En 2008, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a conduit le premier
recensement global de sa population depuis 1993. A la date du 1er octobre 2008, la RPD de Corée comptait ainsi 24.052.231 habitants. Les données très complètes ainsi collectées donnent
un aperçu détaillé de la démographie du pays, région par région, ainsi que des conditions de vie et de l'organisation économique et sociale.
Du 1er au 15 octobre 2008, la République populaire démocratique de Corée a conduit le premier recensement global de sa population depuis 1993, et le second de son histoire. Les
opérations de recensement ont été menées avec l'appui matériel et technique du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), sur la base de la déclaration gouvernementale n° 33
d'octobre 2006. Ce travail exhautif de collecte des données a mobilisé plus de 43.000 enquêteurs. Pour les besoins du recensement, les unités administratives de base (appelée ri,
up, gu ou dong) ont été subdivisées en unités de 150 ménages dans les zones rurales, et de 180 ménages dans les zones urbaines.
Plus de 24 millions d'habitants, en majorité des femmes
A la date du 1er octobre 2008 à 00h01, prise comme point de référence du recensement, la RPD de Corée comptait 24.052.231 habitants, dont 51,3 % de femmes.
Le sex ratio s'établit ainsi à 95,1 hommes pour 100 femmes (alors qu'il était estimé jusqu'à présent à 97), soit une situation inverse de celle de la Corée du Sud qui semble indiquer que, au Nord
de la péninsule, il n'y a pas de sélection des naissances défavorable aux filles, contrairement au Sud.
Une population majoritairement urbaine
La population urbaine représente 61 % de la population totale.
Vingt-sept villes dépassent 100.000 habitants (hors agglomération) :
1. Pyongyang (2.581.076 habitants)
2. Hamhung (668.557)
3. Chongjin (667.921)
4. Nampho (366.815)
5. Wonsan (363.127)
6. Sinuiju (359.341)
7. Tanchon (345.875)
8. Kaechon (319.554)
9. Kaesong (308.440)
10. Sariwon (307.764)
11. Sunchon (297.317)
12. Phyongsong (284.386)
13. Haeju (273.300)
14. Kanggye (251.971)
15. Anju (240.117)
16. Tokchon (237.133)
17. Kim Chaek (207.299)
18. Rason (196.954)
19. Kusong (196.515)
20. Hyesan (192.680)
21. Jongju (189.742)
22. Huichon (168.180)
23. Hoeryong (153.532)
24. Sinpho (152.759)
25. Songrim (128.831)
26. Munchon (122.934)
27. Manpho (116.760)
Une croissance annuelle de la population de 0,85 % depuis 1993
Lors du précédent recensement de 1993, la population nord-coréenne avait été estimée à 21,2 millions d'habitants, soit un taux de croissance annuel moyen de 0,85 %, ce qui incite à réviser à la
baisse les estimations les plus élevées quant à la surmortalité en RPD de Corée pendant les années de la dure marche. Ces difficultés passées se reflètent toutefois dans les données
relatives à l'espérance de vie (69,3 ans) et la mortalité infantile (19,3 pour mille), moins favorables qu'en 1993 (respectivement, 72,7 ans et 14,1 pour mille).
Un niveau de vie supérieur à la moyenne mondiale
Ces indicateurs montrent toutefois que le niveau de vie en RPD de Corée est supérieur à la moyenne mondiale.
L'espérance de vie en Corée du Nord (69,3 ans en 2008) est supérieure de plus de trois années à la moyenne mondiale (66,1 ans en 2009), plaçant la RPD de Corée derrière la Chine (73,5 ans) et le
Brésil (72,0 ans), mais devant l'Ukraine (68,3 ans), l'Inde (66,1 ans) et la Russie (66,0 ans), selon les comparaisons issues des données publiées pour les autres pays par la
CIA (qui n'intégrait pas encore les données du recensement 2008
en Corée du Nord).
Toujours selon la même source, la mortalité infantile en Corée
du Nord (19,3 pour mille en 2008) est plus de deux fois inférieure à la moyenne mondiale (44,1 pour mille en 2009), plaçant la RPD de Corée au niveau de la Chine (20,3 pour mille), de l'Albanie
(18,6 pour mille) et du Mexique (18,4 pour mille).
85 % des ménages ont accès à l'eau potable et 55 % des logements disposent de toilettes équipées d'une chasse d'eau.
Les principaux systèmes de chauffage sont, à part quasi-égales (environ 47 % chacun), le charbon et le bois.
Le mariage et la famille
L'âge moyen au premier mariage est de 24-25 ans pour les femmes, et de 27-28 ans pour les hommes.
Les personnes "séparées" (sans préciser s'il s'agit ou non de divorces) représentent 0,3 % de la population totale : elles sont âgées principalement de 35 à 45 ans.
Un ménage nord-coréen compte en moyenne 3,9 personnes, vivant dans une maison ou un appartement de 50 à 75 m2. 24 % des ménages sont composés d'une seule famille.
Photo ci-dessus : famille se recueillant au cimetière des patriotes martyrs, septembre 2008
L'éducation

Plus de deux tiers des habitants ont atteint un niveau d'éducation au moins secondaire. 16 % des hommes et 9 % des femmes ont atteint un niveau d'éducation universitaire, l'écart hommes-femmes
s'atténuant parmi les personnes âgées de moins de 40 ans.
Le taux d'alphabétisation est supérieur à 99,99 % : seules 326 personnes sont recensées comme illettrées, la quasi-totalité d'entre elles nées avant ou pendant la colonisation japonaise
(1910-1945).
Parmi les 2.973.000 personnes âgées de plus de 16 ans ayant accompli au moins trois années d'un cursus post-secondaire, les formations les plus suivies sont celles d'ingénieur (594.000
personnes), des métiers de l'enseignement (591.000), de l'agriculture (464.000), de la santé publique (273.000), du commerce et de l'administration (une seule catégorie, 221.000
personnes).
Photo ci-dessus : département de français de l'Université Kim Il-sung
Conclusion : des données plus exhautives qu'en 1993
Un effort de transparence et d'exhautisvité permet désormais de disposer de données non mesurées en 1993, comme le (petit) nombre d'étrangers vivant en Corée (estimé à 533 personnes, dont près de
deux tiers de femmes âgées de plus de 65 ans, ce qui n'intègre pas le personnel des représentations diplomatiques en RPD de Corée), ou des données sur les handicapés, lesquels forment 0,9 % de la
population âgée de plus de 16 ans. Les handicaps visuels, auditifs et intellectuels ont aussi été mesurés. Enfin, les données sur les flux migratoires, à l'intérieur de la Corée du
Nord, rendent aussi compte du processus d'urbanisation.
Principales sources : AAFC, Rapport
complet (2009) du Bureau central des statistiques de la RPD de Corée,
sur le site des Nations-Unies.
Photographies : Alain Noguès
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Le mardi 8 décembre 2009, l'agence
officielle nord-coréenne KCNA, citant des sources du ministère de la Santé, a annoncé les neuf premiers cas d'infection par le virus de la grippe A/H1N1 (mais aucun décès à cette
date, contrairement à ce qu'affirme l'ONG sud-coréenne Good Friends). Ces neuf cas ont été relevés à Pyongyang et à Sinuiju, à la frontière sino-coréenne.
Dans les relations internationales, la question des droits de l'homme
n'est jamais soulevée de manière fortuite : comme le rappelle Tim Beal, "elle a été utilisée, après l'événement, pour justifier l'invasion de l'Irak quand la ligne des armes de destruction
massive n'était plus soutenable, mais elle s'est avérée avoir été utilisée de manière frauduleuse. Par exemple, Tony Blair a dû admettre que sa déclaration que "400.000 corps avaient été
retrouvés" n'était pas vraie, et que seulement 5.000 corps avaient été sortis de terre. (...) Saddam Hussein pouvait être responsable des 5.000 corps, mais Tony Blair était responsable du
mensonge".
Les perspectives démographique de la Corée du Sud sont sombres : les effets conjugués d'un
De longue date, l'architecture a constitué un point fort de la Corée :
ainsi, le système de chauffage par le sol, ou ondol, reste la norme dans la construction contemporaine. Les communautés nord-coréennes expatriées ont bâti de nombreuses villes, à
l'instar de Vladivostock, dans l'extrême-orient russe. La RPD de Corée coopère dans le domaine de la construction avec des pays proches politiquement - comme le Zimbabwe, l'Iran ou encore la
Namibie, dont le palais présidentiel inauguré en 2008 est l'oeuvre des Nord-Coréens. Dans un domaine plus spécifique, la RPDC s'est spécialisée dans la construction de statues
géantes, pour lesquelles elle compte plusieurs dizaines de pays clients sur tous les continents.
"Nous devons gagner le combat dans l'obscurité, mais il semble que les
temps exigent la mort d'un travailleur" : tels sont les termes de la lettre d'adieu laissée à sa femme par Park Jong-tae, responsable de la section de Kwangju du Syndicat
coréen des travailleurs du transport de fret (KCTWU), affilié à la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), née dans la clandestinité du combat pour la défense des travailleurs à l'époque des
généraux, avant d'être légalisée après la chute du pouvoir militaire. Agé de 37 ans, Park Jong-tae s'est suicidé pour obtenir la reconnaissance des droits de ses camarades.