Relations France-Corée

Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 09:00

Alors que la politique étrangère sera un thème majeur du débat des échéances électorales à venir, c'est l'ambassadeur de Corée du Sud en France qui a annoncé - lors d'un passage à Séoul - que le gouvernement français n'ouvrirait pas de bureau de coopération humanitaire et culturelle en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Interrogé à ce sujet par des parlementaires tout au long de l'année 2010, le gouvernement français n'avait pas donné de réponse, laissant donc la primeur de cette annonce au représentant d'une puissance tierce. Face à de telles pratiques de nature à faire douter de l'indépendance de la diplomatie française, en Corée et ailleurs, l'Association d'amitié franco-coréenne a publié le communiqué suivant.

 

 

Communiqué de presse

Paris, 9 mars 2011

 

CORÉE: UN AUTRE FIASCO POUR LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

 

Le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère, la Corée du Sud.

 

En ce début d’année 2011, les bouleversements politiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont montré l’incapacité de la diplomatie française à anticiper et comprendre les évolutions dans cette partie du monde. A ce propos, dans une tribune publiée le 22 février, des diplomates français, réunis dans le collectif « Marly », ont dénoncé l’« amateurisme » , l’« impulsivité »,les « préoccupations médiatiques » et le « manque de cohérence » de la diplomatie française.

 

Œuvrant depuis 1969 pour que la France entretienne des relations équilibrées avec les deux parties de la Corée divisée, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) ne peut que prendre acte d’un autre fiasco de la diplomatie française : sur la question nord-coréenne, le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère.

 

Du 9 au 13 novembre 2009, Jack Lang, représentant spécial du président Nicolas Sarkozy, s'est rendu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avant de proposer l'ouverture d'un bureau de coopération humanitaire et culturelle à Pyongyang, première étape vers l’établissement de relations diplomatiques complètes entre la République française et la RPDC. Dans ses échanges avec l’AAFC, Jack Lang s’était réjoui d'une convergence de points de vue.

 

Un an et demi plus tard, cette proposition est restée lettre morte, malgré les questions écrites répétées, sans réponse à ce jour, de parlementaires de diverses sensibilités politiques.

 

Pire : la réponse aux questions des députés et sénateurs français est venue de Séoul.

 

Le 25 février 2011, dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée (du Sud) en France, a donné publiquement le « la » de la diplomatie française : « la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage duCheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier. »

 

« Torpillage du Cheonan » ? Tel n’est pas l’avis de la Chine, de la marine russe, de scientifiques indépendants, ni d’un ancien expert de la commission d’enquête officielle américano-sud-coréenne. Mais la France veut-elle seulement se donner les moyens d’une expertise indépendante ?

 

Aujourd’hui, la politique de la France à l'égard de la Corée du Nord ne se décide plus à Paris, mais à Séoul, faisant de la France un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir reconnu la RPDC. Cette situation n’est pas favorable aux intérêts économiques et stratégiques de la France, laquelle est réduite au rôle de supplétif de la Corée du Sud dont le gouvernement en place depuis 2008 cherche des soutiens pour remettre en cause le rapprochement inter-coréen initié par ses prédécesseurs.

 

En Corée comme dans le reste du monde, l’Association d'amitié franco-coréenne appelle au retour à une politique étrangère française indépendante et souveraine, dans le respect de la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître les États et non les gouvernements, et du rôle que la France aspire à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

 

Contact : Association d'amitié franco-coréenne (AAFC)

téléphone : +33 6 48 69 81 89

courrier électronique : amitiefrancecoree@gmail.com

site Internet : www.amitiefrancecoree.org

 

CP AAFC 09032011

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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 18:49

Février 2011 : toute l'Union européenne reconnaît la République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Toute ? Non ! Un village d'irréductibles gaulois refuse encore et toujours tout dialogue avec Pyongyang sur l'ouverture non pas de relations diplomatiques, mais bien d'un simple bureau de coopération dans la capitale nord-coréenne...

 

Toute ressemblance avec une bande dessinée française existante ou ayant existé ne serait évidemment que fortuite. Au sein de l'Europe des 27, la France se caractérise en effet, avec l'Estonie, par son particularisme à ne pas reconnaître la RPD de Corée - mais dans le cas de l'Estonie il s'agit d'un processus qui n'a pas été mené à son terme, alors que la France ne semble jamais avoir engagé sérieusement un dialogue en vue de l'établissement de relations diplomatiques.

  Jack Lang Son Musin 2


frassa christophe andre08018uL'affaire semblait pourtant entendue, à l'issue d'une mission effectuée par Jack Lang, représentant du Président de la République (ci-dessus avec SE Son Musin, délégué général de la RPDC en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, photo Alain Noguès) : il avait déclaré le 16 décembre 2009, lors d'une audition par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, que la France avait convenu avec la RPD de Corée de l'ouverture d'un bureau d'action culturelle et de coopération comme une première étape dans l'établissement de relations diplomatiques complètes. Cette ouverture, attendue au cours du premier semestre 2010, puis à la fin de l'été, se faisait attendre. Ce mutisme des autorités françaises a conduit le sénateur Christophe Frassa (ratt. UMP - représentant des Français établis hors de France) à interroger le gouvernement français le 11 novembre 2010.

 

JJCandelierPlus de trois mois plus tard, l'honorable parlementaire a bien obtenu une réponse gouvernementale... mais des autorités sud-coréennes, qui ont jugé opportun de se prononcer en lieu et place de la France, sur un dossier bilatéral ne concernant pas la Corée du Sud comme Etat souverain. Dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée du Sud en France, s'est exprimé en tant que représentant du président sud-coréen Lee Myung-bak en France et a donné publiquement la position française : « La France partage parfaitement la même position que notre pays, elle a été le premier pays à condamner le torpillage du Cheonan en mars dernier  » - un empressement qui apparaissait déjà suspect, puisque les conclusions de l'enquête américaine et sud-coréenne imputant le naufrage du Cheonan à la RPDC ont depuis été contestées, non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, par des scientifiques indépendants et par les experts de la Marine russe - comme l'a rappelé le député Jean-Jacques Candelier (GDR - Nord) dans une autre question écrite posée le 23 novembre 2011 et elle aussi restée sans réponse.

 

Selon l'agence Yonhap, « Park a rappelé que la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage du Cheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier [...] A propos du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Nord, il a rejeté l’éventualité qu’il puisse s’effectuer dans l’immédiat en raison des tensions actuelles autour de la péninsule coréenne et de la question nucléaire nord-coréenne, concernant notamment le programme d’enrichissement d’uranium, des problèmes à résoudre absolument avant de penser aux échanges diplomatiques.  »


Il convient de relever l'amalgame, savamment entretenu, entre l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture d'un bureau de coopération, et l'erreur - tout aussi volontaire - consistant à mentionner le « rétablissement  » des relations diplomatiques, laissant sous-entendre que celles-ci auraient été un jour établies, avant d'être rompues pour de (bonnes ?) raisons. 

 

Sans doute l'accession de la Corée du Sud au statut de membre du G20 offre-t-elle un argument supplémentaire vis-à-vis de la France pour la très active diplomatie sud-coréenne, qui a multiplié en 2010 (menaces économiques à l'appui) les démarches auprès des chancelleries étrangères, tout en opérant sans relâche un lobbying parlementaire pour obtenir un ralliement à ses thèses sur le naufrage du Cheonan.

 

Les pressions et le chantage économique venant de Séoul ne sont pas nouveaux : en 1981, déjà, François Mitterrand avait envisagé l'établissement de relations diplomatiques avec la RPD de Corée, avant de renoncer sous la pression des milieux économiques sensibles aux perspectives du marché sud-coréen, au lendemain de la sanglante répression par les militaires sud-coréens - alors au pouvoir à Séoul - du soulèvement démocratique de Kwangju. Encore le Président Mitterrand a-t-il élevé le bureau commercial de la RPDC en France (créé en 1968) en une délégation générale, statut que conserve toujours la représentation diplomatique nord-coréenne en France, sans contrepartie française en RPDC : la création du bureau d'action culturelle et de coopération s'inscrirait dans une logique comparable, puisqu'elle officialiserait des relations qui existent déjà de fait, avec un poste de lecteur français à Pyongyang et des programmes de coopération humanitaire.

 

Dix ans plus tard, en 1991, interpelant Mme Edith Cresson, alors Premier ministre, l'Association d'amitié franco-coréenne ne pouvait que faire le même constat d'un embourbement de la diplomatie française, prise dans un réseau d'influences savamment entretenu par la Corée du Sud : 

 

« Il nous faut également observer qu'au cours des ans, lors de nos interventions répétées auprès du gouvernement ou des ministres concernés, les réponses que nous avons reçues ont été souvent contradictoires. Ainsi, pendant toute une période, "il fallait être patient, le processus était en cours", mais, nous disait-on, "il y a une terrible pression, notamment commerciale, de la Corée du Sud, qui pourrait être grave pour notre économie". La reconnaissance de la Corée du Sud par les pays de l'Est était posée comme préalable par le gouvernement de ce pays. Ensuite, "il fallait être prudent et favoriser d'abord l'ouverture d'un dialogue entre le Nord et le Sud". Le dialogue étant ouvert, "il ne fallait pas le gêner par une initiative intempestive". Enfin, ces derniers temps, l'argument invoqué est "l'insuffisance d'ouverture" de la Corée du Nord.  »

 

Vingt ans plus tard, ni l'entrée conjointe des deux Corée aux Nations Unies en 1991, ni les déclarations conjointes intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, ni la reconnaissance diplomatique par presque tous les autres Etats de l'Union européenne n'ont amené les gouvernements français successifs à réviser leurs positions. Le poids économique de la Corée du Sud a grandi, et celle-ci cherche à garder l'exclusivité des relations économiques intercoréennes, au détriment des intérêts français les plus élémentaires, comme en atteste le récent ajournement d'un projet de manifestation économique qui aurait impliqué un établissement public français. Les ambassades sud-coréennes à l'étranger apparaissent comme les simples relais et porte-voix du gouvernement conservateur de Lee Myung-bak.

 

Ce constat de l'effacement et de la mise sous influence de la diplomatie française est plus largement celui que formulent, désabusés, des diplomates de différentes générations et origines politiques, qui on a pris pour pseudonyme collectif « Marly », dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde le 22 février 2011 :

 

«  A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.

 

«  Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques. »

  

« Amateurisme » , « impulsivité » , « préoccupations médiatiques », « manque de cohérence » : autant d'accusations lancées par le collectif Marly qui peuvent s'appliquer au cas d'espèce nord-coréen, en quelque sorte annonciateur du déclin de la diplomatie française, faute de se donner les moyens d'une ambition politique.

 

 

Sources principales :

- « Juin 1991, à l'occasion du Mois international de solidarité avec le peuple coréen, l'AAFC s'adresse à Madame Edith Cresson, Premier ministre, concernant la reconnaissance de la RPD de Corée par la France », Bulletin de l'AAFC, n° 35-36, 3ème et 4ème trimestres 1991, p. 5

- « "La voix de la France a disparu dans le monde" », Le Monde, 22 février 2011

- « "La France n'ouvrira pas bureau de coopération à Pyongyang" dans ce contexte de relations intercoréennes », Yonhap, 25 février 2011


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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 00:15

Figure de la gauche radicale et socialiste française, Pierre Mendès France (1907-1982) s'est illustré, comme Président du Conseil ayant exercé parallèlement les fonctions de ministre des Affaires étrangères (juin 1954 - février 1955), par son action en faveur de la décolonisation de l'Indochine, ainsi que de solutions de paix négociées, tendant à l'indépendance, au Maroc et en Tunisie. Observateur averti des relations internationales, il a évoqué notamment la question coréenne dans son ouvrage Dialogues avec l'Asie d'Aujourd'hui, publié chez Gallimard en 1972, dont nous reproduisons et analysons ci-après des extraits.

 

870251840_ML.jpgDécembre 1971 : la délégation commerciale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'a ouvert que quelques années plus tôt, à la fin de la présidence du général de Gaulle, mais des perspectives s'ouvrent pour une coopération économique privilégiée entre la RPDC et la France, au sein des pays de l'Europe occidentale. C'est dans ce contexte que l'ancien Premier ministre Pierre Mendès France évoque la question coréenne, de la division de la péninsule et de sa réunification, à l'occasion d'une rencontre à Pékin avec l'ambassadeur nord-coréen  en Chine :

 

"A 4 heures et demie, je reçois, à l'hôtel, la visite annoncée de l'ambassadeur de la Corée du Nord. Long exposé de la position de son gouvernement ; celui-ci se réjouit beaucoup des améliorations, discrètes mais réelles, survenues dans les contacts entre la France et son pays. Il y a maintenant une Délégation Commerciale de la Corée du Nord à Paris et un représentant de la France pour les affaires commerciales à Pyongyang. Mais l'ambassadeur souhaite que les relations se développent à un niveau plus élevé et qu'elles prennent un caractère plus ouvertement politique. Il insiste aussi sur les sentiments qui animent le peuple coréen contre la division qui lui est imposée entre deux zones artificiellement séparées. Son gouvernement propose des élections générales, dans toute la Corée, pour créer des institutions enfin réunifiées et communes ; à défaut, si cela n'est pas encore possible, la création d'une confédération entre le Nord et le Sud ; et enfin si la seconde formule elle-même n'est pas acceptée, le développement maximal des échanges entre les deux territoires : communications de toutes sortes, commerce, coopération économique, rétablissement des relations familiales, contacts publics et privés, etc.

 

"Je lui réponds qu'en France nous sommes particulièrement sensibles au problème des Etats divisés : l'un d'eux est notre partenaire européen, un autre est une de nos anciennes colonies. Si la situation du Vietnam et de l'Allemagne nous intéresse directement, celle de la Corée nous touche évidemment d'une manière plus lointaine. Mais des évolutions importantes sont en cours. Nos rapports avec la République Démocratique Allemande sont en train de changer et l'on peut espérer qu'ils deviendront sous peu plus officiels et prendront même une forme plus diplomatique (surtout lorsque les deux Allemagnes, comme la chose est maintenant à peu près assurée, seront entrées à l'O.N.U.). (...) La France devrait, à mon avis, avoir avec la République Démocratique du Vietnam des rapports plus ouverts et plus confiants, au lieu de courtiser le régime du Sud-Vietnam dont le caractère non représentatif et réactionnaire est indiscutable. C'est dans le même esprit que j'envisage la situation en Corée, bien que la France y ait peu d'intérêts matériels et moraux. Il est bon, pour la consolidation générale de la paix, que nous nous fréquentions plus directement. Je suis d'ailleurs informé des progrès économiques très considérables qui ont été effectués en Corée du Nord et qui méritent le respect."

 

Pierre Mendès France note que "d'autres Français, plus représentatifs que moi, ont déjà rencontré le même ambassadeur [nord-coréen] à Pékin. Rendez-vous est donc pris pour demain [mercredi 29 décembre 1971]" (p. 149) - prouvant l'existence, à cette date, d'échanges réguliers de haut niveau entre responsables français (dont les noms ne sont pas précisés) et nord-coréens, ainsi que le rôle diplomatique de Pékin.

 

La position nord-coréenne, exposée classiquement, mérite d'être soulignée, à la veille du premier accord intercoréen de 1972 : elle esquisse très clairement les voies d'une coopération dans tous les domaines, à défaut d'autres solutions qui accélèreraient davantage la réunification. 

 

La position de l'homme d'Etat français est claire - basée sur ce qu'il connaît de la situation diplomatique et politique. Il met en avant l'intérêt premier du peuple coréen à sa réunification, et souligne le rôle que peut jouer la France pour la paix dans cette partie du monde. Il évoque implicitement, par comparaison avec l'Allemagne, le possible établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la RPD de Corée le jour de l'entrée conjointe des deux Corée aux Nations Unies. C'était il y a vingt ans, et la France est aujourd'hui un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée.

 

Source : Pierre Mendès France, Dialogues avec l'Asie d'Aujourd'hui, Gallimard / Idées, 1972. Principale citation pp. 153-154.

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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 11:32

 

USS George WashingtonAprès l'échange de tirs d'artillerie du 23 novembre 2010 entre les deux Corée, lequel a fait quatre morts sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong et un nombre indéterminé de victimes en Corée du Nord, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont organisé d'imposantes manœuvres navales entre le 28 novembre et le 1erdécembre en mer de l'Ouest (mer Jaune) pour, disaient-ils, « dissuader » la Corée du Nord. Alors que la Chine et la Russie appelaient à une reprise du dialogue dans la péninsule coréenne, ces exercices militaires américano-sud-coréens exacerbaient les tensions. Le 30 novembre, l'agence de presse australienne AAP révélait que des « représentants » venus d'Australie, du  Royaume-Uni et de France se trouvaient à bord du porte-avions USS George Washington pour assister aux manœuvres américano-sud-coréennes en mer Jaune. En l'absence d'autres informations, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord), secrétaire de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, a posé une question à la ministre des Affaires étrangères et européennes afin de connaître la nature exacte de la mission de ces observateurs français.

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier (N°97168) publiée au JO le 28 décembre 2010

 

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la qualité des observateurs français ayant assisté aux manoeuvres effectuées du 28 novembre au 1er décembre 2010 en mer Jaune par les États-unis et la Corée du sud. Le 23 novembre 2010, la Corée du nord et la Corée du sud ont échangé des tirs d'artillerie autour de la « ligne de limite nord » fixée unilatéralement en mer Jaune par les États-unis en 1953, et contestée par la Corée du nord. Par la suite, la Chine et la Russie ont appelé à une réunion d'urgence des six pays participant aux pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule. La Corée du nord a accepté le principe d'une telle réunion, à la différence de la Corée du sud, des États-unis et du Japon qui ont organisé des manoeuvres militaires conjointes. Des représentants de la France auraient assisté aux manoeuvres navales américano-sud-coréennes. Il souhaiterait connaître leur nombre et leur qualité, ainsi que le résultat de leur mission. Par ailleurs, il lui demande quelle est la position du Gouvernement quant aux initiatives de la Chine et de la Russie destinées à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Source : Assemblée nationale

 

 

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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 09:41

Cheonan questionLe député Jean-Jacques Candelier (GDR, Nord), membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale et par ailleurs membre du groupe d'études à vocation internationale sur les questions de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a posé une question écrite au gouvernement sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. Survenu en mars dernier, ce drame a entraîné la mort de 46 marins sud-coréens. Le député a rappelé que les conclusions de l'enquête américaine et sud-coréenne imputant le naufrage du Cheonan à la RPDC ont depuis été contestées, non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, par des scientifiques indépendants et par les experts de la Marine russe. L'AAFC reproduit ci-après le texte de la question écrite du député Jean-Jacques Candelier, qui interroge également le gouvernement français sur la position de la France au conseil de sécurité des Nations-unies, dont une déclaration, le 9 juillet 2010, a fait état à la fois de la version sud-coréenne et pris note des éléments fournis par la RPDC.

 

Question du député Jean-Jacques Candelier sur les relations bilatérales franco-nord-coréennes (N°94057), publiée au JO le 23 novembre 2010

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, survenu le 26 mars 2010 en mer Jaune. Une équipe d'experts civils et militaires de plusieurs pays, dont les États-unis et la Corée du sud, a conclu à la responsabilité de la Corée du Nord, laquelle a nié toute implication et proposé l'envoi de sa propre équipe d'experts, ce qui a été refusé par les autorités sud-coréennes. Les résultats de l'enquête officielle, incriminant la Corée du Nord, ont été contestés sur plusieurs points, non seulement par ce pays, mais aussi par un ancien membre de l'équipe d'enquête sud-coréenne, et par les experts de la marine russe invités à examiner les éléments recueillis à Séoul, si l'on en croit un article du journal sud-coréen Hankyoreh ayant accédé aux résultats de cette enquête non rendue publique à ce jour. Ces éléments sont les suivants. Le fragment retrouvé de la torpille supposée être à l'origine du naufrage aurait été immergé pendant au moins six mois, c'est-à-dire bien avant l'incident du Cheonan. Par ailleurs, ce fragment comporte une inscription en coréen qui aurait dû être effacée par la chaleur de l'explosion, et utilise de surcroît une graphie propre à la Corée du Sud ; enfin, ce fragment est fait d'aluminium, alors que la Corée du Nord a indiqué utiliser de l'acier pour ses torpilles et a fourni des échantillons le prouvant. L'heure exacte du naufrage a donné lieu à plusieurs versions successives et contradictoires. La possibilité, pour un sous-marin nord-coréen, de déjouer la surveillance des marines américaine et sud-coréenne, alors que la sécurité était à son niveau maximum dans cette zone, a donné lieu à de nombreuses interrogations : ni le sous-marin, ni le tir de torpille ne semblent avoir été détectés, et le gouvernement sud-coréen n'a pas rendu publiques les communications montrant l'intention d'attaquer d'un sous-marin nord-coréen. Au vu de ces éléments, le naufrage du Cheonan pourrait n'être qu'un tragique accident. Il souhaite connaître les démarches conduites ou envisagées par notre pays, qui dispose d'experts militaires et civils compétents, afin de connaître la vérité sur le naufrage du Cheonan. Il lui demande quelle a été la position de la France au conseil de sécurité des Nations-unies, dont une déclaration de la présidence, le 9 juillet 2010, a fait état à la fois de la version sud-coréenne et pris note des éléments fournis par la RPDC.

 
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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 13:38

IMAGE_b__debre_jpg.JPGLe professeur Bernard Debré, par ailleurs ancien ministre de la Coopération et député (UMP) de Paris, s'est récemment rendu comme médecin en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - entrée en contact avec le professeur Bernard Debré - reproduit ci-après le compte rendu de son récent déplacement à Pyongyang, publié sur le site du député. Le point de vue d'un spécialiste français réputé sur le système de santé nord-coréen éclaire utilement les observations d'Amnesty International et de Mme Margaret Chan : en déplacement à Pyongyang, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait souligné les réalisations et les défis de la santé publique en Corée du Nord. Si les observations du professeur Debré sur la situation de la Corée du Nord - qui aborde aussi les suites de la visite en RPD de Corée de Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy - n'engagent évidemment que lui, l'AAFC rejoint pleinement sa conclusion sur la nécessité de renforcer la coopération sanitaire entre la République populaire démocratique de Corée et la France. Elle partage également ses analyses sur la nécessité d'ouvrir un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang  et sur le fait que les populations coréennes sont victimes de l'embargo contre la RPDC. L'AAFC se félicite enfin de l'envoi de matériel médical auquel a procédé M. Bernard Debré, dont elle salue la générosité, en Corée du Nord et ailleurs dans le monde, s'engageant elle aussi à développer tout projet concourant à l'objectif partagé de renforcer les liens de coopération entre Français et Coréens.

 

La Corée du Nord, vers l'ouverture d'un pays interdit ? (article publié le 18 novembre 2010)

 

Depuis quelques années des médecins nord-coréens sont venus en France pour se former à Lyon, à Paris ou ailleurs. Ils sont donc très demandeurs de l’enseignement continu et de la présence de professeurs français chez eux, présence qui pour l’instant n’a jamais eu lieu.

D’autre part, j’ai soigné des Nord-Coréens dans mon service à Paris, à l'hôpital Cochin. Certes il s'agissait de personnalités importantes. C'est la raison pour laquelle me suis dit qu’il était indispensable que j’aille en Corée du Nord pour opérer des hommes et des femmes qui n’avaient pas les « moyens financiers » d'accéder à une médecine de très haut niveau et qui, bien sûr, n'avaient pas non plus le droit de venir en France.

Les Coréens du nord m’ont demandé de venir voir, sur le plan médical, quelques personnalités. C'est alors que je leur ai réclamé de pouvoir également opérer des personnes « pauvres », et non les seuls « apparatchiks ».

J’y suis donc allé, à la fin du mois d'octobre. J’ai apporté un certain nombre de matériels très sophistiqués à l'hôpital de Pyongyang, matériels que je leur ai offerts. J’ai également visité des hôpitaux.

Cette mission médicale en Corée du Nord rentre dans le cadre des nombreuses missions que j’ai réalisées dans un certain nombre de pays difficiles. Je suis allé opérer en Afghanistan, au Cachemire pakistanais, à Mussaferabad où j’avais un hôpital qui malheureusement a été détruit par un tremblement de terre. Je vais ainsi dans un certain nombre de pays pour apporter un petit espoir de paix en opérant et en offrant du matériel.

Curieusement, dans cet hôpital nord-coréen, certains services sont assez modernes, en particulier celui de la radiologie. D’autres, au contraire sont très pauvres, tel celui d'urologie qui manque de beaucoup de matériel moderne. C’est pour cette raison que j’en ai apporté et que je continuerai à en envoyer. Heureusement, les médecins sont assez ouverts et il n’y a pas trop de morosité de leur part. Ils sont très avides de contact avec l’Occident. Si vous aviez vu la joie qu’ils ou elles montraient, c’était pour moi un bonheur de leur faire plaisir ainsi d’ailleurs qu’aux malades modestes que j’ai opérés. Je le referai si les Nord-Coréens me le demandent. Cette mission n’avait évidemment pas de but autre que médical. Cela dit, évidemment, j’ai rencontré des « personnalités ».

J’ai été reçu par les autorités du pays, du moins certaines (Ministres de la santé, des affaires étrangères, le Président du Présidium suprême, qui est le Président officiel du pays, sinon le dirigeant, et d’autres encore dont je ne peux pas donner les noms). Il était évident que j’allais être invité, d’autant que j’avais soigné à Paris des personnalités nord-coréennes importantes. Ce pays entre dans une phase semble-t-il de semi-transition,  il est très avide de s'ouvrir mais il y a encore loin de l’espoir à la réalité. La Corée du Nord est un pays extrêmement pauvre où il y a peu d’électricité, peu ou pas de chauffage, évidemment peu ou pas d’étrangers mais j’ai eu la surprise de voir que le nombre de voitures à Pyong Yang avait augmenté de façon assez significative, qu’elles étaient d’ailleurs presque toutes allemandes et j’ai vu également la présence d’agronomes ou de techniciens allemands dans la périphérie de Pyong Yang. J’ai pu visiter une ferme ultra moderne, écologique qui était assez spectaculaire, cultivant les choux, les salades, les tomates, les fraises et également les poissons. On a l’impression que la Corée va bouger d’autant plus qu’elle va y être obligée, son grand voisin la Chine étant de plus en plus distant vis à vis d’elle.

 

Le président Nicolas Sarkozy avait mandaté Jack Lang pour, semble-t-il, ouvrir une mission politique. Je ne suis pas sur que cette mission ait été couronnée de succès, d’après ce que l’on a pu me dire. Jack Lang avait une lettre du Président Nicolas Sarkozy qu’il devait remettre à M. Kim Jung Il qu’il n’a pas pu voir, il a donc gardé la lettre ce qui a vexé les autorités. Cela dit, une fois encore il faudra évaluer l’intérêt qu’il y a à ouvrir cette mission politique. Personnellement je pense qu’il serait nécessaire de l’ouvrir en accord avec les autres pays européens (qui sont, eux, tous représentés en Corée du Nord). Je ne suis pas sûr qu’exclure par un embargo tant de millions de Nord-Coréens qui sont dans la misère soit une très bonne chose. Je pense que le dialogue sincère et quelquefois ferme vaut mieux qu’un embargo.

 

En tout état de cause, il est difficile pour un médecin de voir une population si démunie et j’ai été assez fier et content de pouvoir apporter un peu de soulagement  à ceux qui en avaient besoin. Je ne pense pas qu’il faille voir dans cette mission nord coréenne que j’ai menée avec le Professeur Michaël Peyromaure, mon collaborateur, un aspect de politique étrangère mais plutôt un aspect médical. Cela dit, si ma présence peut être d’un quelconque apport pour la paix, j'en serai très heureux.

C’est en partie par un effort de coopération sanitaire que les pays s’ouvriront par les médecins, par les administratifs des hôpitaux, par les infirmiers qui nous côtoient. Je leur apporte, et mes équipes également, un espoir. Ils l’apprécient d’autant que, comme je vous l’ai dit, certains d’entre eux ont été formés en France.


Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris

 

Source (y compris photo) : site du professeur Bernard Debré, député de Paris

 

Autres articles de l'AAFC sur la santé en Corée du Nord :

- "Amnesty International s'alarme de l'état du système sanitaire nord-coréen", 18 juillet 2010 ;

- "Margaret Chan (DG de l'OMS) souligne les réalisations et les défis de la santé publique en Corée du Nord", 1er mai 2010 ;

- "La médecine traditionnelle nord-coréenne s'exporte", 10 février 2009 ;

- "La journée internationale contre le SIDA célébrée en RPD de Corée", 3 décembre 2008 ;

- "Voyage en RPDC de septembre 2008 : une société en mouvement", 7 octobre 2008.

 

Article sur la visite du professeur Bernard Debré en Corée du Nord, sur le blog en coréen de l'AAFC :

 김영남위원장이 베르나르 더브레 프랑스 전 협조상일행을 만났다 , 7 novembre 2010.

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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 07:56

Le coréen fait recette à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, couramment appelé Langues' O). Comme l'a indiqué à l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) Patrick Maurus, responsable du coréen à l'INALCO, le nombre d'étudiants apprenant la langue du pays du Matin calme n'a jamais été aussi élevé. Eclairage.

 

Inalco_-_logo.jpg270 étudiants en coréen inscrits à l'INALCO pour la rentrée universitaire 2010-2011 : jamais le nombre d'élèves apprenant le coréen n'aura été aussi élevé à Langues' O, selon les informations fournies à l'AAFC par Patrick Maurus, responsable du coréen à l'INALCO. Ils n'étaient que 190 lors de la rentrée universitaire 2009-2010, et leur nombre a pratiquement doublé en deux ans. Le nombre d'apprenants est en progression constante depuis six ans.

 

Une évolution qui rend compte de la place croissante de la Corée sur la scène internationale, tout en traduisant aussi le succès grandissant en Asie et en Occident de la pop culture sud-coréenne (séries télévisées, dramas, et musique), la vague Hallyu - avec l'engouement de nombreux jeunes Français pour les acteurs et les actrices du pays du Matin calme.

 

Ayant établi des contacts universitaires avec les Coréens du Nord et du Sud de la péninsule, ainsi que de la diaspora (notamment, les Coréens de Chine), l'INALCO compte - et de loin - le plus grand nombre d'étudiants apprenant le coréen en France, parmi les établissements d'enseignement supérieur proposant des cours de coréen, et dont seule l'AAFC a établi la liste à ce jour.

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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 14:46
JJCandelier.jpg Le 24 novembre 2010, après les graves affrontements intercoréens qui ont conduit à quatre morts du côté sud-coréen et à la veille de nouveaux exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, le député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale et par ailleurs membre du groupe d'études à vocation internationale sur les questions de la République populaire démocratique de Corée (RPDC - Corée du Nord), a publié le communiqué ci-après. Le député Jean-Jacques Candelier a condamné l'escalade de la violence et déploré les morts - tout en renouvelant l'appel à un traité de paix dans la péninsule coréenne, sur la base notamment de la proposition de résolution qu'il a déposée avec son collègue Maxime Gremetz.

Texte du communiqué de presse "L'urgence d'un traité de paix en Corée"

 

Le mardi 23 novembre 2010, dans le cadre de ses manœuvres militaires Hoguk en mer de l’Ouest (mer Jaune), l’armée sud-coréenne aurait effectué des tirs dans les eaux territoriales contestées entre les deux Corée.

 

L’Armée populaire de Corée (RPDC) affirme avoir répliqué, par des tirs d’obus sur l’île sud-coréenne de Yeonpyeong, faisant des morts et des destructions.

 

Je condamne cette escalade de violence et déplore ces morts, alors que chaque partie en attribue à l’autre la responsabilité.

 

Plus que jamais, il y a urgence à signer un Traité de paix dans la péninsule.

 

Un tel projet de Traité pourrait être de la forme reprise à l’Assemblée nationale par moi-même, dans la proposition de résolution n° 2856, visible à l’adresse :

Il faut mettre un terme définitif à l’absurde Guerre de Corée et avancer vers la réunification du pays pour garantir la paix dans la région et dans le monde.


Site Internet du député Jean-Jacques Candelier
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 20:59

frassa_christophe_andre08018u.jpgSénateur (ratt. UMP) représentant les Français établis hors de France, Christophe-André Frassa est membre des différents groupes interparlementaires d'amitié du Sénat avec les pays d'Asie de l'Est. Membre du groupe interparlementaire d'études et de contact France - République populaire démocratique de Corée (RPDC), il a interrogé le gouvernement français, le 11 novembre 2010, sur les relations bilatérales entre la France et la RPDC. Rappelant la mission confiée à ce sujet à Jack Lang par le président de la République Nicolas Sarkozy, il demande quelles suites ont été données à la proposition d'ouvrir un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang, en soulignant que la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée - ce qui n'est pas conforme à la tradition diplomatique française de reconnaissance des Etats et non des régimes. Il pose aussi plusieurs questions concrètes sur la coopération bilatérale, dans les domaines de la solidarité, de la francophonie et de l'éducation. L'Association d'amitié franco-coréenne reproduit ci-après l'intégralité de sa question écrite.

 

Question écrite n° 15877, publiée dans le JO Sénat du 11 novembre 2010, page 2930

 

M. Christophe-André Frassa attire l'attention de M. le ministre des Affaires étrangères et européennes sur les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).


Il lui rappelle qu'en 2009 le député Jack Lang a été chargé par le Président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission portant, notamment, sur les relations bilatérales entre Paris et Pyongyang, alors que notre pays est l'un des deux derniers États membres de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. Il lui indique qu'à l'issue de cette mission il a été envisagé l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang, comme une possible première étape avant l'établissement de relations diplomatiques complètes.


Il souhaiterait connaître les suites données à cette proposition d'ouverture d'un bureau d'action culturelle et de coopération qui s'inscrirait dans la tradition diplomatique française de reconnaissance des États et non des régimes, notamment en cas de reprise des pourparlers à six sur la question nucléaire dans la péninsule coréenne.


Il souhaiterait connaître, par ailleurs, les actions qui sont actuellement conduites, ou envisagées, dans le domaine de la solidarité avec les populations nord-coréennes, touchées par les inondations de cet été en Asie du Nord-Est.


Il demande comment est encouragé l'apprentissage du français en Corée du Nord, où l'enseignement de notre langue apparaît en recul.

 

Il rappelle enfin qu'un programme de coopération bilatérale dans le domaine de l'architecture a pris fin cette année et souhaiterait savoir si le gouvernement français envisage l'attribution de bourses à d'autres étudiants nord-coréens en France, et dans quels domaines.



Source : Sénat (dont photo)

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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 15:02

AN.jpg Le 13 octobre 2010, à l'Assemblée nationale française, les députés Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord) et Maxime Gremetz (GDR, Somme) ont déposé une proposition de résolution « estimant urgent un traité de paix en Corée ». Cette proposition de résolution fait suite à la pétition lancée par l'organisation civique sud-coréenne Solidarité pour la paix et la réunification en Corée, et relayée par l'AAFC, en faveur de la signature d'un tel traité.  Cette résolution n'a pas valeur de loi mais, en la votant, l'Assemblée nationale estimera « urgent que la paix dans la péninsule coréenne soit signée entre la République de Corée, la République populaire démocratique de Corée, les États-Unis d’Amérique et la République populaire de Chine, conformément au projet de Traité dont le texte est annexé à la présente résolution » (article unique de la proposition de résolution). Le 17 août 2010, Jean-Jacques Candelier avait déjà posé une question écrite au ministre français des Affaires étrangères et européennes pour connaître son avis sur cet appel-pétition et sur le projet de traité de paix mentionné, question restée sans réponse à ce jour. Voici l'exposé des motifs de la proposition de résolution déposée par MM. Candelier et Gremetz.

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Le 27 juillet 1953, après trois années et des millions de morts, les combats de la Guerre de Corée prirent fin avec la conclusion d’un simple accord d’armistice. Aucun traité de paix n’a été signé, la péninsule coréenne étant virtuellement toujours en état de guerre.


Après 1953, les États-Unis ont apporté leur soutien aux gouvernements militaires en place à Séoul, faisant obstacle au développement de la démocratie et à la souveraineté de la Corée du Sud. Aujourd’hui, l’armée américaine maintient 28 500 soldats dans la péninsule coréenne et conserve, au moins jusqu’en 2015, le contrôle opérationnel des forces armées sud-coréennes en cas de crise avec le Nord.

 

La Guerre froide est terminée, mais il faut redouter qu’un conflit éclate à cause de la politique hostile menée par les États-Unis à l’égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, ou « Corée du Nord »). Des exercices militaires visent la RPDC, à l’instar des manœuvres navales américano-sud-coréennes organisées du 25 au 28 juillet 2010 au large de la péninsule.

 

Le 19 septembre 2005, au cours des pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, les deux Corée, les États-Unis, la Chine, la Russie et le Japon avaient publié une déclaration affirmant la nécessité de conclure un traité de paix et d’établir une structure de paix dans la péninsule. Ces pourparlers à six sont aujourd’hui au point mort.

 

Désireux de leur donner une suite, des spécialistes et des juristes sud-coréens ont rédigé en 2008 un projet de ce que pourrait être un véritable Traité de paix en Corée. Il s’agit d’une démarche concrète proposant des objectifs atteignables, pour peu que les parties aient la volonté sincère de parvenir à la paix.

 

Ce Traité est divisé en 8 chapitres et 38 articles.

 

Le chapitre 1 définit les droits fondamentaux du peuple coréen : indépendance, souveraineté, intégrité territoriale et réunification.

 

Le chapitre 2 prévoit la fin de la guerre, la dissolution du Commandement des Nations Unies et le retrait des forces militaires étrangères.

 

Le chapitre 3 concerne la normalisation des relations entre la République populaire démocratique de Corée et les États-Unis.

 

Le chapitre 4 traite des relations de non-agression entre la Corée du Sud et la Corée du Nord jusqu’à la réunification, instaurant des limites et des zones terrestres, maritimes et aériennes qui constitueront des limites et zones de non-agression provisoires. Le retrait des forces et des bases militaires étrangères de la péninsule et l’évacuation des bases militaires étrangères sont décrétés, afin que la Corée puisse parvenir pacifiquement à sa réunification sans aucune ingérence extérieure par la voie d’un accord mutuel.

 

Le chapitre 5 prévoit l’établissement d’une Zone de paix et des mesures destinées à instaurer la confiance et le désarmement, notamment nucléaire, de la péninsule.

 

Le chapitre 6 prévoit la constitution de deux commissions : une Commission militaire composée des représentants du Sud et du Nord de la Corée, des États-Unis et de la Chine et une commission conjointe Sud-Nord composée des représentants du Sud-Nord pour l’application du Traité de paix. La Commission militaire mixte quadripartite et la Commission conjointe Sud-Nord pour le contrôle de la paix travailleront selon les principes de la concertation et du consensus.

 

En cas d’avis divergents, il en sera référé à une Équipe internationale de surveillance de la paix, constituée de la Suisse, de l’Inde, de la Malaisie, de la Suède et du Brésil, qui effectuera les médiations utiles (chapitre 7).

 

Enfin, le chapitre 8 comprend des dispositions diverses concernant la prise en vigueur du présent Traité, celui-ci étant valable jusqu’à la réunification complète de la Corée. Le Traité sera signé par les représentants des deux Corée, de la Chine et des États-Unis.

 

Ce projet de Traité n’est pas une vue de l’esprit, il est un impératif d’une brulante actualité.

 

S'il était signé, si les États-Unis renonçaient à mener une politique hostile à la RPDC, si des relations diplomatiques normales s’instauraient entre la RPDC et les États-Unis et la Corée du Sud, la réunification de la Corée irait de l’avant et la paix et la sécurité seraient mieux garanties en Asie et dans le monde. Nous avancerions vers le désarmement atomique, souhaité officiellement par les leaders MM. Kim Jong-il et Barack Obama.

 

La France, protagoniste de la Guerre de Corée, membre du Conseil de sécurité de l’ONU, n’est certes pas directement concernée par un tel Traité. Toutefois, elle essaie d’entrer dans le jeu diplomatique et de débloquer la situation ; elle exprime le souhait que les pourparlers à six reprennent.

 

Alors que les tensions se sont encore récemment accrues dans la péninsule, l’adoption, par la Représentation nationale, de la présente proposition de résolution serait à même d’adresser un message fort de paix, de confiance et de sérénité aux différentes parties.

 

Alain expliquait que « le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur c’est la paix même ». Il est urgent de se saisir de la question coréenne et de tout faire et tout tenter pour enfin instaurer cette paix dans la péninsule.

 

 

Sur le site Internet de l'Assemblée nationale : texte complet de la proposition de résolution n°2856 présentée par MM. Jean-Jacques Candelier et Maxime Gremetz

 

 

 

 

 

Signez la pétition pour un traité de paix en Corée !

Faites signer la pétition pour un traité de paix en Corée !

 

 

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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 00:43

JJCandelier.jpg Le 17 août 2010, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord), a posé deux questions au ministre des Affaires étrangères et européennes, portant respectivement sur :

- les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord),

- la position du gouvernement français sur un projet de traité de paix en Corée élaboré par l'organisation civique sud-coréenne Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée (SPARK).

L'AAFC soutient pleinement l'initiative de SPARK en appelant à signer la pétition pour la paix en Corée, le retrait des troupes américaines, la normalisation des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, et la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Nous publions ci-après ces deux questions. 

 


Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier sur les relations bilatérales franco - nord-coréennes (N°86611), publiée au JO le 17 août 2010


M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question des relations avec la République populaire démocratique de Corée. Le 19 janvier 2010, le ministre a indiqué au parlementaire que « notre pays attache une grande attention à la situation de la Corée du Nord ». Pourtant, au sein de l'Union européenne, la France est le seul pays, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître ce pays, ce qui se traduit de manière regrettable par la faiblesse de relations bilatérales dans tous les domaines entre les deux pays. Le ministre a toutefois indiqué que, « dans un premier temps », la création d'un office français de coopération et d'action culturelle à Pyongyang permettra « d'assurer une présence française en Corée du Nord de façon pérenne ». Une Alliance française serait également implantée. Il lui demande si des précisions peuvent lui être apportées sur le statut, la mission, le contenu et les actions de cet office français, lequel pourrait assister la population nord-coréenne en matière d'éducation, de santé, de culture et de coopération humanitaire, économique et technique ainsi qu'appuyer les ONG françaises présentes sur place. Par ailleurs, alors que la diplomatie française entretient une confusion délibérée entre la reconnaissance d'un État et le soutien au régime, il lui demande dans quelles mesures cet office préfigure une reconnaissance pleine et entière de ce pays et l'ouverture de relations diplomatiques normales, ce qui mettrait enfin un terme à cette situation.

 

Source :  Assemblée nationale

 

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier sur l'initiative de l'organisation SPARK pour un traité de paix en Corée (N°86612), publiée au JO le 17 août 2010


M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question d'un projet de traité de paix en Corée rédigé par l'organisation civique sud-coréenne « Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée » (Spark selon les initiales anglaises). Le 27 juillet 1953, après trois années et des millions de morts, les combats de la guerre de Corée prirent fin avec la conclusion d'un simple accord d'armistice. Aucun traité de paix n'a été signé, la péninsule coréenne étant virtuellement toujours en état de guerre. Le 19 septembre 2005, au cours des pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, les deux Corées, les États-unis, la Chine, la Russie et le Japon avaient publié une déclaration affirmant la nécessité de conclure un traité de paix et d'établir une structure de paix dans la péninsule. Ces pourparlers à six sont au point mort. Désireux de leur donner une suite, des spécialistes et des juristes sud-coréens ont rédigé en 2008 un projet de traité de paix en Corée. Il s'agit d'une démarche concrète proposant des objectifs atteignables, pour peu que les six aient la volonté sincère de parvenir à la paix. Un appel et une pétition ont été lancés par l'organisation civique Spark. Estimant urgent d'établir la paix dans la péninsule coréenne, il lui demande son avis sur cet appel-pétition et sur le projet de traité de paix mentionné.

 

Source : Assemblée nationale

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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 10:27

Le 8 septembre 2010, l'ancien ministre Jack Lang, envoyé spécial du président de la République pour la Corée du Nord, a participé à la réception offerte par S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée le 8 septembre 1948.

 

jack lang son musin2Bien que récemment appelé à d'autres fonctions sur la scène internationale (fin août, il a été nommé conseiller spécial sur les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes de la Somalie par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies), Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République pour la Corée du Nord, suit toujours de très près l'évolution de la situation dans la péninsule coréenne. Après avoir proposé l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang dans le cadre de sa mission auprès de Nicolas Sarkozy, il a participé à la réception organisée par S.E. Son Musin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, le 8 septembre 2010. Jack Lang était déjà présent à une réception organisée par la représentation nord-coréenne en France, le 10 février 2010. Le dossier de mise en place d'une représentation diplomatique française en RPD de Corée apparaît toutefois aujourd'hui bloqué, suite au naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan.

 

petition_paix_en_Coree.jpgToujours présente à la réception organisée à l'occasion de la fondation de la République populaire démocratique de Corée, la direction de l'Association d'amitié franco-coréenne a pu à nouveau rencontrer M. Lang. Elle a également relayé la pétition en faveur d'un traité de paix en Corée, qui a déjà reçu 30.000 signatures dans le monde entier : un traité de paix doit remplacer l'accord d'armistice ayant clos la guerre de Corée en 1953, s'accompagner du retrait des forces américaines du Sud de la péninsule, et ouvrir la voie à l'établissement de relations diplomatiques complètes entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée, ainsi qu'à la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne.

Photographies : Alain Noguès

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 01:01

guerry michel Sénateur représentant les Français établis hors de France, président du groupe interparlementaire d'amitié France - République de Corée (du Sud) et premier vice-président du groupe sénatorial d'études et de contact France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), M. Michel Guerry avait interrogé le gouvernement français, le 18 février 2010, sur la demande des autorités sud-coréennes de restitution des archives royales coréennes, saisies par la marine française en 1866.

Favorable à la restitution de ces archives, l'Association d'amitié franco-coréenne ne peut que déplorer la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes, publiée le 20 mai dernier, et que nous reproduisons ci-dessous : alors que les autorités sud-coréennes ont formulé de
nouvelles propositions auxquelles Bernard Kouchner semblait ouvert, lors de sa visite à Séoul en mars 2010, il s'agit d'une réponse d'attente, n'indiquant en rien, à ce stade, une réponse favorable du gouvernement français.

 

Par ailleurs, les autorités françaises réinterprètent la tentative - ayant échoué - d'invasion de la Corée en 1866 en une simple "expédition punitive", après la mort de neuf missionnaires chrétiens.

 

Texte de la question du sénateur Michel Guerry (n° 12119), publiée au JO le 18 février 2010
M. Michel Guerry attire l'attention de M. le ministre des Affaires étrangères et européennes sur la demande des autorités coréennes de retour des manuscrits royaux coréens conservés par la Bibliothèque nationale de France.
Depuis 1991, la Corée réclame officiellement la restitution des archives saisies par la marine française lors d'une expédition en 1866. Des négociations ont été entamées dans les années 1990 pour déterminer les modalités d'un prêt croisé. À ce jour, les discussions ne semblent pas avoir abouti.
Compte tenu de la persistance des demandes coréennes, il lui demande son avis et souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement français afin d'apporter une solution à cette situation.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes, publiée au JO du 20 mai 2010

L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des Affaires étrangères et européennes sur la demande de retour, par les autorités coréennes, des manuscrits royaux coréens conservés à la Bibliothèque nationale de France. En 1866, à la suite de l'exécution de 9 missionnaires français et de 8 000 chrétiens en Corée, l'amiral Roze avait mené une expédition punitive, et emporté, en France, 297 manuscrits royaux coréens datant de la dynastie Yi (ou Choson). Ces manuscrits sont, depuis, conservés à la Bibliothèque nationale de France. Or, une restitution n'est pas envisageable, compte tenu du caractère inaliénable des collections publiques françaises. La question des manuscrits royaux est toutefois régulièrement évoquée par les autorités françaises avec la Corée. Elle a donné lieu à des avancées, notamment, à la faveur de la visite du Président de la République dans ce pays en 1993. Un volume avait alors été prêté à la Corée, et un accord trouvé entre les deux chefs d'État sur la solution d'un prêt croisé. Après des négociations approfondies avec les autorités coréennes, un accord a été formalisé en 2002, précisant les modalités de ce prêt. Néanmoins, les autorités coréennes ont préféré ne pas le mettre en oeuvre. Depuis cette date, les discussions avec ce pays se sont poursuivies et ont permis de mettre en oeuvre la numérisation de 31 volumes des manuscrits. Le communiqué conjoint francocoréen, publié à cette occasion, le 31 mars 2008, réaffirme la volonté des deux parties de résoudre cette question par le dialogue et dans un esprit d'ouverture. L'accès aux manuscrits par les chercheurs coréens a, par ailleurs, été facilité. Les autorités coréennes viennent, il y a quelques semaines, de présenter dans un document de nouvelles propositions. Comme l'a indiqué le ministre des affaires étrangères et européennes à ses interlocuteurs, lors de sa visite à Séoul le 29 mars dernier, il est souhaitable que des discussions s'engagent prochainement, après de nécessaires consultations internes, pour tenter de résoudre cette question de manière satisfaisante pour les deux parties.


Source :
Sénat

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