainsi à
l'objectif poursuivi par les néo-conservateurs américains : asphyxier financièrement Pyongyang. Alors que le Japon était le troisième partenaire commercial de la Corée du Nord il y a dix ans, les échanges bilatéraux tendent à disparaître.

L'AAFC dénonce vivement la reconduction des sanctions japonaises prises contre Pyongyang, dont l'étendue n'a pas d'équivalent parmi les pays qui étaient au premier rang des partenaires économiques de la Corée du Nord, d'autant plus que ces mesures méconnaissent les progrès enregistrés sur le dossier nucléaire. L'AAFC exprime par ailleurs sa solidarité avec les Coréens du Japon et leurs organisations, victimes de mesures discriminatoires des autorités japonaises. (source : the Associated Press)

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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 13:11

La rencontre entre le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak et le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le jour même de l'investiture de Lee le 25 février 2008 à Séoul, ouvre la voie à un renforcement des relations bilatérales entre le Japon et la République de Corée (Corée du Sud), malgré les contentieux historiques, politiques et économiques entre les deux pays.

Dès son élection le 19 décembre 2007, le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak avait manifesté sa volonté de resserrer les liens entre la République de Corée et les Etats-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part.

L'accord avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le 25 février 2008, seulement quelques heures après l'investiture du président Lee, conforte sa volonté de rapprochement avec le Japon :


- des rencontres régulières sont prévues entre les deux dirigeants de l'exécutif, conformément à un accord de 2004 qui était resté lettre morte: le président Lee doit se rendre au Japon en avril, tandis que Yasuo Fukuda visiterait la Corée du Sud au second semestre de l'année 2008;

- dans le domaine économique, la levée des barrières tarifaires entre les deux pays doit renforcer leurs échanges économiques, alors que les modalités d'ouverture des marchés agricoles avaient bloqué les négociations, fin 2004, en vue d'un accord de libre-échange;


- au plan stratégique, le Japon et la Corée du Sud partagent certes l'objectif d'un abandon par la Corée du Nord de son programme nucléaire militaire, mais ils ont jusqu'ici adopté des positions divergentes dans les discussions multilatérales à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) pour résoudre cette question : parmi les cinq Etats négociant avec la Corée du Nord, le Japon a eu l'attitude la plus intransigeante vis-à-vis de Pyongyang.


undefined Enfin, un important contentieux territorial demeure : situées en mer de l'Est, les îles Dokdo (nom international : rochers de Liancourt), inhabitées mais contrôlées de fait par les gardes-côtes sud-coréens, sont revendiquées par le Japon qui les appelle Takeshima.

Les différends entre Sud-Coréens et Japonais trouvent largement leur origine dans la colonisation japonaise de la Corée, entre 1910 et 1945 : la politique d'assimilation des Coréens par les Japonais (jusqu'à l'interdiction des noms coréens), et la prostitution des "femmes de réconfort" sud-coréennes par les soldats japonais pendant la Seconde guerre mondiale, ont conduit les Coréens à exiger des excuses du gouvernement japonais.

Après la capitulation japonaise en 1945, il faudra attendre vingt ans pour que le traité du 22 juin 1965 normalise les relations entre le Japon et la Corée du Sud, malgré les vives protestations de l'opinion publique coréenne... dont celle de Lee Myung-bak, alors étudiant, emprisonné plusieurs mois pour avoir manifesté contre l'accord de 1965.


Le traité de 1965 prévoyait le versement non pas de réparations de guerre, mais d’une assistance japonaise au développement de la Corée d'un montant de trois cents millions de dollars, auxquels s’ajoutaient cinq cents millions de dollars de prêts bancaires.

Rue commerçante à Pyongyang, pendant l'occupation japonaise de la Corée


L'accord du 25 février 2008 témoigne à nouveau de la priorité des dirigeants sud-coréens au développement des relations économiques avec le Japon, en mettant au second plan les sujets politiques. Lee Myung-bak a précisé qu'il se concentrerait sur l'avenir des relations nippo-sud-coréennes et ne demanderait pas de nouvelles excuses au Japon pour la colonisation de la Corée.

Symboliquement, cet accord est intervenu le jour de l'investiture du nouveau chef d'Etat sud-coréen. La levée des barrières douanières est par ailleurs conforme aux orientations économiques libérales du président Lee, malgré les vives protestations des paysans sud-coréens contre l'ouverture du marchés agricole à la concurrence internationale.  
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