Relations internationales de la Corée

Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 01:07

Dans un contexte de tensions accrues dans la péninsule coréenne après l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009, quels sont les risques réels de conflit en Corée ? La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) souligne qu'elle renforce ses capacités dissuasives face à l'attitude hostile des Etats-Unis. Pour leur part, les Etats-Unis affirment qu'ils assumeront la défense de leur allié sud-coréen. Si aucune partie ne prétend donc s'inscrire dans une démarche offensive, il n'est pas exclu que, dans l'escalade actuelle où chaque Etat cherche à renforcer ses positions en vue de négociations à venir, des accrochages puissent se produire, et dégénérer. A ce stade, quelle est donc la probabilité d'une (seconde) guerre de Corée ? Nous allons examiner successivement plusieurs scénarios.

Une offensive terrestre de grande envergure
Le scénario d'une attaque terrestre, après le franchissement de la DMZ, reprendrait le schéma de la guerre de Corée (1950-1953). Mais le contexte a radicalement changé : lors de la partition de la Corée après la libération de l'occupation japonaise, les franchissements de la ligne de séparation Nord-Sud ont été fréquents, conduisant à de nombreux accrochages, jusqu'à dégénérer en un conflit ouvert en juin 1950. Le président sud-coréen Syngman Rhee avait alors multiplié les déclarations guerrières, et l'hypothèse d'une guerre était crédible. Actuellement, toutes les forces en présence soulignent qu'elles entendent d'abord se défendre... d'une éventuelle agression. Personne ne semble rechercher un conflit ouvert.

La stratégie américaine de changement de régime passe d'ailleurs plus par des sanctions économiques visant à l'effondrement de la Corée du Nord, que par une guerre coûteuse en vies américaines. Une autre règle de géopolitique tend à vouloir que, plus une zone concentre des armements conventionnels nombreux (comme c'est le cas aujourd'hui de part et d'autre de la DMZ), plus les risques de conflit sont paradoxalement faibles, compte tenu des dommages irréparables d'un affrontement.

Des bombardements américains en Corée du Nord
Dans les années 1990, l'idée d'un bombardement américain de la centrale nucléaire nord-coréenne de Yongbyon avait été avancée, notamment dans les cercles néo-conservateurs. De fait, des attaques aériennes prétendument ciblées ont déjà été expérimentées par Washington par le passé dans d'autres pays du monde, comme la Libye. Ce scénario apparaît aujourd'hui improbable, du moins dans le cas de la Corée du Nord : les tirs de missile de courte portée lors de l'essai nucléaire du 25 mai 2009 montrent que Pyongyang entend prévenir toute attaque de son territoire, qui supposerait une violation de son espace aérien à laquelle les Nord-Coréens réagiraient immédiatement.

Des commandos à Pyongyang ?
L'idée que des commandos puissent se rendre en Corée du Nord, par exemple pour
libérer les deux journalistes américaines récemment condamnées à douze ans de prison pour espionnage, est plus crédible dans le cadre de la lutte contre un acteur non-étatique (comme une guérilla), que dans la guerre faite à un Etat. Si, par le passé, tant le Nord que le Sud ont accusé l'autre partie d'envoyer des commandos de l'autre côté de la DMZ, l'insuccès de telles opérations rend leur probabilité assez faible. S'agissant des journalistes américaines récemment condamnées, des actions de médiation se poursuivent.

Des accrochages en mer de l'ouest
Faute d'entente sur ce point, l'accord d'armistice de 1953 n'incluait pas la ligne de délimitation nord (northern limitary line, NLL, illustration www.globalsecurity.org) dans la mer de l'Ouest entre les deux Corée, laquelle a été définie unilatéralement par les troupes onusiennes sous commandement américain en août 1953. La plupart des îles ont été incluses dans le périmètre sud-coréen, réduisant considérablement l'accès maritime du port de Haeju, au sud-ouest de la Corée du Nord. Depuis 1999, la Corée du Nord a réaffirmé que la délimitation entre les espaces maritimes nord et sud-coréen se situait, selon elle, plus au Sud.

Des accrochages meurtriers ont eu lieu en juin 1999 et en juin 2002, au moment de la saison de la pêche au crabe. Cette année, Pyongyang a à nouveau défini - mais plus au Sud - la zone dans laquelle la Corée du Nord entend intervenir pour la pêche, conduisant les Américains et les Sud-Coréens à accuser Pyongyang, comme en 1999 et en 2002, d'intrusion dans les eaux sud-coréennes,
le 4 juin dernier. Il n'y a toutefois pas eu d'accrochage. La récente déclaration de la Corée du Nord qu'elle ne se considère plus liée par l'accord d'armistice de 1953, après la condamnation de son essai nucléaire, a aussi été interprétée, à Séoul, comme le signe de possibles nouveaux affrontements dans cette zone territorialement disputée, où la Corée du Sud a envoyé des navires en renfort. 

L'arraisonnement de navires nord-coréens
En rejoignant l'initiative américaine de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive (PSI), Séoul a rendu possible d'arraisonner et de fouiller des navires nord-coréens jugés suspects, non seulement dans les eaux territoriales sud-coréennes, mais aussi dans les eaux internationales. Pour Pyongyang, ce serait un acte de guerre.

Un initiative sud-coréenne entraînerait probablement une riposte du navire nord-coréen ainsi visé, d'autant plus - comme nous l'avons vu avec la NLL - que la zone de délimitation des espaces maritimes est contestée.

En conclusion, le contraste entre les réactions, plus mesurées, des Sud-Coréens et celles d'une partie de l'opinion publique en Europe et en Amérique du Nord dans la crise actuelle, peut s'expliquer par une meilleure appréciation des risques de conflit : l'intérêt de toutes les parties est d'éviter une guerre dont les conséquences seraient dramatiques pour les Coréens. Dans le contexte actuel, les risques d'un affrontement limité existent cependant, et le climat de tension ne permet pas d'exclure le principe d'une escalade dans cette hypothèse.
 

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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /2009 00:23

Rien ne va plus dans la péninsule coréenne. Alors que l'intransigeance de l'administration Obama a conduit la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à son second essai nucléaire le 25 mai 2009, dans le pari de créer un nouveau rapport de forces plus favorable, la République de Corée (Corée du Sud) s'est inscrite dans une logique d'escalade en annonçant qu'elle rejoignait l'Initiative de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive (Proliferation Security Initiative, PSI).

Une impression de déjà-vu. Dans le bras-de-fer qui oppose d'abord les Etats-Unis et la Corée du Nord dans la péninsule coréenne, l'essai nucléaire auquel a procédé Pyongyang le 25 mai dernier n'est, comme lors du premier essai nucléaire nord-coréen en octobre 2006, qu'une étape dans un processus d'escalade... mais y aura-t-il également in fine, comme trois ans plus tôt, une reprise des discussions, qui avaient alors abouti à l'accord de Pékin du 13 février 2007 ? Dans le contexte actuel, la clé d'une éventuelle négociation réside dans des discussions bilatérales directes entre Washington et Pyongyang. Pour l'heure, Pyongyang apparaît déterminée à créer un rapport de forces plus favorable, y compris en vue d'éventuelles négociations ultérieures, suivant une tactique éprouvée par la RPD de Corée de la diplomatie non conventionnelle.

Réuni d'urgence, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a condamné le test du 25 mai comme contraire à la résolution 1718 d'octobre 2006 qui, prise au lendemain du premier essai nucléaire nord-coréen, avait entraîné un premier train de sanctions. Le Conseil de sécurité doit se réunir à nouveau pour décider de nouvelles sanctions. La Chine et la Russie se sont jointes cette fois aux Etats-Unis dans la condamnation de Pyongyang, contrairement à la position qu'avaient adoptée ces puissances dans les jours après le lancement de la fusée Unha-2 par la Corée du Nord, le 5 avril dernier.

Pour sa part, la RPDC a effectué, le 26 mai, deux tirs de missile de courte portée sur sa côte est (après trois précédents tirs la veille). Pyongyang procède régulièrement à de tels tirs de missile, mais la concomitance avec l'essai nucléaire indique que la Corée du Nord n'entend pas se laisser intimider par les grandes puissances.

Par rapport au précédent de 2006, un élément nouveau est toutefois l'attitude des autorités sud-coréennes. Le président Lee Myung-bak, rompant avec la politique d'ouverture au Nord de ses prédécesseurs démocrates, a annoncé que la Corée du Sud rejoignait
l'Initiative de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive (Proliferation Security Initiative, PSI), lancée en 2003 par l'administration Bush pour lutter contre la prolifération des armes de destruction massive, de leurs vecteurs et des matériels connexes.

Jusqu'à présent, la Corée du Sud n'avait qu'un statut d'observateur au dispositif PSI, auquel participent désormais 94 pays*, alors que Pyongyang avait fait savoir de longue date qu'elle considèrerait une telle décision comme une "déclaration de guerre".

Le choix opportuniste de Séoul de rejoindre la PSI montre la volonté du président Lee Myung-bak de s'inscrire dans une logique de confrontation, dans le sillage de Washington. Elle éclaire aussi le lien qu'établit Séoul entre la PSI et les relations intercoréennes, alors que la Corée du Sud avait prétendu que PSI n'était pas dirigée contre la Corée du Nord.


* Les participants à la PSI sont : Afghanistan, Albanie, Allemagne, Andorre, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahamas, Bahreïn, Belgique, Bélize, Biélorussie, Bosnie, Brunei, Bulgarie, Cambodge, Canada, Chili, Corée du Sud, Croatie, Chypre, Danemark, Djibouti, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Fiji, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Honduras, Hongrie, îles Marshall, Irak, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizistan, Koweït, Lettonie, Libéria, Libye, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Mongolie, Monténégro, Maroc, Nouvelle-Zélande, Norvège, Oman, Ouzbékistan, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Siège, Salvador, Samoa occidentales, Saint-Marin, Serbie, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Sri Lanka, Suède, Suisse, Tadjikistan, Tunisie, Turquie, Turkménistan, Ukraine, Vanuatu et Yémen.


Sources principales : AAFC, Daily Times
, Département d'Etat US

 

 

Qui prolifère vraiment?

Nombre d'essais nucléaires effectués dans le monde entre 1945 et 2009

Israël et l'Afrique du Sud auraient effectué un essai en commun en 1979

  (source : Wikipedia - photo : test atomique XX-12 GRABLE effectué le 25 mai 1953 dans le Nevada)

   
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /2009 12:02

L'Union européenne a évoqué la question de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), lors du sommet annuel avec la Chine, le 20 mai 2009. De fait, ce sommet attendu comme celui de la réconciliation a surtout montré l'état des divergences entre les deux pays, alors que la Chine a mis en garde contre toute ingérence dans ses affaires intérieures.

"Je veux souligner que pour mener une coopération stratégique (entre la Chine et l'Union européenne), la chose la plus importante est de bien s'en tenir aux principes du respect mutuel et de ne pas interférer dans nos affaires intérieures réciproques" : la déclaration du Premier ministre chinois Wen Jiabao à l'issue du sommet entre l'Union européenne et la Chine, le 20 mai 2009 à Prague, ne pouvait être plus claire.

Le sommet annuel devait initialement se tenir à Lyon le 1er décembre 2008, pendant la présidence française de l'Union européenne, mais il avait été reporté après une rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama. La déclaration du Premier ministre chinois  le 20 mai dernier apparaît comme une nouvelle mise en garde qui montre que les relations sino-européennes ont été durablement affectées par les choix du président Nicolas Sarkozy pendant la présidence française, alors que le dirigeant religieux tibétain est à nouveau attendu prochainement en France, au Pays-Bas et au Danemark.

Ce sommet, présenté comme celui de la "réconciliation", a surtout réaffirmé les divergences sur les sujets économiques et diplomatiques, alors que la méthode priviligiée par les Européens - consistant à amener les dirigeants chinois sur leurs positions - ne répond pas vraiment au principe du "respect mutuel", évoqué par Wen Jiabao, ni à la recherche du compromis. Dans le domaine économique, la Chine voulait obtenir un assouplissement des conditions d'exportation de ses produits de haute technologie vers l'Europe, et un appui à ses démarches pour obtenir le statut d'économie de marché, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. Ces questions n'ont pas obtenu de réponse à Prague, dans l'attente du prochain sommet annuel qui aura lieu au deuxième semestre de cette année en Chine.

L'Union européenne a échoué à obtenir de la Chine tant qu'elle fasse pression sur les dirigeants de la Birmanie (Myanmar) pour engager un dialogue avec l'opposition, que sur la question de la Corée du Nord.

Sur ce dernier dossier, les Européens voulaient une condamnation du
lancement de la fusée Unha-2 par les Nord-Coréens le 5 avril dernier, et que la Chine fasse pression pour la reprise des pourparlers à six. L'échec des dirigeants européens tend à montrer que la Corée du Nord ne peut pas faire avancer la mise en place d'une diplomatie européenne autonome, si la position des Européens consiste simplement à relayer la position américaine.

Sans doute y a-t-il eu une mauvaise évaluation des relations entre la Chine et la RPD de Corée, alors que l'année 2009 est celle de l'amitié sino-coréenne. La plupart des diplomates européens estiment en effet que
l'adoption d'une déclaration "non contraignante" (sic) du président du Conseil de sécurité des Nations-Unies aurait fait l'objet d'une concertation préalable entre Pékin et Pyongyang. Or Pékin ne s'attendait pas à une réaction aussi ferme de Pyongyang, tandis que les sanctions prises contre plusieurs entreprises nord-coréennes, sur la base de cette déclaration, montre qu'elle n'était pas "non contraignante".

La Chine, soucieuse de bonne relations avec Washington, a-t-elle été le jouet des Américains et des Européens sur la Corée du Nord ? Une de ses priorités de Pékin est maintenant le rétablissement de la relation bilatérale avec Pyongyang. Par ailleurs, les déclarations bruyantes des Etats-Unis sur le prétendu consensus international à propos de Pyongyang ne correspondent pas à la réalité, que les diplomates européens ont bien maladroitement rappelée en mettant eux-mêmes le dossier nord-coréen sur la table des négociations du sommet UE-Chine. (Sources :
AFP, y compris photo, et EarthTimes

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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /2009 00:02

Le lundi 4 mai 2009, le président cubain Raul Castro a reçu Pak Ui-chun, ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Les deux pays ont ainsi réaffirmé leur solidarité dans la lutte "anti-impérialiste", alors que Le Havane n'entretient toujours de relations diplomatiques officielles qu'avec Pyongyang dans la péninsule coréenne.

Reçu le lundi 4 mai 2009 par le président Raul Castro, M. Pak Ui-chun, ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).a rappelé les liens qui unissent les deux pays socialistes, dans un message du dirigeant Kim Jong-il qu'il a transmis au chef de l'Etat cubain, affirmant sa conviction que les deux Etats "frères" finiraient par "triompher dans leur lutte anti-impérialiste". Il s'agissait de la première rencontre à ce niveau d'un responsable nord-coréen à La Havane depuis 2006.

Plus tôt dans la journée, lors d'une rencontre avec son homologue nord-coréen, M. Bruno Rodriguez, ministre des affaires étrangères cubain, avait souligné les "excellentes" relations entre la RPDC et Cuba, avant la signature d'un accord de coopération entre les ministères des affaires étrangères des deux pays.

En réponse au soutien constant de Pyongyang à la révolution cubaine, La Havane soutient la politique de la RPDC pour une réunification pacifique de la péninsule, comme l'avait rappelé
Fidel Castro dans des entretiens livrés en février 2008. Ainsi, dans la péninsule coréenne, Cuba n'entretient de relations diplomatiques qu'avec la République populaire démocratique de Corée, également membre du mouvement des non-alignés, en ne reconnaissant pas le régime sud-coréen.

La visite de Pak Ui-chun à La Havane s'inscrit dans le cadre d'un multilatéralisme de Pyongyang dans sa politique étrangère, le président Kim Yong-nam s'étant ensuite rendu en Afrique du Sud pour
l'investiture du président Jacob Zuma, avant d'être reçu au Zimbabwe, où le président Robert Mugabe a félicité la Corée du Nord pour le lancement du satellite Kwangmyongsong-2.

Sources : AAFC,
AFP (y compris photo)

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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /2009 00:18

Le président Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), faisait partie des chefs d'Etat présents à la cérémonie d'investitude du nouveau président sud-africain Jacob Zuma, contrairement à la plupart de ses homologues occidentaux. Cette présence n'était pas un hasard : si l'Afrique du Sud démocratique a conservé des liens importants avec la Corée du Sud, ses dirigeants restent unis à Pyongyang par une solidarité née du combat commun contre l'apartheid.


Algérie, Palestine, Zimbabwe, Namibie, Afrique du Sud... la liste est longue des Etats qu'a soutenus la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans leur lutte pour l'indépendance et les combats contre les régimes d'apartheid.

Ces positions constantes de Pyongyang expliquent que la RPDC ait été représentée au niveau de son chef d'Etat en titre, le président Kim Yong-nam, lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président sud-africain, M. Jacob Zuma, le samedi 9 mai 2009.

Le soutien de Pyongyang à la lutte contre l'apartheid

Dans le contexte de la rivalité intercoréenne, la solidarité avec l'ANC avait été renforcée par le soutien des dirigeants sud-africains aux Etats-Unis et à la Corée du Sud lors de la guerre de Corée : l'Afrique du Sud faisait partie des nations engagées dans le corps expéditionnaire des Nations-Unies, sous commandement américain.

Pendant l'apartheid, la RPD de Corée avait vivement condamné le régime raciste de l'Afrique du Sud, notamment au sein du mouvement des non-alignés, dont Pyongyang a été un des membres les plus actifs. Dans un
discours intitulé Pour le développement du mouvement non-aligné, prononcé le 20 juin 1986, en clôture d'une réunion conjointe du bureau politique du Comité Central du Parti du travail de Corée et du Comité central populaire de la République populaire démocratique de Corée, le président Kim Il-sung avait ainsi déclaré :

"
L'Afrique du Sud est un bastion majeur du colonialisme. La racisme sud-africain est la forme la plus cruelle de colonialisme. C'est un obstacle majeur à la libération complète et à la démocratisation de l'Afrique. Il est clair que si l'on ne met pas un terme à la politique d'apartheid de l'Afrique du Sud il sera impossible d'accomplir la cause de la libération nationale, de stabiliser la situation dans cette région et de défendre la paix et la sécurité mondiale.

Les pays non-alignés doivent renforcer leurs efforts conjoints pour soutenir le combat du peuple sud-africain pour la liberté et sa libération, le combat du peuple namibien contre l'occupation par l'Afrique du Sud et pour l'auto-détermination et l'indépendance, et les luttes des peuples des pays de la ligne de front et leurs voisins contre l'intervention et l'invasion de l'Afrique du Sud, et pour la défense de leur indépendance nationale.

Les pays non-alignés doivent apporter un soutien politique, diplomatique, matériel, financier, militaire et sous toute autre forme aux peuples sud-africain et namibien et aux autres nations qui luttent dans le Sud de l'Afrique et adopter des mesures concrètes pour isoler complètement le régime raciste de l'Afrique du Sud sur la scène internationale. Le mouvement non-aligné doit s'assurer que tous ses membres ainsi que les organisations internationales rompent leurs relations avec le régime raciste sud-africain dans tous les domaines, politique, économique, culturel, diplomatique et militaire
".

Des relations rééquilibrées entre le Nord et le Sud de la Corée depuis 1994

Après la chute du régime d'apartheid, l'Afrique du Sud n'a pas rompu ses relations avec la Corée du Sud, devenu le principal partenaire économique de Séoul sur le continent africain,
comme l'a rappelé Nelson Mandela lors d'une visite en Corée du Sud en 1995. Prix Nobel de la paix, à l'instar du président sud-coréen Kim Dae-jung (en photo avec Nelson Mandela, source BBC News), il a apporté son soutien à la politique intercoréenne de rapprochement fondée sur la déclaration du 15 juin 2000.

L'Afrique du Sud post-apartheid a toutefois rééquilibré ses relations avec les deux Etats de la péninsule coréenne, des
relations diplomatiques ayant été établies avec la République populaire démocratique de Corée en août 1998. La RPDC a une ambassade à Prétoria, alors que l'ambassadeur sud-africain en poste à Pékin est également accrédité à Pyongyang.

L'Afrique du Sud et la RPDC ont également développé leurs relations économiques : selon les
données du ministère sud-africain du commerce et de l'industrie, les exportations sud-africaines vers la Corée du Nord ont atteint 110 millions de dollars américains en 2007 (contre 54 millions de dollars en 2006 et 5 millions de dollars en 2005, suivant le taux de change de 8,38 rand pour un dollar applicable en mai 2009), tandis que les exportations de la Corée du Nord vers l'Afrique du Sud d'élevaient à 2,5 millions de dollars en 2007 (contre un peu plus de 1 million de dollars en 2005 et en 2006).

Ainsi que l'avait rappelé le président Kim Yong-nam dans un
message de félicitations au président Nelson Mandela à l'occasion de son anniversaire, le 26 avril 1999, la coopération bilatérale entre les deux pays peut s'appuyer sur un soutien commun aux principes d'indépendance et de non-alignement, alors que l'Afrique du Sud, candidat à un poste de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, a apporté son soutien à des pays qui ont été les adversaires des Etats-Unis, comme la Libye et Cuba.

Dans l'immédiat, des éléments nouveaux dans les échanges bilatéraux pourraient toutefois provenir du sport...
si la RPD de Corée se qualifie pour la phase finale de la coupe du monde de football, qui se tiendra en Afrique du Sud en 2010.

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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 13:00

 

Au lendemain du lancement du satellite Kwangmyongsong-2 par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), la plupart des partis politiques français classés à gauche sont restés silencieux. Dans ce contexte, l'AAFC a relevé la prise de position de Lutte Ouvrière qui dénonce la volonté des puissances impérialistes de préserver leur monopole, tout en observant cependant que l'organisation trotskyste reprend les déclarations américaines quant à l'échec supposé de la mise en orbite du satellite. 



Le tir d'une fusée par la Corée du Nord : les puissances impérialistes veulent préserver leur monopole 

par Roger Meynier 


A Prague, à l'occasion du sommet de l'Union européenne, Barack Obama a fait un numéro de charme, promettant d'œuvrer en faveur de la paix et pour un monde sans armes nucléaires. Dans la foulée, il a vivement condamné le récent lancement d'une fusée par la Corée du Nord.

Le régime coréen affirme avoir voulu placer un satellite de communication en orbite, ce qui semble vrai puisque des observateurs ont annoncé sa chute dans le Pacifique. Mais le président américain a voulu y voir la volonté de tester un missile à longue portée, s'inscrivant dans une politique de développement des armes nucléaires.

Mettant en avant la résolution 1718 de l'ONU qui, au lendemain du premier essai nucléaire nord-coréen, en octobre 2006, avait interdit à la Corée du Nord la poursuite de tout programme balistique, Obama a qualifié le tir de la fusée nord-coréenne d'illégal, et estimé que cette violation devait « être punie » par le Conseil de sécurité de l'ONU. La France, la Grande-Bretagne, le Japon et quelques autres lui ont emboîté le pas. En revanche, la Chine et la Russie ont usé de leur droit de veto pour s'opposer à toute condamnation de la Corée.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France possèdent depuis longtemps un important arsenal de missiles nucléaires. Aujourd'hui, en prétendant agir au nom de la paix et de la sécurité de la planète, ces mêmes pays entendent conserver leur monopole sur ce type d'armement, et s'arrogent le droit d'interdire aux autres nations l'accès aux technologies nucléaires ainsi que le développement d'un programme spatial, fût-ce à des fins pacifiques.

Mais qui fait planer un danger sur les populations, sinon ceux qui depuis des décennies ont stocké des milliers d'armes atomiques ? Quant au représentant de l'impérialisme américain, il est vraiment mal placé pour venir faire la morale aux autres ; les États-Unis ne sont-ils pas la seule puissance à avoir jamais osé utiliser deux bombes atomiques contre des civils, en 1945 au Japon ?


Article paru dans l'hebdomadaire Lutte Ouvrière, n° 2123, 10 avril 2009, p. 8

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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 21:19

Deux jours avant le lancement d'une fusée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), S.E. Son Musin, délégué général de la RPDC en France, accordait un entretien à l'Association d'amitié franco-coréenne. Après l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies d'une déclaration condamnant le tir effectué par la RPDC, le délégué général  a de nouveau accepté de répondre aux questions de l'AAFC. En introduction à cet entretien de plus d'une heure, mené en toute franchise, il a tenu à rappeler la position de la RPDC.


Comme je le disais l'autre jour, le lancement d'un satellite n'est pas un droit limité à certain Etats seulement. L'esprit du Traité sur l'espace est que tous les Etats souverains ont un droit égal à utiliser l'espace à des fins pacifiques.

 
Le prétexte essentiel de la condamnation de la RPDC est que les technologies utilisées pour le lancement d'un missile et d'un satellite sont les mêmes. Si c'est si dangereux parce que les technologies sont les mêmes, les plus dangereux sont donc les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies qui ont lancé le plus de missiles et de satellites jusqu'ici ! D'après leur logique, ceux qui sont les plus dangereux et qui ont porté le plus atteinte à la sécurité et à la paix mondiales sont ceux qui ont effectué le plus de lancements.

La réalité actuelle, tragique, est donc que le Conseil de sécurité est au-dessus des lois internationales. Il n'y a aucune équité et aucune justice dans la pratique des relations internationales et seule la force compte.

En d'autres termes, ceux qui ont le même système que les Etats-Unis et qui les suivent ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais rien n'est toléré pour les pays qui n'ont pas le même système, la même idéologie, et qui n'obéissent pas aux Etats-Unis. Nous ne sommes pas d'accord avec cette logique. Si je ne me trompe pas, le Japon a déjà lancé au moins cinq satellites d'espionnage et compte lancer cette année une cinquantaine de mini-satellites, mais toutes ces actions ne sont jamais remises en cause.

Comme l'a demandé le ministère des Affaires étrangères de la RPDC dans son communiqué, quelle est l'utilité et la raison d'être des Nations Unies?

En réaction à la déclaration du président du Conseil de sécurité, nous avons pris trois décisions immédiates. Nous avons jugé que cette déclaration porte atteinte à la souveraineté de notre pays et se moque de notre peuple de façon assez grossière. Notre pays rejette donc catégoriquement cette déclaration.

Premièrement, nous allons nous servir de notre droit souverain, conformément aux lois internationales sur le développement et l'utilisation de l'espace, et allons continuer à développer nos activités pour la conquête spatiale.

Deuxièmement, nous jugeons que les pourparlers à six ont perdu leur raison d'être. Par la déclaration du président du Conseil de sécurité, il devient tout à fait clair que ces pourparlers à six sont devenus un espace visant à désarmer notre pays. Nous ne participerons donc plus à ces pourparlers et nous ne nous sentons plus obligés par aucun engagement pris lors des pourparlers à six.

Nous sommes en train de prendre des mesures pratiques en ce sens.

D'après des informations pas encore tout à fait confirmées, tous les membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique chargés de surveiller le démantèlement des installations nucléaires ont déjà quitté le pays et les Américains vont partir très prochainement. Nous avons tiré une leçon très sérieuse de cette affaire : nous devons compléter le plus tôt possible les bases de notre système nucléaire. Nous allons donc envisager la construction, par nos propres moyens, d'un réacteur à eau légère.

Troisièmement, nous allons renforcer nos moyens de dissuasion nucléaire, à des fins d'auto-défense. Comme il a été ouvertement question d'intercepter un satellite pacifique lancé par notre pays, nous nous sentons contraints et obligés de renfocer nos moyens d'auto-défense.

Nous allons donc remettre en fonctionnement les installations nucléaires en cours de démantèlement et retraiter le combustible usagé.

En conclusion, si les puissances hostiles à notre République pensent qu'elles peuvent nous mettre à genoux par la force, elles se trompent. Selon la vieille règle de Newton, une action entraîne une réaction. Plus grande sera la pression contre nous, plus grande sera notre réaction.

Au cours de l'histoire contemporaine, la Corée a été victime de l'hégémonie des puissances. Nous avons subi la grande humiliation d'avoir été pendant quarante ans une colonie des Japonais. Nous avons tiré une leçon assez amère de toute cette histoire tragique que le peuple coréen ne veut pas voir se répéter.

Je pense qu'on va se poser la question de l'avenir de la péninsule coréenne sans les pourparlers à six. Notre position fondamentale est que ce ne sont pas les forces étrangères qui vont sauvegarder la paix dans la péninsule coréenne, mais nous-mêmes, par nos propres moyens, grâce à la politique de Songun (priorité aux affaires militaires).

C'était les points essentiels dont je voulais vous parler. Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.


Après le lancement de la fusée Unha-2, avez-vous été sollicité par les médias?

Non. Les médias n'ont peut-être pas besoin de nous écouter parce qu'il savent déjà tout.


Pourquoi, selon vous, la presse française ne veut pas entendre les arguments de la RPDC de la part de son principal représentant en France?

(rire) Ce sont plutôt eux qui doivent répondre à cette question. Nous ne sommes pas contre des contacts avec les médias français.

Depuis longtemps, les mass-médias guident l'opinion, que ce soient les photographes ou la presse écrite. Nous avons toujours voulu que les journalistes européens rendent compte de la réalité coréenne, mais ça n'a pas tellement été le cas jusqu'ici.


La Russie a reconnu le droit de la RPDC à mener un programme spatial. L'armée russe déclare maintenant ne pas avoir détecté le satellite Kwangmyongsong-2 sur son orbite. Est-ce que l'armée russe se trompe?

Je n'ai pas tellement de commentaires à faire là-dessus. Ce que je peux dire, c'est que, d'après nos moyens d'observation et de surveillance, le satellite a bien été mis en orbite et continue de suivre sa trajectoire.


Dans ces conditions, pourquoi, à notre connaissance, personne n'a-t-il pu capter le signal émis par le satellite sur les fréquences annoncées?

Tous ces détails sont très politisés. Si la Corée a bien lancé un satellite, toutes les forces hostiles n'auront aucune raison de traiter de cette question au Conseil de sécurité. Les termes et les détails sont très importants : par exemple, les Etats-Unis ont dit au début que la Corée avait lancé un engin spatial, mais avant la saisine du Conseil de sécurité, ils ont dit que la Corée avait lancé un missile à longue portée. Le plus grand problème est que les grandes puissances, surtout les Etats-Unis, ont tous les moyens de dicter l'opinion internationale grâce aux mass-médias.

Ce qui est clair, c'est que nous avons réussi le lancement. Nous ne cherchons pas la reconnaissance.

Il y a un proverbe : « Le chien aboie, la caravane passe. » Cela pour vous dire qu'il y a certaines rumeurs, certaines prétentions, certains jugements ailleurs, mais que nous sommes sûrs que le satellite a été mis sur orbite.


Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la Chine et la Russie ont empêché l'adoption d'une résolution assortie de nouvelles sanctions à l'encontre de la RPDC, réclamée notamment par les Etats-Unis et le Japon, au profit d'une simple déclaration du président appelant à l'application de la résolution 1718 de 2006. Reconnaissez-vous les efforts de la Chine et de la Russie, alliés traditionnels de la RPDC, ou considérez-vous que ces deux pays auraient pu faire davantage en votre faveur?

(rire) Avant le lancement, nous avions déclaré que la simple saisine du Conseil de sécurité serait considérée comme un acte hostile et que nous ne participerions alors plus aux pourparlers à six. La réalité actuelle montre bien que nous avons mis en application ce que nous avons dit.

Encore une fois, nous avons fait connaître notre position avant la saisine du Conseil de sécurité.

J'ajoute que le Conseil de sécurité a suivi la logique de gangster des Etats-Unis. C'est la première fois de son histoire qu'il traite d'un lancement de satellite. Il n'y a aucune justification ni base légale pour traiter seulement de notre lancement. C'est une question de science et de technologie, pas une question politique. S'il a voulu traiter uniquement de notre lancement de satellite, c'est la preuve d'une sélection au Conseil de sécurité. Il n'y a pas eu d'équilibre, d'équité et de justice. C'était la preuve d'une hostilité contre nous.


En quittant les pourparlers à six qui réunissent depuis 2003 les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon, ne craignez-vous pas de gêner d'abord vos alliés russes et chinois?

Nous allons poursuivre notre politique indépendante.


En réaction au lancement de la fusée Unha-2, la Corée du Sud envisage de rejoindre l'initiative de sécurité contre la prolifération, menée depuis 2003 par les Etats-Unis et leurs alliés. Des navires sud-coréens pourraient donc intercepter des navires de la RPDC. Faut-il craindre des affrontements navals comme en 1999 et 2002?

C'est tellement dangereux que nous avons déjà déclaré que la participation de la Corée du Sud à la PSI serait considérée comme un acte de guerre contre nous. Personne ne peut prévoir toutes les conséquences.


La RPDC s'est clairement engagée contre toute forme de terrorisme. Quelle est sa position quant à la prolifération des armes de destruction massive?

Notre position fondamentale est d'être contre la prolifération des armes de destruction massive. Nous avons déjà déclaré qu'un pays responsable, détenteur de technologies nucléaires, ne doit pas propager ces technologies.


L'AAFC attire régulièrement l'attention des autorités françaises sur la question coréenne. Que pensez-vous de l'attitude de la France sur cette question?

Nous avons l'impression que la France a suivi les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud en ce qui concerne le lancement de notre satellite. Nous pensons que cette position exprime une hostilité contre nous. Cette position ne peut pas contribuer à sauvegarder la paix dans la région et aggrave la tension. Et si l'Asie connaît la tension, l'Europe va en pâtir.

Tout ce qu'on veut de la France et des pays européens, c’est qu'au moins ils adoptent une position équitable et agissent en faveur du maintien de la paix dans la péninsule coréenne et dans la région.

Certains disent que la déclaration du président du Conseil de sécurité était la volonté unanime de la communauté internationale mais ce n'est pas la réalité. Comme le Conseil de sécurité n'est plus équitable et n'est plus compétent pour assurer le rôle de « gardien de la paix », la plupart des pays du monde demandent la réforme du Conseil.


Pour certains analystes, le retrait de la RPDC des pourparlers à six vise seulement à « faire monter les enchères ». Quelles seraient les conditions d'un retour de la RPDC à la table des négociations?

(rire) Notre position actuelle est que nous ne participerons plus jamais aux pourparlers à six.


Dans ce cas, est-ce que le retrait des pourparlers à six est destiné à forcer un dialogue direct avec les Etats-Unis?

(rire) C'est notre devoir commun de regarder le futur. Ce qui est clair, c'est que les deux vrais responsables de cette fameuse question nucléaire sont notre pays et les Etats-Unis. Il serait erroné de croire que nous retournerons à la table des négociations par la pression ou que notre position actuelle est tactique. Nous maintenons notre position de principe qui est juste.


Alors que la RPDC a pour objectif déclaré de bâtir un pays puissant et prospère d'ici 2012, la déclaration adoptée le 13 avril par le Conseil de sécurité renforce les sanctions prévues par la résolution 1718, notamment en gelant les avoirs à l'étranger de plusieurs sociétés nord-coréennes. Dans une telle situation d'étranglement, comment la RPDC entend-elle atteindre son objectif d'ici les trois prochaines années?

Ca fait plus de 60 ans que notre République vit sous les sanctions des Etats-Unis, du Japon et du monde occidental en général. Après la Guerre de Corée, tout était en cendres. A l'époque, les Etats-Unis disaient que la Corée ne serait pas rétablie, même après cent ans. Mais notre philosophie était que tant qu'il y a le Leader, le Parti, le gouvernement et le peuple, nous pouvons toujours nous rétablir et vivre de manière heureuse. L'histoire de notre République l'a prouvé. C'est la force de l'union de tout le peuple autour du Leader. Nous nous sommes rétablis même dans les périodes plus difficiles qu'aujourd'hui. Actuellement, nous avons toutes les bases pour nous développer et nous avons fait la preuve de notre niveau technologique et scientifique en lançant un satellite. Notre peuple est donc certain d'atteindre son objectif.

Et puis, heureusement, dans le monde actuel il n'y a pas que les forces hostiles. Il y a aussi les amis comme l'AAFC.


Dans ce contexte de tensions autour de la péninsule coréenne, quel rôle peuvent jouer les associations d'amitié telles que l'AAFC?

Nous remercions l'Association d'amitié franco-coréenne pour le rôle joué jusqu'ici dans l'amélioration des relations franco-coréennes. Nous espérons surtout que l'Association fera connaître au public français la réalité actuelle de la péninsule coréenne pour qu'il ait une vision équitable et correcte. Nous comptons sur l'Association pour continuer, comme dans les quarante dernières années, à soutenir la juste cause du peuple coréen et apporter sa précieuse contribution à la réalisation de notre oeuvre.

Ce qui est puissant n'est pas toujours juste et même les petits peuvent faire accepter la justice. Notre point de vue est que, dans le monde actuel, il y a des pays grands et des pays petits, géographiquement bien sûr. Il y a aussi des associations grandes et des associations petites. Mais tous ces Etats et toutes ces associations doivent être considérés sur une base égale et de manière équitable.


Merci, Monsieur l'ambassadeur.



Propos recueillis le 17 avril 2009. Remerciements à M. Kim Myong-sik, premier secrétaire de la délégation générale de la RPDC, pour sa traduction.

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 20:21
Le 13 avril 2009, les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont fini par se mettre d'accord sur un texte condamnant le lancement d'une fusée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il s'agit d'une déclaration, non contraignante, fruit d'un compromis entre, d'une part, la Chine et la Russie, toutes les deux membres permanents du Conseil - disposant donc d'un droit de veto - et opposées à toute nouvelle sanction contre la RPDC, et, d'autre part, les autres membres permanents du Conseil, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, alliés à un membre non permanent, le Japon. Suite à l'adoption de ce texte, et comme elle l'avait laissé entendre, la RPDC a annoncé son retrait des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la reprise de son programme nucléaire militaire. Cette nouvelle application des "deux poids et deux mesures" à la Corée du Nord a-t-elle porté un coup fatal aux négociations sur son programme nucléaire? Pas si sûr.
 
La déclaration adoptée le 13 avril 2009 par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour condamner le lancement d'une fusée par la RPDC le 5 avril est un texte "de compromis" pour reprendre les termes de l'ambassadeur de Russie à l'ONU, Vitaly Tchourkine.
 
En effet, des divergences sont apparues au sein du Conseil après le lancement de la fusée nord-coréenne. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni - trois puissances nucléaires et balistiques - ainsi que le Japon ont préconisé une condamnation ferme du lancement de ce qu'ils considèrent être un missile à longue portée, le Japon et les Etats-Unis réclamant ouvertement l'adoption d'une résolution assortie de nouvelles sanctions. La Chine et la Russie se sont quant à elles montrées réticentes à élargir les sanctions à l'encontre de la RPDC, d'abord pour préserver les pourparlers à six qui réunissent depuis 2003 les deux Corée, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie à propos de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pékin a aussi souligné le droit de tout pays à l'utilisation pacifique de l'espace, conformément au Traité de 1966 sur l'espace auquel a adhéré la RPDC en mars 2009. Les Occidentaux ont alors rétorqué que la technologie est la même, qu'on mette en orbite un satellite, un missile "ou un ours en peluche", selon le mot d'un diplomate...

Occupant la présidence tournante du Conseil de sécurité,
l'ambassadeur du Mexique auprès de l'Organisation des Nations Unies, Claude Heller,
donne lecture de la déclaration adoptée le 13 avril 2009 (photo : Getty Images)

La déclaration du 13 avril, sans avoir le caractère légalement contraignant d'une résolution, affirme que le lancement d'une fusée par la RPDC "contrevient à sa résolution 1718" d'octobre 2006, qui interdit à Pyongyang tout essai nucléaire ou tir de missile, alors que la RPDC dit avoir procédé le 5 avril au tir d'un engin spatial et non d'un missile balistique. La déclaration "exige" aussi que la Corée du Nord "s'abstienne de tout nouveau tir" et prévoit "d'ajuster" certaines mesures de la résolution 1718 qui établissaient un régime de sanctions à l'égard de la Corée du Nord après qu'elle eut procédé à une série de tirs de missiles en juillet 2006, puis à un essai nucléaire en octobre de la même année.

Selon les diplomates, cela signifie que le Conseil de sécurité désignera avant fin avril des entreprises nord-coréennes qui tomberont sous le coup d'un gel de leurs avoirs financiers à l'étranger. Le principe d'un tel dispositif est contenu dans la 1718, y compris la création d'un comité du Conseil de sécurité pour appliquer et superviser les sanctions. Mais ce comité n'avait jamais été activé, pour ne pas compromettre les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La déclaration adoptée le 13 avril demande par ailleurs que ces pourparlers à six "reprennent rapidement".

Interrogé par l'AAFC deux jours avant le lancement de la fusée Unha-2 sur la réaction de son pays en cas de saisine du Conseil de sécurité des Nations Unies, le délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France déclarait qu'une simple déclaration du président du Conseil de sécurité serait considérée comme un "acte hostile et brutal" envers la RPDC, remettant en question les pourparlers à six basés sur un "esprit de respect mutuel et d'égalité", par exemple l'égalité dans l'accès à un programme spatial.

Dès le 14 avril, un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, rapporté par l'agence officielle
KCNA, a donc rejeté la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies et averti de la reprise du programme nucléaire de la RPDC :
 
"Premièrement, la RPDC rejette résolument l'action injuste du Conseil de sécurité des Nations Unies qui ne respecte pas la souveraineté de la RPDC et porte gravement atteinte à la dignité du peuple coréen.
Deuxièmement, les pourparlers à six auxquels participait la RPDC sont devenus inutiles. Puisque les pourparlers à six sont désormais devenus une tribune servant à porter atteinte à la souveraineté de la RPDC et à forcer la RPDC à désarmer pour abattre son système, la RPDC ne participe plus à ces négociations et ne se sent plus liée par les accords conclus lors des pourparlers à six.
Troisièmement, la RPDC développera par tous les moyens sa force de dissuasion nucléaire dans un but d'auto-défense. Elle prendra les mesures visant à rétablir dans leur état initial les installations nucléaires désactivées en vertu des accords conclus lors des pourparlers à six, à les remettre normalement en service et à retraiter totalement les barres de combustible usagé retirées de la centrale nucléaire expérimentale [de Yongbyon]." 
   
Les autres participants aux pourparlers à six ont vivement regretté la décision de Pyongyang. La Chine, qui accueille les pourparlers, et la Russie ont exhorté la RPDC à ne pas abandonner les négociations. Le Japon a, lui, convié "fermement" Pyongyang à "revenir à la table des négociations", des négociations le Japon a parfois eu du mal à tenir ses engagements...

La RPDC a également décidé d'arrêter sa coopération avec l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) et a demandé aux inspecteurs de l'AIEA de quitter son territoire.

"La République populaire démocratique de Corée a informé les inspecteurs de l'AIEA dans l'installation [nucléaire] de Yongbyon qu'elle cessait immédiatement toute coopération avec l'AIEA", a indiqué Marc Vidricaire, porte-parole de l'agence, dans un communiqué publié à Vienne. "Elle a demandé l'enlèvement de tous les équipements de surveillance [...], à la suite de quoi l'accès des inspecteurs de l'AIEA à l'établissement ne sera plus autorisé", et "les inspecteurs ont également été priés de quitter la RPDC le plus tôt possible", selon le communiqué de l'agence
 
Une reprise rapide des pourparlers à six paraît donc exclue sans qu'on puisse dire si la dernière condamnation par la "communauté internationale" - atténuée par la Chine et la Russie - de l'exercice du droit d'un pays souverain, membre des Nations Unies, à mener un programme spatial a porté un coup fatal aux négociations sur le programme nucléaire de la RPDC. Pour plusieurs analystes, la balle est désormais dans le camp des Etats-Unis, les seuls pouvant vraiment mettre fin à l'état d'insécurité qui pousse la Corée du Nord à se doter d'outils de dissuasion. "Quand la Corée dit qu'elle en a fini avec les négociations à six, elle le pense", déclare Scott Bruce, du Nautilus Institute de l'Université de San Francisco, évoquant la nécessité pour l'administration Obama "de repartir de zéro [...] dans un autre cadre, potentiellement bilatéral avec des contacts directs entre Washington et Pyongyang." Si Scott Bruce voit juste, et si l'administration Obama consent à un tel dialogue, les responsables américains devront avoir à l'esprit que le démantèlement du programme nucléaire militaire nord-coréen constitue (constituait?) l'objectif final des pourparlers à six, et non un préalable aux négociations. (sources : AAFC, AFP, KCNA)

 
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /2009 18:39

Après l'annonce par Pyongyang du lancement réussi d'un satellite de télécommunications Kwangmyongsong-2, les réponses des principales puissances internationales ont été très différentes : mettant en avant le droit de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à une conquête pacifique de l'espace, la Chine et la Russie, notamment, ont refusé l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations-Unies de nouvelles sanctions demandées avec insistance par le Japon, et qui auraient conduit, selon Pyongyang, à mettre fin aux pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le dimanche 5 avril 2009, le Conseil de sécurité des Nations-Unies s'est réuni d'urgence, à la demande notamment du Japon et des Etats-Unis, après l'annonce par la RPDC du lancement réussi d'un satellite de télécommunications Kwangmyongsong-2 -
une information contestée par les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud, selon lesquels le deuxième et le troisième étage de la fusée Unha-2 ne se sont pas séparés, avant de tomber dans l'Océan Pacifique. Par ailleurs, ces pays avancent la thèse d'un tir de missile Taepodong-2, et non d'un satellite. Appuyés par leurs alliés européens, dont la France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ils souhaitaient une condamnation par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, voire l'adoption de nouvelles sanctions internationales, contre ce qu'ils estiment être une violation de la résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, selon laquelle la République populaire démocratique de Corée ne doit procéder ni à des essais nucléaires, ni à des tirs balistiques.

Une interprétation de la résolution 1718 que ne partagent toutefois pas d'autres membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies : tant pour la Chine et la Russie, membres permanents disposant d'un droit de veto, que pour la Libye et le Vietnam, qui invoquent le droit à l'utilisation pacifique de l'espace, en observant que rien ne permet d'affirmer que la Corée du Nord n'a pas lancé un satellite de télécommunications. Par ailleurs, ces pays ont souligné que la Corée du Nord avait procédé aux déclarations prévues par les conventions internationales à laquelle elle est partie.

Au final, le Conseil de sécurité des Nations-Unies s'est donc séparé sans avoir adopté de position commune, même si les Etats-Unis espéraient encore une condamnation de principe lors de travaux ultérieurs du Conseil de sécurité.

Pour sa part, Pyongyang a mis en garde contre de nouvelles sanctions internationales qui, en portant atteinte à sa souveraineté, mettraient à mal les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, ce que déclarait le délégué général de la RPD de Corée en France dans l'entretien accordé à l'AAFC le 3 avril.

Les différentes réactions internationales ont permis d'éclairer la position de différents acteurs :

- candidat à un poste de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Japon du Premier ministre Taro Aso a manifestement cherché à réhausser sa stature internationale, après deux fausses annonces, sur le lancement de la fusée nord-coréenne avant qu'il n'ait lieu réellement, puis sur sa prétendue interception ; le Japon envisage à présent de suspendre tous les échanges avec la Corée du Nord en adoptant de nouvelles sanctions internationales ;

- les Etats-Unis se trouvent pris en tenaille entre les déclarations musclées du président Barack Obama et de Susan Rice, ambassadeur américain aux Nations-Unies, appelant à la réponse ferme d'une communauté internationale unie face à ce qu'ils ont qualifié de "provocation", et une réalité diplomatique différente, alors que l'ambassadeur Stephen Bosworth, en charge des négociations avec la Corée du Nord, appelle à ne pas perdre de vue l'objectif de reprise des pourparlers à six sur le nucléaire, exprimant ainsi une attente largement partagée par la Chine et la Russie exhortant chacun des acteurs à la retenue. (sources : AAFC, Le Monde)

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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 12:00

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donc annoncé le lancement - entre le 4 et le 8 avril - d'un satellite de télécommunication expérimental, un tel satellite devant contribuer à améliorer la vie quotidienne des habitants dans un pays montagneux et difficile d'accès. A quelques heures de ce lancement, S.E. Son Musin, délégué général de la RPDC en France et ambassadeur auprès de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO, dont le siège est à Paris), a bien voulu répondre aux questions de l'Association d'amitié franco-coréenne. Face à la mal-information que subit trop souvent la RPDC de la part des principaux médias qui, dans une belle unanimité, dénoncent par avance le lancement d'une fusée par la Corée du Nord sans prêter attention aux arguments de ce pays, il nous a semblé important de recueillir l'avis du principal représentant de la RPDC en France.


Monsieur l'ambassadeur, nous vous remercions tout d'abord de bien vouloir répondre à nos questions à un moment si important pour la Corée et, pourrait-on dire aussi, pour le monde. Les médias occidentaux, y compris en France, présentent le prochain lancement d'une fusée spatiale par la RPD de Corée comme une menace pour la paix mondiale. Que répondez-vous à de telles accusations?

L’utilisation de l’espace à des fins pacifiques constitue un droit légitime pour un Etat souverain. Le lancement d'un satellite pacifique est une œuvre juste contribuant à la prospérité de notre nation et au progrès de l’humanité.

La RPDC a déjà adhéré aux traités relatifs au lancement de satellites et envoyé le 21 mars dernier, en vertu des règlements internationaux concernant le lancement de satellites, aux Etats-Unis, au Japon, à la Russie, à la Chine et à la Corée du Sud qui contrôlent ou utilisent les zones que notre satellite prévoit de survoler, des télégrammes concernant la fermeture des espaces à risque pendant la période prévue pour le lancement.

Cela étant, présenter le lancement du satellite pacifique Kwangmyongsong-2 comme une menace pour la paix du monde constitue un argument grossier sans aucun fondement et l’expression de l’hostilité contre la RPDC.

Jusqu’ici, aucun des lancements de satellites réalisés par beaucoup d’autres pays, y compris la France, n’a été remis en cause de pareille façon.

Nous ne pouvons pas suivre cette logique injuste selon laquelle tous les pays ont le droit de lancer un satellite, sauf la RPDC.

Prétendre que le lancement d'un satellite est préoccupant car la technique employée est similaire à celle des missiles de longue portée est aussi absurde que dire que le couteau doit être interdit au nom du désarmement car il a un point commun avec la baïonnette.

Nous rejetons donc catégoriquement tous ces arguments grossiers et sans fondements qui s'opposent au lancement de notre satellite.

  Le pas de tir du cosmodrome de Musudan-ri (nord-est de la Corée),

pris en photo par un satellite le 29 mars 2009
(source : GeoEye)


A la différence – semble-t-il - des Etats-Unis, le Japon envisage toujours d'abattre la fusée que veut lancer votre pays. Comment réagira la RPD de Corée en cas d'interception ?

L’Etat-major de l’Armée populaire de Corée a rendu publique le 2 avril une déclaration selon laquelle elle mènera des représailles fulgurantes contre les moyens d'interception et des objectifs majeurs japonais si le Japon perd la raison et ose intercepter notre satellite pacifique.

Notre armée a toujours tenu parole.

Il nous reste à voir ce qui va se passer.


Les Etats-Unis et leurs alliés, le Japon et la Corée du Sud en tête, veulent saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies parce que le lancement d'une fusée par la RPD de Corée violerait la résolution 1718 adoptée en octobre 2006 après l'essai nucléaire de la RPDC. Quelle sera la réaction de la RPD de Corée si le Conseil de sécurité est saisi?

Si le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte un document quelconque qui nous blâme concernant le lancement de notre satellite à des fins pacifiques, que ce soit une "déclaration du président" ou un "communiqué", et s’il le met à son ordre du jour et le traite, ce fait même sera un acte hostile et brutal contre nous.

Si la déclaration conjointe du 19 septembre 2005 [relative à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, NdlR] est niée à cause de cette éventuelle hostilité, les pourparlers à six n’auront plus leur raison d’être et tous les progrès réalisés jusqu’ici pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne feront marche arrière pour revenir au point de départ.

Dans ce cas, nous prendrons des mesures appropriées et nécessaires.


A propos des pourparlers à six pays qui réunissent depuis 2003 les deux Corée, les Etats-Unis,la Chine, la Russie et le Japon, la RPD de Corée déclare que toute nouvelle sanction contre elle remettra en cause ces pourparlers. Pourquoi?

La déclaration conjointe pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, adoptée le 19 septembre 2005 aux pourparlers à six et en voie d’application, est basée sur un "esprit de respect mutuel et d’égalité".

Cela étant, si une "sanction" est prise au nom du Conseil de sécurité des Nations Unies, cela signifiera que celui-ci nie ladite déclaration.

Nier l’esprit fondamental de la déclaration conjointe du 19 septembre serait nier les pourparlers à six.

Si ces pourparlers à six échouent, la responsabilité en reviendra entièrement au Japon et aux autre pays qui ont nié l'"esprit de respect mutuel et d’égalité" de la déclaration conjointe du 19 septembre.


Après un peu plus de deux mois, comment jugez-vous la politique coréenne de l'administration Obama?

Récemment les Etats-Unis ont plusieurs fois perpétré des actions qui portent atteinte à notre souveraineté et sont intervenus dans nos affaires intérieures.

Ils s’attachent toujours à des manœuvres provocatrices de guerre contre la RPDC comme les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens Key Resolve et Foal Eagle du mois de mars dernier.

Tous ces comportements provoquent l'indignation extrême de notre peuple et de notre armée.

Nous allons maintenir fermement le principe de notre politique vis-à-vis des Etats-Unis et nous allons poursuivre notre chemin conformément à notre politique indépendante.


Pour conclure, que pensez-vous du principe des "deux poids et deux mesures" dans les relations internationales? Et comment y remédier, selon vous?

Malheureusement, on constate que "deux poids et deux mesures" s'appliquent à beaucoup de domaines de la politique internationale comme la démocratie, les droits de l’homme et les questions scientifiques telles que notre projet de lancement de satellite.

Rien que pour les droits de l’homme, notre société où les masses populaires sont maître de tout et où tout est fait en faveur de la population fait l’objet de critiques et est blâmée alors que les massacres de populations civiles et les tortures perpétrées par les Etats-Unis sous prétexte de "guerre contre le terrorisme" ne sont même pas mis à l’ordre du jour des réunions des Nations Unies sur les droits de l'homme.

Pour y remédier, toutes les forces progressistes du monde devraient mener une lutte unie et coordonnée pour instaurer un nouvel ordre international juste et équitable.


Merci, Monsieur l'ambassadeur.




Propos recueillis le 3 avril 2009
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 21:50

Leonid Petrov est un des meilleurs spécialistes de la Corée, connaissant aussi bien le Nord que le Sud de la péninsule. Ancien professeur de coréen à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), aujourd'hui en poste à l'Université Nationale d'Australie, il donnera plusieurs conférences en anglais sur la Corée, en tant que professeur invité par l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), les 27 février et 6 mars 2009. L'AAFC vous détaille ci-après le programme de conférences.

- Vendredi 27 février, de 14h à 16h :
Controversial issues of Korean History : North and South Korean Perspectives

- Vendredi 27 février, de 16h à 18h :
History wars and reconciliation in North East Asia à la salle de conférences

- Vendredi 6 mars, de 14h à 16h : Korean economy and business (1920-2010)

Lieu : salle de conférences (rez-de-chaussée) de la maison de l'Asie, 22 avenue du Président Wilson, 75016 Paris

Contact et renseignements :
Centre de Recherches sur la Corée 
Mél : carrenej@ehess.fr

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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 18:36

Le gouvernement Lee Myung-bak n'aime pas la contestation, comme l'a prouvé récemment l'affaire Minerve. Il n'aime pas non plus les étrangers, en qui il voit des criminels en puissance, ainsi qu'en atteste son projet de relever les empreintes digitales de tous les étrangers de passage en Corée du Sud. L'AAFC a enquêté sur cette nouvelle mesure attentatoire aux droits de l'homme, que même les militaires au pouvoir à Séoul n'avaient pas osé instaurée. 

Après le Japon et les Etats-Unis (photo ci-contre : système de reconnaissance par empreintes digitales au Japon), la Corée du Sud s'apprête à devenir le troisième Etat au monde à instaurer le relevé obligatoire des empreintes digitales pour tous les étrangers, y compris ceux de passage pendant quelques heures dans le pays. La mesure a été annoncée par le ministère de la justice à la fin de l'année 2008, en vue d'une adoption par voie législative dans le courant de l'année 2009 et d'une application dès le début de l'année 2010.

Comme toutes les atteintes récentes aux libertés publiques dans les pays occidentaux, la lutte contre le terrorisme est le prétexte à cette nouvelle mesure de contrôle des populations. Les autorités sud-coréennes ajoutent toutefois un argument supplémentaire, aux relents ouvertement xénophobes : la lutte contre la criminalité d'origine étrangère. En effet, selon un officiel du ministère de la justice, "il y a de plus en plus d'étrangers en Corée, et donc le nombre de crimes commis par les étrangers augmente, et le gouvernement n'a pas de moyens suffisant pour enquêter sur ces crimes". 

Le président sud-coréen Lee Myung-bak, dont le parti regroupe notamment les partisans de l'ancien régime militaire, va encore plus loin que ces derniers. En effet, son prédécesseur, le président Roh Moo-hyun, avait annulé en 2003 la procédure d'enregistrement obligatoire de leurs empreintes digitales par les étrangers en Corée du Sud pour l'obtention du certificat de résidence, en la jugeant contraire aux droits de l'homme. A présent, il s'agit non seulement de rétablir cette obligation, mais de l'étendre à tous les touristes étrangers en Corée du sud, y compris les voyageurs en transit.

Après avoir
échoué à faire adopter par le Parlement des dizaines de projets de loi pendant les vacances de Noël en raison de l'opposition déterminée des démocrates, le président Lee Myung-bak devra toutefois surmonter également les résistances qui pourraient naître dans son propre camp, comme cela a été le cas, par exemple, sur la question des relations intercoréennes, notamment si cette nouvelle obligation imposée aux étrangers en Corée se traduisait par des mesures de rétorsion analogues pour les Coréens vivant à l'étranger. (Source : Marie Decroix, "Il faudra donner ses empreintes digitales pour entrer en Corée", in Aujourd'hui la Corée, article publié sur le site de l'Association démocratique des Français de l'étranger-ADFE)

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 00:47

Le 23 janvier 2009, le dirigeant Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée, a reçu une délégation du Parti communiste chinois. Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre de l'année de l'amitié entre la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord),  permet de resserrer encore les liens étroits qui unissent les deux pays socialistes.

Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, le dirigeant Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée, a reçu le 23 janvier 2009 une délégation du Comité central  (CC) du Parti communiste chinois (PCC)  conduite par M. Wang Jiarui, chef du département aux relations internationales. Ce dernier était porteur d'un message du Président Hu Jintao, secrétaire général du CC du PCC, à l'occasion du nouvel an lunaire, le 26 janvier, et de l'année de l'amitié entre la République populaire démocratique de Corée et la République populaire de Chine (photo : KCNA).

De fait, les deux pays socialistes nourrissent des liens d'amitié et de coopération de longue date, depuis l'intervention des volontaires chinois - dont le fils du président Mao Zedong, mort au combat - aux côtés des Nord-Coréens pendant la guerre de Corée (1950-1953). Les 2 millions de Coréens de Chine ont joué un rôle actif dans la victoire sur le Kuomintang puis la fondation de la République populaire de Chine, en 1949, et leur représentation au 17ème Congrès du PCC, en octobre 2007, témoigne toujours de la reconnaissance pde ce rôle historique.

Après la guerre de Corée, le Premier ministre chinois Zhou Enlai, en visite à Pyongyang du 14 au 21 février 1958, a déclaré que "la Corée et la Chine sont des Etats amis unis par le sang. Vous nous avez aidés quand nous avons eu besoin de vous. Nous sommes venus vous secourir quand vous avez été envahis par les impérialistes américains" (source : New Korea, n° 3, supplément, 1958). Lors de ses visites en Chine du 21 au 28 novembre 1958 et du 2 au 10 décembre 1958, le président Kim Il-sung a déclaré que "le peuple coréen conservera comme un trésor son amitié avec le peuple chinois et fera tout son possible pour renforcer et développer cette amitié". La Chine a  ainsi aidé à la reconstruction de la Corée après la guerre civile et internationale de 1950-1953. (source : Peking Review, 25 novembre 1958).

Pendant la guerre froide, Pyongyang a renforcé son indépendance en conduisant une  politique d'équilibre vis-à-vis des deux principales puissances socialistes, la Chine et l'Union Soviétique, tout en prenant en compte les évolutions de ses grands deux voisins. Si la crise de Cuba, en 1962, a convaincu la RPDC de la nécessité d'assurer sa propre défense en renforçant son potentiel militaire, tout en déplorant  alors la politique soviétique, les critiques de certains gardes rouges contre le président Kim Il-sung pendant la Révolution culturelle ont entraîné, un temps, un net refroidissement des relations sino- nord-coréennes.

Les relations actuelles entre la Chine et la RPDC ont pour base le traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre la République populaire démocratique de Corée et la République populaire de Chine, signé en 1961 :  en cas d'attaque militaire, la RPDC serait soutenue par la Chine. Sur le dossier du
Tibet, la RPDC soutient le gouvernement chinois, en ayant dénoncé les incidents ayant émaillé le passage de la flamme des Jeux olympiques de Pékin.

Hôte des pourparlers multilatéraux à six sur le nucléaire coréen, la Chine est favorable à une péninsule coréenne dénucléarisée.


La Chine est le premier partenaire économique de la Corée du Nord : les échanges commerciaux ont dépassé 2 milliards de dollars en 2008 (soit plus du tiers du commerce extérieur de la RPDC), selon les douanes chinoises. Les investissements chinois en RPDC, qui ont atteint 14 millions de dollars en 2005, se concentrent notamment dans les mines et l'énergie (fer, cuivre, molybdène, charbon, outre le projet d'exploitation commune de réserves de pétrole offshore, situées sur la frontière maritime des deux Etats), ainsi que dans la production d'acier. L'usine de bicyclettes de Pyongyang (photo : Alain Noguès). est gérée par les Chinois et les Nord-Coréens Plusieurs visites du dirigeant Kim Jong-il en Chine ont témoigné de son intérêt pour le modèle de développement chinois, tandis que Pékin encourage Pyongyang à la suivre sur la voie des réformes économiques.

La Chine et la Corée du Nord se soutiennent mutuellement dans le domaine humanitaire : alors que la RPDC serait le premier récipiendiaire de l'aide publique au développement chinoise,
la Corée du Nord a secouru les vicitimes du séisme survenu dans la province du Sichuan en mai 2008. La solidarité est également interindividuelle : si de nombreux Coréens ont été aidés par la minorité coréenne de Chine pendant la "Dure Marche "des années 1990, ce sont au contraire les Nord-Coréens qui ont accueilli les Chinois pendant les difficultés alimentaires apparues lors du "Grand Bond en Avant".

Bien qu'alliées, la Chine et la Corée du Nord ont des points de friction, s'agissant du tracé de la frontière sino-coréenne, et dans le domaine historique : depuis 1996, la Chine veut accréditer la thèse selon laquelle le plus ancien royaume coréen, le Koguryo (37 avant JC - 668 après JC) aurait été un Etat chinois. Il en est résulté le classement au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'UNESCO non seulement des tombes du Koguryo situées en territoire coréen, mais également de celles se trouvant dans les actuelles provinces du Nord-Est de la Chine.



Sources :
- AAFC,
-
KCNA,
dépêche du 23 janvier 2009,
Lee Jong-heon, correspondant de l'United Press International, "China Taps North Korea Resources", 4 mai 2007;
- Samuel S. Kim, "Sino - North Korean Relations in the Post-Cold War World, in
Young Whan-kihl et Hong Nack-nim (sous la direction de), North Korea. The Politics of Regime Survival, East Gate Book, New York, 2006, pp. 183-202,
- Wikipédia.

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