Relations internationales de la Corée

Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 21:36

Ayant commencé le 28 novembre dernier en mer de l'Ouest (mer Jaune), les manoeuvres navales américano - sud-coréennes ont pris fin le 1er décembre. Une semaine plus tôt, des affrontements entre les deux Corée avaient conduit à quatre morts sud-coréens, en l'absence de bilan côté nord-coréen. Alors que l'AAFC réitère les appels à la paix dans cette partie du monde, l'incertitude demeure quant à une éventuelle reprise des négociations multilatérales pour éviter l'escalade de la tension et prévenir tout risque d'une nouvelle guerre de Corée.

 

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"Les parties concernées doivent rester calmes et faire preuve de mesure, et travailler afin de ramener la situation sur la voie du dialogue et de la négociation" : lors d'un forum qui s'est tenu à Pékin le 1er décembre 2010, M. Yang Jiechi, ministre chinois des Affaires étrangères, a maintenu inchangé la position de la Chine en faveur d'une solution négociée dans la péninsule coréenne, huit jours après de graves affrontements intercoréens. Pékin avait alors immédiatement appelé à une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la Corée, une proposition rejetée - du moins dans l'immédiat - par Washington et Séoul, comme l'ont déclaré la secrétaire d'Etat américaine Mme Hillary Clinton et son homologue sud-coréen M. Kim Sung-hwan lors d'une rencontre en marge d'un sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) au Kazakhstan.

 

Le département d'Etat américain a annoncé qu'une nouvelle rencontre est prévue avec le ministre des Affaires étrangères japonais, M. Seiji Maehara, le 6 décembre à Washington. L'attitude de Tokyo jusqu'à présent apparaît  toutefois de laisser à Washington et Séoul l'initiative d'une reprise, ou non, du dialogue multilatéral.

 

Toujours lors du forum de Pékin du 1er décembre, M. Yang Jiechi a ajouté : "la Chine base ses positions sur les valeurs de chacun et ne cherche à protéger aucune des parties", en écho aux positions américaine et sud-coréenne qui demandaient à Pékin une condamnation de Pyongyang, pour les affrontements intercoréens du 23 novembre dont chaque partie se renvoie la responsabilité.

 

Alors que les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens ont pris fin le même jour en mer de l'Ouest, le chef de la diplomatie chinoise a ajouté : "Montrer sa puissance et être belliqueux n'est pas une solution aux problèmes et n'est pas dans l'intérêt des parties concernées", en réafirmant l'attachement de la Chine à la paix et à la stabilité en Asie du Nord-Est.



La veille, le Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) avait déclaré que la RPD de Corée développe un programme nucléaire à des fins pacifiques, en précisant que des milliers de centrifugeuses fonctionnent dans son usine d'enrichissement d'uranium. Les Américains ont condamné ce programme, qu'ils considèrent pouvoir être conduit à des fins militaires. 

 

Les Américains ont recherché en vain, au Conseil de sécurité des Nations Unies, une condamnation par la Chine de ce qu'ils considèrent comme une "provocation" nord-coréenne le 23 novembre dernier. A ce stade, une absence de déclaration semble préférable, pour Washington, à un texte de consensus qui prendrait en compte les positions de chacune des deux Corée, comme cela avait été le cas pour le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. La déclaration du Conseil de sécurité, qui appelait au dialogue, avait été interprétée par de nombreux observateurs comme un échec pour la diplomatie sud-coréenne.

 

Par ailleurs, le 1er décembre 2010, Wu Bangguo, président du comité exécutif du Congrès national du peuple chinois, a rencontré à Pékin Choe Tae-bok, président de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée. Lors de leur troisième rencontre cette année, les deux chefs d'Etat ont appelé à "cimenter les liens législatifs" entre leurs deux pays. Le communiqué de l'agence officielle Xinhua n'a pas mentionné les récentes tensions.

 

Sources :

- AAFC ;

- Bloomberg, "China's refusal to condemn N. Korea stalls UN talks", sur le site de Businessweek, 1er décembre 2010 ;

- Xinhua, "La Chine veut empêcher une escalade des tensions dans la péninsule coréenne", 1er décembre 2010 (dont photo) ;

- Xinhua, "La RPDC affirme développer la capacité nucléaire à des fins pacifiques", 30 novembre 2010.

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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 00:25

A l'issue du sommet du G20 qui s'est tenu à Séoul les 11 et 12 novembre 2010, le président sud-coréen Lee Myung-bak s'est entretenu avec son homologue français Nicolas Sarkozy. Avant même cette rencontre, le chef d'Etat français avait annoncé lors d'une conférence de presse un accord sur la restitution des archives royales coréennes, sous la forme d'un prêt pour cinq années, renouvelable ensuite tous les cinq ans. En revanche, les discussions sur l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud n'ont pas progressé, à l'issue d'un sommet où les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont convenu que d'un plan d'action renvoyant à plus tard des mesures concrètes sur les taux de change et les balances des paiements courants.

 

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Est-ce l'épilogue pour le seul irritant des relations bilatérales entre la France et la République de Corée (du Sud) ? Peu avant sa rencontre avec son homologue sud-coréen Lee Myung-bak (photo ci-dessus : Yonhap) à l'issue du sommet du G20 à Séoul, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, lors d'une conférence de presse, que les archives royales coréennes Uigwe aujourd'hui déposées à la Bibliothèque nationale de France feraient l'objet d'un prêt pour cinq ans, qui serait ensuite renouvelé tous les cinq ans. Un accord bilatéral aurait été trouvé sur cette base, alors que le ministère des Affaires étrangères et européennes n'avait formulé, le 20 mai dernier, qu'une réponse d'attente à une question écrite à ce sujet du sénateur Michel Guerry.

 

Favorable à la restitution des archives royales pillées par la France en 1866, l'Association d'amitié franco-coréenne salue la solution d'un prêt à long terme, même si elle observe qu'elle laisse en suspens la question de la propriété des archives coréennes, qui resteraient formellement partie intégrante des collections françaises.

 

Toujours en ce qui concerne le patrimoine coréen, lors d'une discussion téléphonique dans la nuit du 8 au 9 novembre, les ministres des Affaires étrangères japonais et sud-coréen ont convenu de la restitution par Tokyo de 1.205 archives royales coréennes, dont la liste reste toutefois à établir avant la conclusion d'un accord qui sera soumis à la ratification des deux Parlements. Si 1.400 biens culturels coréens avaient été restitués lors de l'accord nippo - sud-coréen de 1965 ayant normalisé les relations diplomatiques entre Séoul et Tokyo, l'administration sud-coréenne en charge de l'héritage culturel estime que plus de 300.000 biens coréens doivent encore être rendus.

 

La rencontre bilatérale entre les chefs d'Etat français et sud-coréen a aussi permis de faire le point sur les résultats du sommet, alors que la France prendra l'an prochain la présidence du G20, dont le prochain sommet est prévu à Cannes en novembre 2011. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Séoul ont reporté à la fin du premier semestre 2011 l'élaboration de grandes lignes sur les taux de change et les balances des paiements courants.

 

Toujours en marge du sommet du G20, une rencontre a eu lieu entre le président Lee Myung-bak et son homologue américain Barack Obama, sans parvenir à un accord sur les points restant en litige dans l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud. Signé en 2007, l'accord n'a toujours pas été ratifié par les deux Parlements. Les Etats-Unis entendent limiter les réductions de taxes douanières sur les pièces détachées importées, utilisées sur des voitures destinées à l'exportation. Par ailleurs, ils souhaitent lever l'interdiction de n'exporter vers la Corée du Sud que de la viande de boeufs âgés de moins de trente mois.

 

Sources :

- AAFC ;

- KBS, "La France d’accord pour prêter à long terme les archives royales coréennes de la BNF", 12 novembre 2010 (dont photo) ;

- KBS, "Le G20 reporte à 2011 l’élaboration des grandes lignes sur les taux de change et les équilibres commerciaux", 12 novembre 2010 ;

- KBS, "Libre échange : vers de nouvelles négociations entre Séoul et Washington", 12 novembre 2010 ;

- KBS, "Le Japon rendra plus de 1.200 textes anciens à la Corée du Sud", 9 novembre 2010 ; 9 novembre 2010 ;

- KBS, "Rencontre entre les responsables du commerce sud-coréen et américain au sujet de l'ALE", 8 novembre 2010. 

 

 

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Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 22:00

Il y a plusieurs lectures possibles du sommet du G20 qui se tient à Séoul les 11 et 12 novembre prochains : la fierté - légitime - pour la République de Corée (du Sud) d'accueillir un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des dix-neuf économies les plus puissantes de la planète, auxquels s'ajoutent les représentants de l'Union européenne, la Corée du Sud comptant aujourd'hui parmi les économies industrialisées les plus fortes au monde, alors que son niveau de vie par habitant était équivalent à celui du Cameroun en 1970, devenant aussi le premier pays non membre du G8 à accueillir un sommet du G20 ; les mesures de coordination attendues pour encourager une reprise économique forte et durable (le thème du sommet étant le rôle du G20 dans le monde d'après-crise), alors que les déséquilibres commerciaux et des balances des paiements courants ont nourri un débat sur la sous-évaluation du yuan chinois, même si les précédents sommets du G20 - depuis le premier qui s'est tenu au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement à Washington, le 15 novembre 2008 - invitent à relativiser l'efficacité attendue d'une hypothétique coordination des politiques économiques entre un nombre aussi important d'Etats ; les questions bilatérales traitées dans le cadre ou en marge du sommet, comme l'appel du président russe Dimitri Medvedev à résoudre par la discussion la question nucléaire dans la péninsule coréenne, faisant ainsi écho aux déclarations chinoises et nord-coréennes à reprendre les pourparlers à six. Pour sa part, l'AAFC a choisi de mettre en lumière un aspect moins médiatisé du sommet de Séoul : les mesures de sécurité déployées, dans la mesure où elles sont révélatrices du respect de la liberté de manifester dans une société démocratique.

 

NOV 7Rally SPARK STOP G20

Manifestation à Séoul le 7 novembre 2010 contre le sommet du G20

(source : Solidarity for Peace and Reunification of Korea)

 

Ils sont plusieurs dizaines de milliers de manifestants, attendus des quatre coins de la planète, qui protesteront contre les mesures économiques néo-libérales prises dans le cadre du sommet G20. Un résultat déconcertant pour l'hôte de l'événement, le président sud-coréen Lee Myung-bak, qui a exhorté les associations et les syndicats à ne pas manifester lors du sommet de Séoul - fort de cet argument que les politiques prônées par le G20 encourageraient, selon lui, la croissance économique et l'emploi, conformément aux intérêts des associations et des syndicats. Ces déclarations, faites lors d'une conférence de presse le 3 novembre dernier, révèlent une nostalgie de la société corporatiste de la Corée du Sud des généraux, où le seul syndicat autorisé - la Fédération coréenne des syndicats, toujours majoritaire en Corée du Sud - était la courroie de transmission des mots d'ordre gouvernementaux et des chefs d'entreprise, dans une société certes en pleine croissance économique, mais où se creusaient les inégalités.

 

En dépit de et malgré cet appel à ne pas manifester, il est pourtant peu probable que l'un des chefs d'Etat et de gouvernement invités croise les manifestants - ceux-ci ayant été confinés dans un lointain périmètre. En effet, pendant toute la durée du sommet, les manifestations seront interdites dans un rayon de 2 kilomètres autour du centre d'exposition, le Coex, situé au Sud de Séoul, où se rencontreront les chefs d'Etat et de gouvernement. Par ailleurs, comme l'a précisé la radio télévision publique sud-coréenne KBS, "trois cercles concentriques de protection seront installés autour de ce centre d’exposition. Ils seront constitués de barrières et de murs hauts de 2,2 mètres. L’accès du public à ce lieu de rassemblement sera interdit à partir du 10 novembre, et jusqu’à la fin du sommet."

 

La liberté de la presse est née d'une idée fondamentale : c'est dans la libre confrontation des idées et des opinions que naît la possibilité, pour chaque citoyen, de se forger ses propres convictions, et non dans l'interdiction de manifester certaines opinions. Il en va de même pour la liberté de manifester : c'est aux citoyens eux-mêmes de juger qui, des manifestants ou des chefs d'Etat et de gouvernement, formule des propositions les plus à même de résoudre les problèmes économiques et sociaux. Telle n'est malheureusement pas la voie empruntée par le gouvernement Lee Myung-bak. L'AAFC formulant cependant le voeu que les manifestations puissent malgré tout  s'effectuer dans un cadre respectueux de l'intégrité physique des participants, et que leurs arguments ne seront pas privés d'antenne, à défaut qu'ils se fassent voir et entendre des chefs d'Etat et de gouvernement.

 

Sources : AAFC, Le Monde, KBS

 

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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 09:14

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est non seulement le pays le plus sanctionné au monde, mais c'est aussi le pays soumis au plus vieil embargo au monde. Pourtant, certains gouvernements occidentaux ont décidé de sanctionner encore davantage la Corée du Nord - comme en témoigne l'annonce du Canada d'interdire tout échange avec la RPD de Corée. Présentées comme ne frappant que les dirigeants, les sanctions contre un pays font en réalité des populations les seules victimes du rapport de forces sur la scène internationale au profit des puissances occidentales.

 

lawrence_cannon.jpgLe 28 octobre 2010, M. Lawrence Cannon, ministre canadien des Affaires étrangères (conservateur) a annoncé de nouvelles sanctions "plus dures" contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), sous prétexte du naufrage du Cheonan - imputé par les Etats-Unis et la Corée du Sud à la Corée du Nord, malgré les résultats d'une enquête de la marine russe qui accable les conclusions de l'enquête officielle de Séoul et Washington, à l'élaboration de laquelle ont collaboré des experts canadiens. Suite à l'enquête officielle américano - sud-coréenne incriminant Pyongyang, Ottawa avait déjà décidé de restreindre encore les investissements et le commerce avec la Corée du Nord, et de suspendre les visites jugées de haut niveau. C'est le même argument du naufrage du Cheonan qui, des mois plus tard, a servi à M. Cannon pour justifier de nouvelles sanctions : l'interdiction de l'ensemble des importations et des exportations avec la Corée du Nord, à l'exception des échanges humanitaires.

 

Pourquoi un tel acharnement contre l'Etat déjà le plus sanctionné au monde, alors même que Pyongyang multiplie depuis août les gestes d'ouverture : appel à la reprise des pourparlers à six sur le nucléaire nord-coréen, proposition de nouvelles rencontres de familles coréennes séparées et d'une reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, réouverture du dialogue militaire avec les Etats-Unis ? L'initiative de M. Cannon apparaît d'autant plus à contre-temps qu'elle intervient à la veille de retrouvailles entre familles séparées du Nord et du Sud, suite à une initiative prise par Pyongyang. Si George W. Bush n'est plus au pouvoir à Washington, les néo-conservateurs américains, partisans des mesures qui doivent conduire à l'effondrement de la Corée du Nord, continuent de faire des émules parmi leurs homologues canadiens.

 

En réalité, l'annonce de M. Lawrence Cannon satisfait de purs objectifs de politique intérieure. Il n'est pas anodin que la décision du gouvernement Harper soit prise dans l'un des Etats occidentaux abritant l'une des plus fortes communautés coréennes en dehors de la péninsule, permettant au passage de glaner quelques voix d'extrême-droite de Coréens canadiens anticommunistes.  Mais plus encore, le récent échec retentissant du Canada pour obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies conduit le gouvernement d'Ottawa à répéter à l'envi qu'il fonde ses positions sur des "questions de principe", qui évitent naturellement de porter atteinte aux intérêts des grandes entreprises canadiennes. Comme l'a observé le journaliste canadien Mike Blanchfield, "le ministre a avoué que le niveau d'interaction du Canada avec la Corée du Nord était déjà très bas, mais il a ajouté que les actions du Canada étaient importantes, car elles sont basées sur des questions de principes — un refrain souvent repris au sein du gouvernement Harper suite à son échec historique pour obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies plus tôt ce mois-ci". En d'autres termes, les Nord-Coréens sont les victimes collatérales du fiasco de la diplomatie canadienne.

 

Car de quels "principes" s'agit-il ? Selon M. Cannon, il s'agit de viser le gouvernement de la Corée du Nord, et non les populations. L'histoire des embargos et des sanctions contre les Etats prouve tout le contraire.

 

L'embargo depuis soixante ans contre la Corée du Nord interdit les importations de matériaux sensibles, y compris ceux ayant un usage dual (civil ou militaire). Les Nord-Coréens doivent ainsi importer à prix d'or, généralement de Chine, des biens tels que les tuyaux de canalisation. Ils doivent également acheter très cher des équipements contre les incendies, accaparant les ressources limitées de la RPDC, coupée des circuits financiers internationaux : les populations coréennes sont les premières victimes d'un embargo décidé unilatéralement par les Etats-Unis et leurs alliés il y a six décennies, dans le contexte d'une guerre qui n'a jamais pris fin, et ce malgré les appels réitérés, dans toute la péninsule coréenne, pour signer un traité de paix.

 

De nouvelles sanctions ont été décidées après les essais nucléaires nord-coréens. Elles ont limité drastiquement les échanges de matériels militaires, alors même que le secteur de la défense joue un rôle essentiel dans l'économie nord-coréenne, privant potentiellement d'emploi et de revenus des centaines de milliers de personnes. Au nom de quels principes les Etats-Unis, la France et Israël, puissances nucléaires au même titre que la RPD de Corée, seraient-ils plus habilités que cette dernière à acheter et vendre des armes ? L'objectif est double : non seulement priver la Corée du Nord de revenus qui irrigue l'ensemble de son économie, mais également entraver la modernisation de son armée. C'est la même règle du "deux poids, deux mesures" qui avait été imposée à l'Allemagne par le diktat de Versailles, avec pour seul effet de favoriser la montée en puissance du nazisme.

 

Toujours au nom de mesures prétendument ciblées contre les dirigeants nord-coréens, les produits de luxe sont interdits d'importation en RPD de Corée, produisant les mêmes effets constatés partout ailleurs en cas d'embargo : leur contournement par des intermédiaires s'enrichissant facilement en passant par des pays tiers,  seules les classes sociales les plus favorisées (celles-là mêmes dont il s'agissait de remettre en cause le mode de vie réel ou supposé...) ayant accès à ces produits. Dans le même temps, tout vin occidental - même de piètre qualité - étant généralement considéré comme un produit de luxe prohibé, des alcools frelatés circulent en Corée du Nord, ayant des effets désastreux sur la santé du plus grand nombre, mais non sans avoir généré un trafic très lucratif pour une poignée d'affairistes.

 

Certains pays sont allés encore plus loin, interdisant tout commerce avec la Corée du Nord, ce qui n'a évidemment plus rien à voir avec l'objectif de cibler le gouvernement nord-coréen, sauf à formuler l'hypothèse absurde que le commerce extérieur de la Corée du Nord (7 milliards de dollars par an) profiterait exclusivement aux dirigeants nord-coréens. Le Japon a utilisé une telle mesure pour priver de ressources précieuses des centaines de milliers de Nord-Coréens qui ont de la famille dans l'archipel nippon, au moment où les populations nord-coréennes restent soumises à l'insécurité alimentaire, en abaissant continument le montant des transferts autorisés. Si l'effet de ces embargos intégraux est relativement faible pour les gouvernements occidentaux prenant de telles décisions (ce sera le cas du Canada, comme l'a benoîtement reconnu M. Lawrence Cannon), il en va tout autrement pour les familles nord-coréennes qui, dans l'ensemble du pays, importent aujourd'hui de nombreux produits de consommation courante. 

 

Chacun se souvient des détournements du programme "pétrole contre nourriture", conséquence directe de l'embargo contre l'Irak qui a conduit à des milliers d'enfants et d'adultes à mourir de faim dans un des pays de la planète les plus richement doté en hydrocrabures. La décision de M. Lawrence Cannon relève non seulement d'un bas calcul politicien, elle fragilise consciemment les populations nord-coréennes - tout en encourageant ceux qui exploitent la misère humaine.

 

Sources : AAFC, Métro Montréal (dont photo).

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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 08:59

PourparlersA l'issue de rencontres les 12 et 15 octobre 2010 entre Wu Dawei, représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, et Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine ont publié un communiqué commun appelant l'ensemble des parties aux pouparlers à six à reprendre le dialogue pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Cette nouvelle initiative s'inscrit dans une démarche globale de Pyongyang en faveur du dialogue en Asie du Nord-Est et avec la Corée du Sud, alors que les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l'Australie ont conduit, en début de semaine, des exercices militaires navals conjoints vivement condamnés par la RPD de Corée.

 

Le Parti du travail de Corée (PTC) vient de renouveler ses instances dirigeantes en consacrant une nouvelle génération de dirigeants, apparus notamment lors des manifestations pour le 65ème anniversaire du Parti du travail de Corée. Ces événements ont donné lieu à une couverture en images inédite, par les photographes et journalistes occidentaux, de l'équipe de direction du PTC, constituée autour du secrétaire général du Parti Kim Jong-il.

 

Cette ouverture aux médias étrangers s'inscrit dans une démarche globale de Pyongyang ayant multiplié, ces dernières semaines, les initiatives en faveur du dialogue en Asie du Nord-Est et avec la République de Corée (du Sud).

 

Après des rencontres les 12 et 15 octobre 2010 entre Wu Dawei, représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, et Kim Kye-gwan, nouveau vice-ministre des Affaires étrangères, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République populaire de Chine ont publié un communiqué commun appelant l'ensemble des parties aux pouparlers à six à reprendre le dialogue pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les pourparlers sont actuellement interrompus, suite notamment à la condamnation, par Washington et ses alliés, du lancement d'un satellite de communication nord-coréen il y a un an et demi. L'offre sino-nord-coréenne de dialogue intervient après de nombreuses rencontres bilatérales entre les représentants des Etats membres aux pourparlers à six, dans un contexte d'intensification du dialogue entre la RPD de Corée et la RP de Chine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il s'étant rendu à deux reprises en Chine ces derniers mois. Une délégation du PTC a aussi visité récemment la Chine, tandis qu'une délégation du PC chinois était au premier rang des manifestations ayant marqué le 65ème anniversaire du PTC.

 

Pyongyang a également multiplié les initiatives en faveur de la reprise du dialogue intercoréen, ayant proposé de nouvelles rencontres de familles séparées et une reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, interrompu depuis juillet 2008.

 

Pour l'heure, les Etats-Unis et la Corée du Sud affirment ne pas avoir changé d'approche vis-à-vis de la Corée du Nord tout en multipliant les exercices militaires conjoints, mais leurs déclarations semblent manifester  des hésitations. L'acceptation par Washington et Séoul de s'asseoir à nouveau à la table des négociations serait ainsi subordonnée à des gestes en premier de Pyongyang dans le sens d'une dénucléarisation, alors que les pourparlers à six ont toujours progressé par des efforts conjoints et simultanés, étape par étape, des différentes parties, l'abandon par Pyongyang de ses armes nucléaires étant alors un des objectifs finaux du dialogue, et non sa condition préalable. Quant au dialogue intercoréen, le Sud a repris les livraisons de céréales au Nord, mais a attendu plus de cinq jours avant de répondre négativement à la proposition nord-coréenne de discuter de la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, en arguant que les discussions sur les nouvelles rencontres de familles séparées n'ont pas encore permis d'aboutir.

 

Sources : AAFC, Bloomberg

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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 00:44

Jonathan Lee, un adolescent coréen américain de 13 ans, a séjourné une semaine en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour exposer son projet de créer une "forêt de la paix" de part et d'autre de la DMZ. Jonathan Lee a souligné l'accueil favorable que son projet avait reçu en RPDC, pour une initiative qui suppose l'accord de toutes les parties concernées : le jeune homme a également transmis son message de paix aux dirigeants américain, sud-coréen et chinois.

 

jonathan-lee-teen-hopeful-peace-n-korea-visit.jpgDernière frontière héritée de la guerre froide, la DMZ qui divise la péninsule coréenne de par et d'autre du trente-huitième parallèle est également une réserve naturelle exceptionnelle.

 

Alors que les exercices militaires conjoints "Ulji Freedom Guardian" (UFG) impliquant 30.000 soldats américains et 56.000 militaires sud-coréens, du 16 au 26 août, ravivent les tensions dans la péninsule, un adolescent américain de 13 ans, d'origine coréenne, Jonathan Lee a été porteur d'un message de paix, en s'inspirant de l'exemple de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung décédé il y a un an, le 18 août 2009, après avoir été un artisan de la réconciliation intercoréenne.

 

Dans une lettre remise au dirigeant Kim Jong-il, ainsi qu'un livre en cadeau, Jonathan Lee a plaidé pour son projet de "forêt des enfants pour la paix", plantée d'arbres fruitiers et de marronniers, et qui franchirait la DMZ. Ayant visité différents lieux, l'adolescent, originaire du Mississipi et fondateur de l'association internationale I.C.E.Y. H.O.P.E., a déclaré, lors d'un entretien à son retour à Pékin, que la DMZ est l'endroit qui lui avait fait la plus forte impression : "Quand j'étais sur la DMZ, j'ai parlé de mon espoir qu'il y ait une forêt des enfants pour la paix. Je propose comme devise "Au-delà des politiques, au-delà des conflits, au-delà des frontières, au-delà des idéologies".

 

Saluant la qualité de son accueil en RPDC, soulignant avoir découvert que les deux parties veulent la réunification et que la Corée est une, Jonathan Lee a déclaré que sa proposition avait reçu un accueil favorable des autorités nord-coréennes, qui avaient cependant observé que des progrès supposaient la conclusion d'un traité de paix dans la péninsule. Le projet de forêt de la paix a également été exposé dans des courriers adressés aux présidents sud-coréen Lee Myung-bak, américain Barack Obama et chinois Hu Jintao. 

 

Source principale : AFP

 

 

 

 

 

 

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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 14:02

 

Il y a 65 ans, les 6 et 9 août 1945, les Etats-Unis larguaient deux bombes atomiques sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki. Parmi les centaines de milliers de victimes qui périrent dans ces deux bombardements atomiques ou dans les années qui suivirent, se trouvaient de 20.000 à 30.000 Coréens - peut-être davantage -, travailleurs forcés déplacés par les Japonais qui avaient annexé leur pays en 1910. Pendant la Guerre de Corée (1950-1953), les Etats-Unis menacèrent d'utiliser à nouveau la bombe atomique, et, aujourd’hui, la doctrine américaine d'emploi des armes nucléaires autorise à frapper préventivement la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

La menace nucléaire américaine est donc particulièrement ressentie en Corée, victime des armes atomiques dès 1945. Soumise à cette menace et en l'absence de traité de paix avec les Etats-Unis, la RPDC a choisi de se doter à son tour de l'arme nucléaire, un choix renforcé par l'attaque américaine contre l'Irak en 2003.

VaguifGousseinovDans un entretien accordé à l'agence de presse RIA Novosti à la veille du 65emeanniversaire des bombardements atomiques américains de 1945, Vaguif Gousseïnov, président de l’Institut russe des évaluations stratégiques et d’analyse, évoque la situation du programme nucléaire nord-coréen. Il constate l'absence d'unanimité entre les médiateurs internationaux réunis au sein du G-6, les pourparlers à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Chine, Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Vaguif Gousseïnov compte davantage sur des négociations bilatérales, par exemple entre la RPDC et les Etats-Unis, pour parvenir à des résultats concrets. Selon lui, eu égard à son caractère essentiellement dissuasif, la RPDC ne renoncera à son arsenal nucléaire qu'en échange de sérieuses garanties de sécurité, à fournir d'abord par les Etats-Unis.

 

 

RIA Novosti - Dernièrement, la situation sur la presqu’île coréenne fait de plus en plus souvent la première page des journaux et des informations bien qu’à première vue il semblerait que rien de nouveau ne s’y passe. À quel point la situation a-t-elle changée en un an et quelles mesures devraient être prises dans le cadre du G-6 des médiateurs internationaux pour régulariser, ou du moins faire un pas vers la résolution de ce problème ?

 

Vaguif Gousseïnov - Vue de l’extérieur, la situation pourrait sembler se trouver dans l’impasse malgré l’intensité des négociations. Néanmoins, les positions des pays qui s’occupent de ce problème sont complexes et controversées du point de vue de la défense de leurs propres intérêts. Le meilleur exemple est celui des États-Unis qui suivent à la lettre le concept stratégique militaire établi par le Pentagone qui détermine le caractère obligatoire de la présence américaine dans cette région. Pour la Russie, cette région est tout aussi importante étant donné la proximité de la péninsule coréenne et, bien sûr, elle a ses propres intérêts géopolitiques, économiques et militaires dans cette région. Je pense que la réalisation d’un concept commun dans le cadre du G-6 des médiateurs internationaux est peu probable en raison de l’opposition des intérêts de ces pays. À mon avis, aujourd’hui nous observons plus souvent des négociations bilatérales, telles que Corée du Nord - Inde, Corée du Nord - Russie, Corée du Nord - États-Unis et ainsi de suite. Les négociations bilatérales pourraient bien conduire à des résultats concrets qui pourraient faire avancer la situation. À cet égard, la Chine a ses propres intérêts, la Corée du Nord, à son tour, ne peut pas accepter les conditions dictées par le G-6 des médiateurs internationaux. La raison en est la violation grave par les États-Unis de la souveraineté de l’Irak et l’invasion consécutive de l’Irak. Cependant, il faut rappeler que les autorités américaines avaient promis qu’au cas où la mise au point de l’arme nucléaire serait interrompue, les États-Unis ne recourraient pas à des mesures militaires à l’égard de l’Irak. Dans le cas présent, on peut comprendre les craintes de la Corée du Nord.

 

Aujourd’hui, la préoccupation principale de la communauté internationale à l’égard de la Corée du Nord et de l’Iran concerne l’eventualité d’un recours à l’arme nucléaire par ces pays. À votre avis, quelle est la probabilité que l’arme nucléaire soit employée par la Corée du Nord?

Pour que la Corée du Nord recoure à l’arme nucléaire, il faudrait un événement qui pousse les autorités militaires et politiques à prendre une telle décision.

 

La Corée du Nord pourrait-elle jouer le rôle d’agresseur ?

 

Je ne le pense pas car dans les autorités coréennes il y a des gens intelligents qui ont évolué dans des conditions politiques particulièrement difficiles. À leur tour, ils sont bien conscients des conséquences de l’emploi de l’arme nucléaire. J’estime que la possession d’une arme nucléaire est une garantie de sécurité plutôt qu’une arme d’agression.


Quelles voies possibles voyez-vous pour l’unification de la Corée du Nord et du Sud en un seul État après 50 ans d’opposition aussi brutale ?

 

Dans l’état actuel des choses c’est très difficile car, outre l’opposition entre deux Etats, les intérêts de nombreux pays se croisent dans cette région du monde, c’est le cas des États-Unis, de la Chine, de la Russie, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de bien d’autres. Pour cette raison, la résolution de ce conflit n’est probable qu’à condition d’élaborer conjointement certaines mesures. La résolution de ce conflit n’est possible qu’en élaborant un concept commun qui tienne compte des intérêts de toutes les parties et fixe des conditions mutuellement acceptables pour la Corée du Nord et la République de Corée. Cependant, je doute qu’une telle solution soit trouvée dans les années à venir.


À votre avis, la politique menée par la communauté internationale sur la coopération et la mise en œuvre de la technologie « nucléaire pacifique », à l’instar de l’Iran, pourrait-elle résoudre ce problème ? Les pays du G-6 de médiateurs internationaux fournissent de la matière première et, en échange, la Corée du Nord renonce à tous les programmes militaires nucléaires. Est-ce que l’Iran et la Corée du Nord accepteraient une telle proposition ?


Dans un futur proche, non. À l’heure actuelle, il n’y a pas encore de climat de confiance internationale favorable où les pays comme l’Iran et la Corée du Nord puissent aller dans le sens de la communauté internationale sous réserve de certaines garanties. Les évènements en Irak, lorsque les États-Unis ont renversé le pouvoir par la force militaire en sont un exemple récent. Pour cette raison, dans un futur proche, ces pays n’accepteront pas une telle proposition. Probablement dans 15-20 ans, une telle décision pourrait être prise, à condition d’améliorer les relations et de présenter de sérieuses garanties de la part de pays tels que les États-Unis, la Russie, l’Allemagne et d’autres.

Dans le monde contemporain, il ne semble pas y avoir de menace globale d’une catastrophe nucléaire. À votre avis, existe-t-il, à l’heure actuelle, une menace de conflits nucléaires locaux ?

 

Des catastrophes nucléaires locales sont déjà survenues dans différentes régions. En ce qui concerne la probabilité d’une catastrophe nucléaire, à l’heure actuelle, l’élite politique mondiale de tous les pays est bien consciente de toutes les conséquences de l’utilisation de l’arme nucléaire. Il existe beaucoup d’exemples historiques où les chefs d’État trouvaient un accord et une solution au problème dans des situations critiques, mais il est tout à fait possible que dans 10-12 ans, la situation puisse empirer, et dans ce cas il faudrait reconsidérer la menace d’une catastrophe nucléaire.


Propos recueillis par Samir Chakhbaz


 

Source : RIA Novosti, « Guerre nucléaire : hypothèses et réalité », 5 août 2010

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 22:43

Dans sa tradition de soutien aux mouvements de décolonisation, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a tissé des liens fraternels avec la Palestine : l'Autorité palestinienne dispose d'une représentation diplomatique permanente à Pyongyang et Yasser Arafat s'était rendu plusieurs fois en RPD de Corée. Dans ce contexte, Pyongyang a vivement condamné l'abordage par l'armée israélienne Tsahal dans les eaux internationales, le 31 mai 2010, d'une flottille humanitaire qui tentait de lever le blocus israélien contre Gaza. L'opération "Vents du ciel" s'est soldée par un bilan de 9 morts, exclusivement parmi les passagers. Nous reproduisons ci-après la réponse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée, le 3 juin, en réponse à une question de l'agence officielle nord-coréenne KCNA. Pyongyang dénonce la diplomatie américaine du "deux poids, deux mesures".

 

Gaza-flotilla-boarded.jpg

"Le 31 mai la flotte israélienne a monté une attaque aveugle contre une flottille de bateaux qui apportait une aide humanitaire aux habitants de Gaza en Palestine, en mobilisant trois navires de guerre, des hélicoptères militaires et des centaines de commandos dans les eaux internationales de la Mer Méditerranée. Elle a tué ou blessé de manière impitoyable des douzaines de civils à bord des bateaux. L'ensemble de la flottille était composée de six navires et au moins 700 militants solidaires de la Palestine ont été capturés et emmenés dans un port israélien.

 

Ce récent incident est un crime contre l'humanité perpetré avec la connivence des Etats-Unis et sous leur patronage, ainsi qu'un défi flagrant aux Arabes, dont les Palestiniens, et au processus de paix au Proche-Orient.

 

Les Etats-Unis, qui veulent à tout prix accroître la pression internationale et renforcer les sanctions contre la RPDC en fabriquant le cas du navire de guerre Cheonan, feignent d'ignorer l'action militaire inhumaine d'Israël. Cela seul montre les critères de la politique américaine quant à la paix et à la sécurité mondiales.

 

La RPDC dénonce avec force les actes de brigand d'Israël sus-mentionnés et exprime son entier soutien et sa pleine solidarité avec la cause des Palestiniens et des autres peuples arabes."

 

Source : KCNA. Traduit de l'anglais par l'AAFC

 

Autres articles sur le blog de l'AAFC concernant les relations entre la Corée et la Palestine :

- "Manifestion pour la Palestine à Séoul", 13 janvier 2009

- "La Corée du Nord condamne fermement l'assaut israélien sur Gaza", 30 décembre 2008

- "Pyongyang solidaire des Palestiniens", 13 novembre 2008

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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 23:00

Les Etats-Unis et leurs alliés tentent depuis plusieurs mois de ramener la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à la table des négociations sur son programme nucléaire, négociations interrompues en avril 2009 après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut sanctionné le lancement d'une fusée nord-coréenne. Après la visite en RPDC, courant février, de hauts responsables chinois et de l'Organisation des Nations Unies, certains médias ont cru déceler une tentative de relancer ces pourparlers en échange d'incitations économiques pour la RPDC. Par une dépêche datée du 19 février, l'agence de presse officielle nord-coréenne a apporté un démenti cinglant : ce ne sont pas les « récompenses économiques » qui pousseront la RPDC à abandonner sa force de dissuasion nucléaire.


WangJiarui-KimJongil 08022010Du 6 au 9 février 2010, Wang Jiarui, chef du département international du Comité central du Parti communiste chinois était en visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Au cours de ce déplacement  - présenté comme une « visite de courtoisie » -, Wang Jiarui a notamment rencontré le président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, Kim Jong-il. Le dirigeant coréen a redit à son interlocuteur chinois que la position constante de la RPDC est bien de réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Kim Jong-il a aussi souligné que la sincérité des parties prenantes est importante pour reprendre les pourparlers à six  sur le programme nucléaire de la RPDC, laquelle s'est retirée des pourparlers en avril 2009 pour protester contre sa condamnation par le Conseil de sécurité des Nations Unies suite au lancement d'une fusée. Ces pourparlers réunissaient depuis 2003 les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.


Wang Jiarui était porteur d'un message du président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, indiquant que la Chine attache un intérêt particulier à ses relations avec la RPDC et est prête à approfondir l'amitié traditionnelle entre les deux pays, à renforcer la coopération et à déployer des efforts conjoints avec la RPDC pour maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne. Le président chinois a d'autre part invité le dirigeant de la RPDC à se rendre en Chine.


Après la visite de Wang Jiarui, Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires politiques, était en RPDC du 9 au 12 février. Lynn Pascoe était le premier haut responsable de l'ONU à se rendre en RPDC depuis 2004, bien que l'ONU compte 39 employés en RPDC, travaillant pour des agences telles que le Programme alimentaire mondial, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le Fonds des Nations Unies pour la population et le Programme des Nations Unies pour le développement.


LynnPascoe-KimYongnam 11022010Lynn Pascoe a eu des entretiens avec le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême, Kim Yong-nam, et avec le ministre des Affaires étrangères, Pak Ui-chun. A l'issue de ces rencontres, Lynn Pascoe a reconnu que la RPDC n'était « pas pressée » de reprendre les pourparlers à six pays. La RPDC exige toujours, préalablement à la reprise de ces pourparlers, la levée des sanctions imposées par l'ONU, ainsi que la négociation d'un véritable traité de paix avec les Etats-Unis pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953).


Après l'annonce par le gouvernement nord-coréen, en janvier 2010, de la création d'une banque de développement chargée d'attirer les investissements étrangers, certains médias ont cru déceler dans le « ballet » diplomatique du mois de février une tentative de ramener Pyongyang aux pourparlers à six en échange d'incitations économiques de la part de ses principaux alliés et partenaires. Apportant un démenti cinglant, l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a réaffirmé dans une dépêche datée du 19 février que la RPDC n'était pas prête à renoncer à sa force de dissuasion nucléaire en échange de quelconques « récompenses économiques », mais bien en échange de relations normalisées avec les Etats-Unis (traduction : AAFC) :


« Ces jours-ci, des bruits en provenance des pays entourant la péninsule coréenne évoquent des 'récompenses économiques' qui seraient accordées à la RPDC si celle-ci démantèle ses armes nucléaires.


« Certains poussent l’absurdité jusqu’à dire qu’il faut arrêter de récompenser la RPDC avec des denrées alimentaires, du pétrole, des prêts, etc… si elle s’obstine à refuser de démanteler ses armes nucléaire et qu’ils 'n’auront pas recours à l’argent pour la persuader de retourner aux pourparlers à six'.


« En un mot, ces déclarations signifient un genre de 'récompense économique' accordée à la RPDC en échange de ses bombes nucléaires.


« Ce faux raisonnement ne peut être fait que par les pires imbéciles au monde qui ne savent pas comment les choses se déroulent ici.


« La RPDC a accédé à la dissuasion nucléaire en dépensant des sommes prodigieuses tout en se serrant la ceinture et en surmontant toutes sortes de difficultés et d’épreuves. Cette mesure d’autodéfense vise à faire face à la menace nucléaire des Etats-Unis. Elle n’est pas destinée à menacer quiconque ou à recevoir des 'faveurs économiques' ou des récompenses


« Ceux qui racontent les bêtises indiquées ci-dessus commettent une malheureuse erreur de jugement s’ils croient que la RPDC pourrait faire une chose aussi stupide que renoncer à ses armes nucléaires en prévision d’une 'récompense économique' de la part de l’étranger.


« La RPDC décide de tout elle-même en usant de son bon sens, pas en comptant sur les autres. C’est l’enseignement historique de sa construction socialiste.


« Il n’y a que les gens stupides qui peuvent penser que la RPDC pourrait troquer sa force de dissuasion nucléaire pour une 'aide économique' d’un montant dérisoire.


« Leur supposition a si peu de sens qu’il est difficile de dire si une attitude aussi idiote est due à leur ignorance de la raison pour laquelle la RPDC a renforcé sa force de dissuasion nucléaire ou s’ils affirment cette chose farfelue en feignant de l’ignorer.


« La RPDC a été contrainte d’accéder à la dissuasion nucléaire pour sa propre défense afin de protéger les intérêts suprêmes et la sécurité du pays face à la menace nucléaire croissante des Etats-Unis.


« Ce ne sont autres que les Etats-Unis qui ont poussé la RPDC à se doter d’une force de dissuasion nucléaire et ils sont donc entièrement responsables du problème nucléaire dans la péninsule coréenne.


« Les Etats-Unis, les plus grands criminels faisant peser une menace nucléaire sur la RPDC, obéissent à une logique de brigand en lui demandant de démanteler ses armes nucléaires.


« La RPDC n'abandonnera jamais ses armes nucléaires, même si la terre venait à se fendre, à moins qu'il soit mis fin à la politique hostile envers la RPDC et que la menace nucléaire soit éliminée.


« Tels ont toujours été la position et les principes d'indépendance de la RPDC.


« Les forces hostiles dont font partie les Etats-Unis travaillent actuellement d'arrache-pied pour contraindre la RPDC à se désarmer elle-même et poursuivent une confrontation extrême avec elle.


« Ces forces sont sous la pression croissante de leurs propres pays et d'autres parties du monde pour retirer les armes nucléaires qu'elles ont déployées ici. Très contrariés par ces développements, les Etats-Unis font de plus en plus de bruit autour des activités nucléaires de la RPDC dans le but de s'en servir comme prétexte pour continuer à renforcer leur arsenal nucléaire.


« Tous les faits tendent à prouver que la clé essentielle pour sortir de l'impasse où se trouve le processus visant à régler le problème nucléaire dans la péninsule réside dans l'abandon par les Etats-Unis de leur politique hostile envers la RPDC.


« La force de dissuasion nucléaire de la RPDC pour sa propre défense demeurera et deviendra plus puissante pour protéger la souveraineté et la dignité de la nation aussi longtemps que persisteront la menace nucléaire et la politique hostile des Etats-Unis.


« Ceux qui parlent de 'récompense économique' pour la RPDC en échange du démantèlement de ses armes nucléaires seraient bien avisés d'arrêter de rêver. »


Sources : Xinhua (dépêches du 9 février et du 17 février 2010), KCNA (dépêche du 19 février 2010)

Photos : KCNA







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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 00:59

Après le séisme de magnitude 7 qui a ravagé Haïti le mardi 12 janvier 2010, les autorités coréennes, du Nord comme du Sud de la péninsule, ont adressé des messages de sympathie au gouvernement haïtien. La Corée du Sud a également envoyé une - modeste - aide financière et des équipes de secours.


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Le séisme qui a gravement touché Haïti, le 12 janvier dernier, a donné lieu à un premier bilan provisoire de 45.000 victimes qui devrait encore s'alourdir (ci-dessus, le port de Port-au-Prince le 13 janvier). La catastrophe a entraîné des réactions de sympathie et de soutien dans l'ensemble de la péninsule coréenne.

Au Nord, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée, a adressé le jeudi 14 janvier un message de sympathie à son homologue haïtien, le Président d'Haïti René Préval. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, "exprimant sa profonde sympathie et son réconfort au président et aux habitants de la région gravement touchée, M. Kim a exprimé dans son message le souhait que le président et le gouvernement d'Haïti éradiquent les conséquences du désastre aussi vite que possible et ramènent à la normale la vie des victimes." Ce message - qui figurait en troisième place parmi les dépêches du KCNA du 15 janvier 2010, alors que la priorité est traditionnellement accordée à l'actualité coréenne - émane du chef d'Etat du pays qui, selon certaines analyses, a été le plus durement touché par les catastrophes naturelles (inondations, sécheresse...) depuis vingt ans.

Au Sud, lors d'un petit-déjeuner-débat avec les PDG des trente premiers conglomérats du pays qui s'est tenu le 15 janvier, le président Lee Myung-bak a également exprimé ses condoléances au peuple haïtien, en appelant les pays du G20 à coopérer. Une équipe de soutien du gouvernement sud-coréen est partie le 14 janvier pour Haïti, rejointe par un groupe de médecins et infirmiers dépêché le 15 janvier. L'assistance sud-coréenne immédiate a atteint un million de dollars, alors que des voix se sont élevé pour déplorer la modestie de ces actions au regard du potentiel économique de la Corée du Sud - membre de l'OCDE, celle-ci ne devrait accorder que 0,13 % de son PIB à l'aide publique au développement en 2010, contre une moyenne de 0,3 % au sein de l'OCDE, un chiffre lui-même très inférieur aux objectifs fixés, notamment, par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement.

Le lundi 18 janvier, le gouvernement coréen a annoncé qu'il porterait le montant de son aide à 10 millions de dollars, tout en envisageant le déploiement de troupes dans le cadre d'une opération de maintien de la paix des Nations-Unies.

Sources :
KBS, KCNA, Xinhua

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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 01:20

En déplacement à Pyongyang durant l'hiver 1964-1965, Che Guevara déclara, lors d'une conférence de presse, que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) devait constituer un modèle pour Cuba. L'AAFC revient sur cette étape de la tournée internationale du "Che", à l'issue de laquelle il a prononcé à Alger, le 24 février 1965, un discours marquant contre l'impérialisme.

"Che Guevara a visité Pyongyang autour de 1965 et déclaré à la presse que la Corée du Nord était un modèle auquel Cuba révolutionnaire devrait aspirer". Dans son ouvrage de référence Korea’s Place in the Sun: A Modern History (W.W. Norton & Company, 2005, p. 404), l'historien Bruce Cumings, spécialiste de la Corée du Nord, a ainsi mentionné brièvement l'étape nord-coréenne lors de la tournée internationale de trois mois de Che Guevara, jusqu'à son discours d'Alger du 24 février 1965, où il déclara : "Il n'y a pas de frontières dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui se passe dans n'importe quelle partie du monde. La victoire de n'importe quel pays contre l'impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de quelque pays que ce soit est notre défaite". 

Che-Guevara_Kim-Il-Sung.jpg Le Che en discussion avec le Président Kim Il-sung


Le voyage de Che Guevara en RPD de Corée, durant l'hiver 1964-1965, prend tout son sens au regard du discours d'Alger du 24 février 1965 : née de la guerre de libération contre la colonisation japonaise, la République populaire démocratique de Corée a également su faire face, pendant la guerre de Corée (1950-1953), aux forces des Nations-Unies sous commandement américain.
Soutien des mouvements de libération dans le Tiers-Monde, elle apparaît comme l'un des avant-postes de la lutte contre l'impérialisme à laquelle a appelé le Che à Alger.  

La mention de la Corée du Nord comme une référence pour la jeune République socialiste de Cuba doit enfin être resituée dans son contexte : en 1965, la République populaire démocratique de Corée enregistre des taux de croissance économique annuels supérieurs à 10 % et s'industrialise rapidement, après avoir été ruinée au sortir de la guerre de Corée. Le pays est également déjà en passe d'atteindre un taux d'alphabétisation de 100 %. A la fin des années 1980, la République populaire démocratique de Corée a été l'un des rares - voir le seul - pays en développement à être devenu une puissance industrielle en suivant un modèle de développement de type socialiste, avant les difficultés économiques nées notamment, dans les années 1990, de l'effondrement du bloc socialiste. 

Mais l'appréciation extrêmement positive du Che sur la Corée du Nord a peut-être encore une dernière raison : il prônait une éthique du travail volontaire et de l'effort individuel au service de la collectivité, ainsi que de l'exemple que doit donner le dirigeant vis-à-vis du peuple, qui a dû trouver des échos dans l'organisation politique et sociale de la République populaire démocratique de Corée, telle qu'il lui a été donné de la découvrir.

Autre source :
wikipédia

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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 21:47

Le 15 octobre 2009, la commissaire européenne au Commerce, Mme Catherine Ashton, et le ministre sud-coréen du Commerce, M. Kim Jong-hoon, ont signé un accord de libre-échange qui, en prévoyant l'abolition des droits de douane sur 97 % des produits échangés dans un délai de vigueur, est le plus important accord de libre-échange depuis la conclusion, en 1994, de l'accord de libre-échange nord-américain (North American Free Trade Agreement, NAFTA) entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Si la Commission européenne estime - de manière optimiste - à 31 milliards d'euros les débouchés nouveaux pour les exportateurs européens et sud-coréens, les syndicats et certaines professions - comme les constructeurs automobiles européens - dénoncent les conséquences selon eux néfastes de cet accord, qui reste encore à être approuvé par le Parlement européen, l'Assemblée nationale coréenne (Gukhoe) et les Parlements des 27 Etats membres de l'Union europénne (UE).

A l'issue de plus de deux ans de négociations, et de huit séries de négociations, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Corée du Sud a été signé à Bruxelles, le 15 octobre 2009, entre Mme Catherine Ashton, commissaire européenne au Commerce,  et M. Kim Jong-hoon, ministre du Commerce de la République de Corée (du Sud) (photo : service audiovisuel de la Commission européenne). La Commission européenne ne cache pas sa satisfaction d'avoir rattrapé les Etats-Unis dans leurs négociations commerciales avec la Corée du Sud : signé en avril 2007, l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud n'est toujours pas entré en vigueur, en raison notamment de l'opposition du Congrès américain. Si le nouvel accord doit encore être approuvé par le Parlement européen, l'Assemblée nationale sud-coréenne et les Parlements des 27 Etats membres de l'Union européenne (UE), l'optimisme prévaut : Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat française au Commerce, envisage une entrée en vigueur dès l'été 2010.

Alors que les échanges commerciaux entre l'Union européenne et la Corée du Sud ont atteint 65 milliards d'euros en 2008 (se répartissant entre 39,4 milliards d'euros d'exportations sud-coréennes vers l'UE, et 25,6 milliards d'euros d'exportations européennes vers la Corée du Sud, plaçant ainsi l'UE au deuxième rang des partenaires commerciaux de la Corée du Sud, derrière la Chine), la Commission européenne estime que le nouvel accord, en prévoyant la suppression des droits de douane sur 97 % des produits échangés (ainsi que la levée de barrières dites non tarifaires, correspondant notamment à des normes sanitaires et techniques) dans un délai de cinq ans, génèrera 19 milliards d'euros de débouchés commerciaux nouveaux pour les entreprises européennes, et 12 milliards d'euros d'exportations supplémentaires pour les entreprises sud-coréennes. Ces prévisions sont fondées sur la suppression attendue de 1,6 milliard d'euros de droits de douane sud-coréens et de 1,1 milliard d'euros de droits de douane européens. Ces chiffres ont toutefois été établis au début des négociations, et sont considérés comme particulièrement optimistes par de nombreux experts, d'autant plus qu'ils seront difficilement vérifiables : dans l'évolution des échanges commerciaux entre l'Union européenne et la Corée du Sud, quelle sera la part imputable à l'effet-prix dû exclusivement à la diminution des droits de douane, ou à la levée de barrières non-tarifaires ? Seules les pertes de recettes fiscales sont certaines.

Au moment où la crise internationale vient rappeler les limites des fondamentaux du libre-échangisme (à l'origine, par exemple, de la dépendance économique de nombreux pays du Tiers-Monde anciennement colonisés), l'accord de libre-échange soulève de nombreuses critiques. Alors que la balance commerciale entre la Corée du Sud et l'Union européenne est déjà lourdement déficitaire (- 13,8 milliards d'euros en 2008) au détriment de l'UE, les constructeurs automobile européens - qui forment l'un des principaux secteurs industriels pourvoyeurs d'emplois, et sont aussi l'un des plus sensibles à la conjoncture économique - considèrent qu'ils seront lourdement pénalisés par la suppression annoncée de 10 % des droits de douane sur les voitures coréennes, et de 8 % sur les voitures européennes. A l'appui de leurs analyses, ils observent que, en 2008, l'Union européenne a importé 450.000 voitures sud-coréennes, et exporté seulement 33.000 véhicules (soit seulement 3 % du marché automobile domestique) au pays du Matin calme.

Les menaces ne portent pas seulement sur l'emploi, mais également sur les services publics :
selon la centrale syndicale sud-coréenne KCTU, l'accord de libre-échange va livrer à la concurrence européenne les services publics sud-coréens de l'eau, de l'électricité, du gaz, de la santé et de l'éducation. La KCTU rappelle, par exemple, que la privatisation de l'eau a conduit à une explosion des prix dans de nombreux pays en développement, tout en menaçant la santé et la vie des citoyens : en Philippines, l'accès à l'eau potable est désormais limité à quatre heures par jour, et le manque d'entretien du réseau d'assainissement a entraîné la mort de 300 personnes, victimes du choléra.

Enfin, les services culturels seront davantage soumis à la logique de profit du secteur marchand, en application d'un protocole sur la coopération culturelle pour le moins ambigu.

Si les gouvernements européens espèrent coiffer sur le fil les Etats-Unis dans la ratification de l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud, les critiques attendues de larges pans de l'opinion publique vont compliquer la procédure parlementaire dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne et en Corée du Sud, hypothéquant tout pronostic d'entrée en vigueur de l'accord.

Sources : AAFC, Les Echos (édition du 15 octobre 2009), Europa (édition du 15 octobre 2009), Le Figaro (édition du 16 octobre 2009)

Autres articles sur les relations entre l'Union européenne et la Corée :
-
Sommet Chine - Union européenne : désaccord sur la Corée du Nord (21 mai 2009)
-
La Corée du Nord, test pour une politique étrangère commune de l'UE (1er novembre 2008)
-
Le "non" de la KCTU à l'accord de libre-échange Europe-Corée (28 juin 2008)

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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 12:59

Le 30 octobre 2009, le gouvernement sud-coréen a annoncé l'envoi de 300 soldats et policiers en Afghanistan, deux ans après l'enlèvement par les taliban et la mort de missionnaires sud-coréens, qui avait entraîné le retrait des troupes sud-coréennes. Alors que la décision formelle ne doit intervenir qu'après un rapport d'une équipe qui doit se rendre prochainement sur place, puis l'accord du Parlement, le gouvernement sud-coréen s'est efforcé de désamorcer les critiques attendues de l'opinion publique. Il a déclaré qu'il s'agirait seulement de protéger des travailleurs civils participant à la reconstruction du pays. Son annonce intervient avant la rencontre prévue en novembre entre Lee Myung-bak et Barack Obama : les Etats-Unis, qui considèrent l'Afghanistan comme un des principaux champs de bataille de la "guerre contre le terrorisme", ont salué l'annonce de Séoul, tout en s'évertuant à réfuter tout arrangement américano - sud-coréen avant le sommet du mois prochain.

Alors que la
participation sud-coréenne aux opérations menées en Irak sous commandement américain avait soulevé de nombreuses protestations dans le Sud de la péninsule, le gouvernement a multiplié les précautions pour l'annonce du retour de troupes sud-coréennes en Afghanistan. Cette décision, apparemment d'ores et déjà prise, à la veille d'un sommet en novembre entre Lee Myung-bak et Barack Obama, témoigne de l'étroitesse des relations entre les deux pays, suivant une tradition de soutien constant de la Corée du Sud aux guerres des Etats-Unis : entre 1965 et 1973, 312.853 soldats sud-coréens ont combattu au Vietnam aux côtés des troupes américaines, faisant de la Corée du Sud le deuxième pays étranger le plus impliqué dans le conflit.

Si la présence militaire annoncée en Afghanistan, avec plus de 200 soldats et une trentaine de policiers (300 hommes au total, selon d'autres sources), est plus modeste, elle n'en témoignerait pas moins d'un spectaculaire retour des troupes sud-coréens dans l'un des principaux foyers de la "guerre contre le terrorisme" menée par les Etats-Unis. En effet, en 2007, les troupes sud-coréennes s'étaient retirées d'Afghanistan sur la demande des taliban, après que ces derniers eurent capturé un groupe de missionnaires protestants sud-coréens, dont deux avaient été tués.

De multiples précautions ont été prises par Yu Myung-hwan, ministre des Affaires étrangères, pour cette annonce, intervenue lors d'une audition par les députés de la commission des affaires étrangères, le 30 octobre 2009. Le ministre a déclaré attendre le rapport d'une équipe qui se rendra bientôt sur place, avant l'accord final du Parlement. Cette prudence traduit une inquiétude face aux protestations attendues, tant de l'opinion publique que de l'opposition. Lors d'une rencontre avec M. Yu, Chung Se-kyun, dirigeant du Parti démocrate (principale force d'opposition, centriste) a déclaré que son parti avait une "perception fondamentalement négative" des actions conduites en dehors des opérations de maintien de la paix.

Selon Moon Tae-young, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, le mandat des troupes sud-coréennes serait limité à la protection de travailleurs civils participant aux équipes de reconstruction provinciale (dans le cadre d'un programme plus connu par son acronyme anglais : PRT, pour Provincial reconstruction team), dont les effectifs seraient eux-mêmes portés de 25 à 130. Cette équipe, composée de médecins et de personnels spécialisés dans la formation, se trouve aujourd'hui dans la base aérienne américaine de Bagram. Trois sites sont envisagés comme base des troupes sud-coréennes : Kaboul, Day Kundi et Nimroz. Le choix de Kaboul est le plus souvent cité, du fait de sa proximité avec la base américaine de Bagram (photo ci-dessous).


La Corée du Sud rejoindrait ainsi les 14 autres pays de la coalition participant aux opérations de reconstruction du pays, conduites en application d'une résolution des Nations-Unies dans les zones frappées par la guerre, en répondant ainsi à la demande du gouvernement afghan. Les personnesl civils travaillent en étroite coopération avec les troupes de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS, ou International Security Assistance Force : ISAF, ci-dessous carte des commandemants régionaux de l'ISAF et des opérations PRT en septembre 2008) qui opère en Afghanistan sous l'égide de l'OTAN. Dans un communiqué en date du 31 octobre, Robert Gibbs, secrétaire à la presse de la Maison-Blanche, a salué l'annonce du gouvernement sud-coréen :  "C'est une contribution importante à l'effort international en Afghanistan et pour encourager la stabilité et la reconstruction de la région".

Selon le gouvernement sud-coréen, il ne s'agirait pas de troupes de combat, mais les soldats pourraient être "obligés" d'intervenir dans des "tirs croisés involontaires", ce qui justifierait le déploiement d'équipements lourds - dont des tanks.

Les soldats et les policiers déployés seront deux fois plus nombreux que les civils avec, en théorie,  pour seul mandat d'assurer la protection. L'autre annonce faite simultanément par le gouvernement sud-coréen est que le nombre de ces personnels serait multiplié par cinq, alors que leur protection pouvait jusqu'à présent être assurée par les seules troupes américaines. En outre, comme le montre l'expérience d'autres opérations en principe strictement civiles, la frontière est poreuse avec des actions ouvertement militaires. Malgré les démentis des deux parties, tout indique que Séoul entend apporter sa contribution à la guerre américaine contre le terrorisme, à la veille de la rencontre prévue en novembre entre Barack Obama et Lee Myung-bak.

Le président sud-coréen a fait du
resserrement des liens avec Washington l'un des axes majeurs de sa politique étrangère.

Sources :
CCTV, Hindustantimes, The Korea Herald, Kuwait News Agency (KUNA)

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
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